CRIMES CONTRE
L'ENVIRONNEMENT, CRIMES CONTRE LES
PEUPLES
L'environnement est un consortium dans
lequel une multiplicité d'espèces
interagissent les unes avec les autres pour
former ce tissu de vie. Il n'y a pas une
seule espèce de plante ou d'animal qui
puisse clamer son indépendance de
l'ensemble ; les actes de chacun
d'entre eux affectent le reste. C'est la
raison pour laquelle le concept de
«droits » est pleinement immergé dans
l'environnement.
Chaque fois que des fleuves sont
endommagés ou des forêts détruites, on
parle à juste titre de crime contre
l'environnement mais c'est insuffisant. La
détérioration de l'environnement implique
inévitablement la destruction de toutes les
espèces y compris l'homme, donc il s'agit
en fait de violations des droits de
l'homme.
De nos jours l'exploitation et
l'utilisation des ressources est souvent
liée à des violations directes des droits
de l'homme parfois à une grande échelle. De
nouveaux puits de pétrole, routes,
barrages, pipelines, que ce soit au Nigeria
au Pakistan ou en Colombie affectent
toujours les moyens de subsistance des
populations. Ces dernières peuvent
s'opposer de façon légitime à ces projets
d'autant plus que les bénéfices s'évaporent
dans des centres économiques très
lointains.
Une opposition véritable aux projets qui
n'amènent que des coûts mais aucuns
bénéfices aux communautés rencontre
régulièrement une violence criminelle de la
part de groupes militaires qui sont souvent
des membres des forces gouvernementales.
Nous ne pouvons oublier les meurtres de
milliers d'Ogoni dans le delta du Niger
pour leur opposition à l'extraction du
pétrole qui pollue leurs vies. Nous ne
pouvons non plus oublier les meurtres de
plus de 400 paysans indigènes du Guatemala
pour leur opposition à la construction du
barrage hydroélectrique de Chitzoy qui
inonderait leur territoire. Les U'wa de
Colombie sont confrontés à la violence des
paramilitaires quand ils veulent exercer
leur droit légitime à décider de ce qui
devrait se passer sur leurs terres.
La conclusion est claire :
l'environnement ne peut être exploité sans
la violation des droits des peuples. la
connexion entre les peuples et
l'environnement a toujours été là-bas mais
cela devient de plus en plus prononcé avec
la rareté des ressources et les économies
qui deviennent beaucoup plus grandes. La
globalisation économique au-delà du fait
qu'elle signe la mort des ressources
naturelles et de l'environnement mondial
constitue aussi une violation massive des
droits de l'homme dans le monde.
Ricardo Navarro
,
Président
FoEI