LA VRAIE NOURRITURE
POUR TOUS
Rendre les Aliments Biologiques
abordables au Royaume-Uni
L'idée centrale de la campagne des Amis de
la Terre Angleterre, Pays de Gales et
Irlande du Nord c'est que tout le monde
devrait pourvoir avoir accès à une
alimentation sûre, saine dont la production
n'a pas porté préjudice à l'environnement
et qui permet aux fermiers d'avoir le juste
prix. Comme les fermiers britanniques
commencent à émerger de la dernière crise
qui les a frappés ; celle de la fièvre
aphteuse, FoE entend lancer un appel pour
une revue fondamentale de l'agriculture.
« La Vraie Nourriture pour
Tous » sera l'un des slogans clés de
cette campagne. Les personnes ayant les
plus bas revenus sont celles qui ont le
plus de difficulté à trouver des aliments
frais sans pesticides et de la viande
d'animaux n'ayant pas été élevés dans des
conditions intensives non saines ou nourris
avec des aliments génétiquement modifiés.
Cette situation est inacceptable surtout
qu'il devient de plus en plus évident que
les pesticides peuvent avoir de graves
conséquences pour l'homme et que
l'incertitude est énorme quant à la sûreté
des OGM. Cependant les aliments bio ne sont
tout simplement pas à la portée de nombreux
ménages. Pour beaucoup de personnes à bas
revenus, il est déjà assez difficile de se
procurer des fruits et des légumes frais,
de là à rechercher des produits sans
pesticides c'est rien d'autre que des
chimères. Les Amis de la Terre pense que
les choses ne devraient pas être ainsi.
Les aliments bio peuvent-ils être
vraiment abordables ? Les agriculteurs
bio méritent un bon prix pour leurs
produits et nous ne voulons pas que les
supermarchés les étouffent par une guerre
des prix. Mais avec le bon appui pour les
exploitants bio et l'utilisation des
innovations techniques nous croyons qu'il
serait possible de diminuer les coûts de la
production bio.
Il faudrait rappeler que les
exploitations industrielles ont de nombreux
coûts cachés. Le consommateur paie trois
fois pour les produits des fermes
intensives : premièrement à la caisse,
deuxièmement par le jeu des taxes qui
constituent la principale source de
subvention des fermes non bio,
troisièmement à travers les dommages que ce
genre d'exploitations occasionnent à
l'environnement et à la santé de l'homme.
Une étude conduite au Royaume Uni a calculé
les coûts totaux cachés ou externes de
l'agriculture industrielle à
l'environnement et à la santé humaine. Cela
a donné 2, 34 milliards de Livres (3, 4
milliards de dollars US) annuels soit 208
Livres (300 $) par hectare. Les Amis de la
Terre battent campagne avec plus de 100
autres organisations afin que le
gouvernement britannique fixe des objectifs
et un chronogramme pour susciter un
accroissement significatif des
exploitations biologiques.
Les aliments bio sont plus bons marchés
quand ils sont vendus directement aux
consommateurs dans les marchés de fermiers
ou via des systèmes de boîtes à légumes. Et
même si l'alimentation n'est pas
biologique, acheter local signifie réduire
les distances parcourues par les aliments
et appuyer les fermiers locaux. On a
constaté aussi que ces derniers réduisent
l'utilisation des pesticides et accroissent
la diversité quand ils livrent directement
au consommateur. Le secteur connaît une
rapide expansion au Royaume Uni – il n'y
avait aucun marché d'agriculteurs en 1997,
on en compte 300 aujourd'hui. Toutefois ces
cadres ainsi que les boîtes à légumes ne
permettent pas encore aux familles à
faibles revenus d'avoir régulièrement accès
à des aliments sains et frais puisque ces
marchés et ces boîtes ne
sont localisés que dans les secteurs
riches. Il y a quelques projets novateurs
visant à supprimer ces inégalités : un
projet relie des fermiers avec des
communautés pauvres de Liverpool avec
livraison de produits frais directement
dans les foyers. Les marchés d'agriculteurs
y sont aussi situés délibérément dans des
zones pauvres. Mais si nous désirons
réellement aborder ce problème de
« déserte alimentaire » et
permettre en même temps aux fermiers
d'avoir des alternatives viables à la
livraison aux supermarchés, il nous
faudrait tenir de petites échoppes
d'affaires et les approvisionner avec des
produits locaux.
Il faudrait aussi faire preuve de
réalisme. Au Royaume Uni quelques huit
échoppes indépendantes ont disparu chaque
jour entre 1968 et 1996 et la majorité des
gens aujourd'hui font leurs achats dans les
supermarchés. De ce fait il faudrait aussi
exercer de fortes pressions sur les gros
détaillants pour qu'ils vendent des
aliments authentiques, sans déchets – des
données de 1999 montrent en effet qu'à peu
près la moitié des fruits et des légumes
vendus dans les supermarchés contiennent
des pesticides. La plupart des pesticides
qu'on retrouve dans nos aliments sont
connus pour interférer avec le système
hormonal alors que le reste constitue
essentiellement des poisons pour les nerfs.
Les fruits et les légumes frais sont
susceptibles de contenir des résidus de
pesticides alors qu'ils forment la partie
essentielle d'un bon régime.
Les indications que nous avons montrent
que les petits supermarchés britanniques
répondront à nos demandes. Ainsi nous
mettrons la pression sur les cinq plus gros
détaillants. Nous travaillerons aussi avec
le Pesticide Action Network à travers l'UE
afin d'accroître la pression sur les plus
grandes chaînes de supermarchés.
Sandra BELL,
FoE Angleterre,
Pays de Gales et Irlande du Nord.