A QUI DONC
APPARTIENT LA PLUIE ?
Privatisation de l'Eau au Sri
Lanka
L'eau est décrite dans le dictionnaire
comme étant incolore, inodore et insipide-
Sa plus importante propriété étant sa
capacité à dissoudre d'autres substances.
En Afrique du Sud, nous ne percevons pas
les choses de cette façon là. Pour nous
l'eau est un droit de l'homme élémentaire,
elle l'origine de toute chose- la source de
la vie.
Mazisi Kunene, poète
dans «L'eau a donné Naissance à tous
les Peuples de la Terre ».
L'eau est une ressource de valeur
essentielle à la vie humaine. L'eau
appartient au peuple. La politique Sud
Africaine en matière d'eau stipule «qu'il
ne doit y avoir aucune appropriation de
l'eau mais seulement un droit (pour des
besoins environnemental et humain basiques)
ou une autorisation pour son utilisation…
Tout le monde a le droit à l'eau en
quantité suffisante. » Malheureusement
aujourd'hui dans plusieurs pays comme le
Sri LANKA, l'accès à l'eau potable est
devenu un luxe à cause des tentatives de
main mise humaine sur cette ressource
naturelle.
L'eau change de mains
Le gouvernement Sri Lankais avance
dans son projet de Politique des Ressources
Nationales en Eau que «toutes les
eaux de surface et du sous-sol sont la
propriété du gouvernement à qui revient
leur gestion en partenariat avec les
utilisateurs et au nom de tous les Sri
Lankais » Cette politique est la
résultante du processus de privatisation
des ressources naturelles en cours comme
promis par les compagnies multinationales
et les institutions financières
internationales.
Si l'eau devient une propriété étatique,
aurons-nous le droit de l'utiliser ?
Le gouvernement pourra-t-il mettre la main
sur les eaux sous nos sols et sous nos
terres ? Que dire alors de l'air que
nous respirons ? Et la pluie elle
appartient finalement à qui ?
Aujourd'hui au Sri, on retire de plus en
plus l'eau entre les mains des petites
communauté. On la siphonne pour de grandes
causes et on la renvoie ensuite à des coûts
élevés. Les conséquences humaines et
environnementales de ces pratiques
discutables ne peuvent être sous estimées.
Dans une région où la demande augmente sans
cesse avec des ressources illimitées, la
rareté croissante de l'eau pourrait générer
des conflits dévastateurs et des
catastrophes.
Le tourbillon des
multinationales
Le riz est l'aliment de base de notre
société et l'eau est essentielle à sa
culture. Les faiseurs de la politique
nationale et les institutions financières
internationales comme la Banque Mondiale le
FMI et la Banque Asiatique de Développement
affirment que les cultivateurs de riz paddy
salissent les eaux avec leurs déchets et de
ce fait doivent être contraints à payer
pour cela.
Si nous considérons la quantité d'eau
pompée par les plantes contre celle qui est
drainée et s'évapore nous avons une moyenne
de niveau d'efficacité de 30 pour cent. Les
soixante dix pour cent restants
doivent-elles êtres considérées comme
réellement perdue ? Une grande partie
reflux vers le système et est utilisée en
aval. Le problème en fait c'est de savoir
si nos systèmes d'irrigation sont toujours
performants quant à la réutilisation de
l'eau.
Il y a plusieurs siècles le roi
PARAKRAMABAHU (1164-1197) a construit un
système qui recycle l'eau de telle sorte
que chaque goutte est utilisée pour
l'agriculture. En ces temps-là nous avions
aussi des variétés de riz qui n'avaient pas
besoins d'aussi grande quantité d'eau
qu'actuellement. L'Institut International
de Recherche sur le Riz (IIRR) a détruit
ces variétés durant la Révolution Verte et
maintenant elle s'emploie à décourager les
gens à cultiver du paddy.
Même si le Ministère de l'Irrigation
dément que le projet de Politique des
Ressources en Eau implique un mécanisme de
tarification de l'eau, une lecture
attentive montre le contraire. Il est clair
que ce projet de politique servira à
protéger les droits des grandes compagnies
quant à l'accès à l'eau. Les petits
utilisateurs se verront eux taxés fortement
pour l'eau, l'électricité et les autres
ressources qui nécessitent de l'eau.
En Avril 2000, des milliers de boliviens
sont descendus dans les rues pour protester
contre la privatisation de l'eau. Les
investisseurs Britanniques dont Bechtel
Corporation qui ont catalysé les problèmes
en Bolivie étaient récemment au Sri Lanka
pour une «mission eau », pour
explorer les possibilités de société en
participation avec des entreprises Sri
Lankaises.
Droit à l'Eau, Droit au
Riz !
Toute l'eau doit être dans le cycle de
l'eau que ce soit sur les terres, sous
terre ou dans les canaux de surface ;
en tombant, en coulant ou en s'infiltrant.
toute l'eau doit être considérée comme
faisant partie du Peuple. L'eau sert au
besoins élémentaires des hommes, elle
contribue à maintenir la durabilité
environnementale, elle doit être garantie
comme étant un droit. Le gouvernement
national doit veiller à cela et le pouvoir
qu'il exerce en ce domaine doit être exercé
dans la confiance du public.
Hemantha Withanage,
FoE Sri
Lanka