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avril/juin 2001   

 

LA VRAIE NOURRITURE POUR TOUS
Rendre les Aliments Biologiques abordables au Royaume-Uni
L'idée centrale de la campagne des Amis de la Terre Angleterre, Pays de Gales et Irlande du Nord c'est que tout le monde devrait pourvoir avoir accès à une alimentation sûre, saine dont la production n'a pas porté préjudice à l'environnement et qui permet aux fermiers d'avoir le juste prix. Comme les fermiers britanniques commencent à émerger de la dernière crise qui les a frappés ; celle de la fièvre aphteuse, FoE entend lancer un appel pour une revue fondamentale de l'agriculture.

« La Vraie Nourriture pour Tous » sera l'un des slogans clés de cette campagne. Les personnes ayant les plus bas revenus sont celles qui ont le plus de difficulté à trouver des aliments frais sans pesticides et de la viande d'animaux n'ayant pas été élevés dans des conditions intensives non saines ou nourris avec des aliments génétiquement modifiés. Cette situation est inacceptable surtout qu'il devient de plus en plus évident que les pesticides peuvent avoir de graves conséquences pour l'homme et que l'incertitude est énorme quant à la sûreté des OGM. Cependant les aliments bio ne sont tout simplement pas à la portée de nombreux ménages. Pour beaucoup de personnes à bas revenus, il est déjà assez difficile de se procurer des fruits et des légumes frais, de là à rechercher des produits sans pesticides c'est rien d'autre que des chimères. Les Amis de la Terre pense que les choses ne devraient pas être ainsi.

Les aliments bio peuvent-ils être vraiment abordables ? Les agriculteurs bio méritent un bon prix pour leurs produits et nous ne voulons pas que les supermarchés les étouffent par une guerre des prix. Mais avec le bon appui pour les exploitants bio et l'utilisation des innovations techniques nous croyons qu'il serait possible de diminuer les coûts de la production bio.

Il faudrait rappeler que les exploitations industrielles ont de nombreux coûts cachés. Le consommateur paie trois fois pour les produits des fermes intensives : premièrement à la caisse, deuxièmement par le jeu des taxes qui constituent la principale source de subvention des fermes non bio, troisièmement à travers les dommages que ce genre d'exploitations occasionnent à l'environnement et à la santé de l'homme. Une étude conduite au Royaume Uni a calculé les coûts totaux cachés ou externes de l'agriculture industrielle à l'environnement et à la santé humaine. Cela a donné 2, 34 milliards de Livres (3, 4 milliards de dollars US) annuels soit 208 Livres (300 $) par hectare. Les Amis de la Terre battent campagne avec plus de 100 autres organisations afin que le gouvernement britannique fixe des objectifs et un chronogramme pour susciter un accroissement significatif des exploitations biologiques.

Les aliments bio sont plus bons marchés quand ils sont vendus directement aux consommateurs dans les marchés de fermiers ou via des systèmes de boîtes à légumes. Et même si l'alimentation n'est pas biologique, acheter local signifie réduire les distances parcourues par les aliments et appuyer les fermiers locaux. On a constaté aussi que ces derniers réduisent l'utilisation des pesticides et accroissent la diversité quand ils livrent directement au consommateur. Le secteur connaît une rapide expansion au Royaume Uni – il n'y avait aucun marché d'agriculteurs en 1997, on en compte 300 aujourd'hui. Toutefois ces cadres ainsi que les boîtes à légumes ne permettent pas encore aux familles à faibles revenus d'avoir régulièrement accès à des aliments sains et frais puisque ces marchés et ces boîtes ne sont localisés que dans les secteurs riches. Il y a quelques projets novateurs visant à supprimer ces inégalités : un projet relie des fermiers avec des communautés pauvres de Liverpool avec livraison de produits frais directement dans les foyers. Les marchés d'agriculteurs y sont aussi situés délibérément dans des zones pauvres. Mais si nous désirons réellement aborder ce problème de « déserte alimentaire » et permettre en même temps aux fermiers d'avoir des alternatives viables à la livraison aux supermarchés, il nous faudrait tenir de petites échoppes d'affaires et les approvisionner avec des produits locaux.

Il faudrait aussi faire preuve de réalisme. Au Royaume Uni quelques huit échoppes indépendantes ont disparu chaque jour entre 1968 et 1996 et la majorité des gens aujourd'hui font leurs achats dans les supermarchés. De ce fait il faudrait aussi exercer de fortes pressions sur les gros détaillants pour qu'ils vendent des aliments authentiques, sans déchets – des données de 1999 montrent en effet qu'à peu près la moitié des fruits et des légumes vendus dans les supermarchés contiennent des pesticides. La plupart des pesticides qu'on retrouve dans nos aliments sont connus pour interférer avec le système hormonal alors que le reste constitue essentiellement des poisons pour les nerfs. Les fruits et les légumes frais sont susceptibles de contenir des résidus de pesticides alors qu'ils forment la partie essentielle d'un bon régime.

Les indications que nous avons montrent que les petits supermarchés britanniques répondront à nos demandes. Ainsi nous mettrons la pression sur les cinq plus gros détaillants. Nous travaillerons aussi avec le Pesticide Action Network à travers l'UE afin d'accroître la pression sur les plus grandes chaînes de supermarchés.

Sandra BELL, FoE Angleterre, Pays de Gales et Irlande du Nord.

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