LES DROITS DE
L'HOMME EN MATIERE ENVIRONNEMENTALE
Ces droits embrassent la défense des
moyens de subsistance liés à l'exploitation
de ressources naturelles et la protection
des droits des membres d'une communauté et
des militants environnementalistes. La
plupart des violations des droits de
l'homme en matière environnementale émanent
des conflits entre la protection
environnementale et les intérêts
économiques. Dans beaucoup de pays
particulièrement dans ceux en voie de
développement les lois de protection
environnementales sont étouffées en faveur
des intérêts économiques et politiques. Les
priorités économiques communes des
gouvernements et des milieux d'affaires
peuvent entraîner la suppression et
l'intimidation des défenseurs de
l'environnement qu'ils soient des membres
de la communauté ou des militants.
Les violations des droits de l'homme se
traduisent par la privation de ressources
et l'exclusivité des représentants
communautaires du processus de prise de
décision quand il S'agit de l'exploitation
des ressources naturelles. Par exemple les
champs pétrolifères et de gaz du Nigeria
empestent les violations des droits de
l'homme en matière environnementale. Shell
ne considère pas les communautés
pétrolières ni comme ses hôtes ni comme des
parties prenantes dans l'industrie
pétrolières et elle a tourné l'Ogoniland et
la plus grande partie du Delta du Niger en
un terrain vague détruisant la végétation
les terres de cultures et les moyens de
subsistance. Des milliers de villageois et
des environnementalistes ont été détenus,
intimidés et mutilés. Des centaines ont été
tués pour avoir osé parler comme Ken
Saro-Wiwa et ses patriotes Ogoni.
Le Scénario classique
Il se déroule de la façon suivante :
les populations locales et des activistes
protestent contre les impacts négatifs des
exploitations de bois (ou de forage de
pétrole ou de construction de barrage et
ainsi de suite). Les compagnies opérant
dans le secteur ont du endommager des
fermes locales et des cultures, qui peuvent
être d'exploitation. Les tentatives des
populations locales et des activistes pour
attire l'attention sur les impacts négatifs
de l'exploitation des ressources et
rechercher des compensations pour les
dégâts occasionnés à travers le dialogue
échouent et culminent en protestation. Le
gouvernement peut retenir des informations
sur les revenus cumulés tirés du projet et
de sa distribution. Les activistes peuvent
publier des faits impliquant des officiels
gouvernementaux qui protègent des intérêts
commerciaux. Ils peuvent aussi attirer
l'attention sur des législations
environnementales laxistes et une
application timide qui contribuent à la
dégradation environnementale.
Les victimes et les militants peuvent
tenter des actions légales juste pour
remarquer que les mécanismes disponibles
pour redresser les choses servent à
protéger le business. Les protestations
contre cette injustice peuvent mener à
l'intervention du gouvernement au nom du
business avec le débarquement des forces de
l'ordre pour supprimer des membres de la
communauté protestataires et des militants
environnementalistes. Dans la foulée des
manifestants peuvent être arrêtés et
détenus dans certains cas ils peuvent être
torturés et condamnés le déplacement forcé
est parfois la mesure punitive à l'encontre
des communautés récalcitrantes.
Le scénario ci-dessus comporte plusieurs
exemples de différents types sur les
violations des droits de l'homme en matière
environnementale. Le domaine de ces types
de droits est vaste puisque l'environnement
c'est notre vie. Ce concept est
relativement nouveau mais il connaît une
évolution rapide. Les dispositions et les
mécanismes pour la protection des droits de
l'homme d'une part et l'environnement de
l'autre constituent un couteau à double
tranchant pour lutter contre les
contrevenants.
Pour ce qui est des droits de
l'homme
Le domaine des droits de l'homme en
matière environnementale provient de la
première génération des dispositions des
droits de l'homme que la Charte de l'ONU
pour les Droits de l'Homme a adoptées en
1948. Cette charte spécifie les droits
fondamentaux à la vie, à la liberté et à
l'égalité pour tous. Ses dispositions quant
aux droits civiques et poliques couvrent la
liberté de mouvement et d'association, la
protection contre les arrestations et
détentions arbitraires ainsi que le droit à
un jugement juste. L'évolution de ces
dispositions a donné le droit à la
participation et à l'information. Le
mouvement continue pour donner les droits
économiques et la défense des militants des
droits de l'homme.
La Convention Internationale de l'ONU
sur les Droits Economiques, Social et
Culturel a tenté une définition des droits
économiques, social et culturel en ce qui
concerne particulièrement les moyens de
subsistance, des niveaux de vie adéquats et
conditions de travail adéquates. Il y a eu
récemment des efforts pour étendre cette
convention afin qu'elle couvre les droits à
l'alimentation et à l'eau comme droits de
l'homme.
La législation
environnementale
Les droits de l'homme en matière
environnementale ont aussi bénéficié des
règles de protection de l'environnement
spécialement celles qui sont relatives à
l'atténuation des impacts environnemental
et social des projets de développement
sensibles. La poussée actuelle pour une
extension des droits politiques aux sphères
économiques et environnementales s'affirme
de plus en plus. Les propositions pour la
mise sur pied d'une Organisation Mondiale
de l'Environnement illustrent bien les
efforts pour qu'un accent soit mis sur la
réglementation et l'effectivité de la
protection environnementale.
Les droits des indigènes
Le champ des droits de l'homme en matière
environnementale s'étend aussi aux
indigènes, aux populations locales et aux
militants environnementalistes qui sont
toutes les victimes potentielles d'abus
dans ce domaine. Toutes ces personnes ont
un intérêt commun dans la protection de
l'environnement. Elles sont donc
considérées par plusieurs compagnies et
gouvernements comme des obstacles au
développement. Leurs campagnes militantes
pour la défense de l'environnement sont
souvent contrées par la force brute ce qui
entraîne des violations des droits. La
sauvegarde des moyens de subsistance des
indigènes et l'expansion de l'étendue de la
participation dans la prise de décision et
dans la gestion des projets sont
importantes pour éviter les violations des
droits en matière environnementale. Les
droits des peuples indigènes sur les
ressources de leur environnement sont aussi
importants pour la conservation de la
biodiversité et la réduction de la
pauvreté.
Le droit à un environnement
sain
Une autre base pour les droits de l'homme
en matière environnementale, c'est le
respect des écosystèmes naturels dont
dépendent les sociétés humaines. FoE
Nigeria reste persuadée que «se préoccuper
pour la race humaine et son habitat revient
à respecter les autres animaux et leur
habitat sans oublier la reconnaissance de
l'importance de la biodiversité. Il est
impossible à l'homme d'atteindre le bonheur
dans un environnement dégradé. Tout homme,
tout être humain responsable a le même
droit au bonheur indépendamment de ses
richesses ».Les droits de l'homme en
matière environnementale comprennent aussi
des revendications morales et des concepts
comme l'espace environnemental et la
participation. FoEI et les droits de
l'homme en matière environnementale la
Fédération Internationale des Amis de la
Terre réfléchit sur la manière
d 'intégrer les droits de l'homme en
matière environnementale à ses campagnes.
Nous projetons de le faire de différentes
manières dont le renforcement des
communautés afin qu'elles deviennent plus
impliquées dans les projets de
développement qui menacent leurs ressources
naturelles ; la défense des droits des
membres de la communauté et des militants
environnementalistes. Il y a aussi le
lobbying des gouvernements nationaux et des
institutions internationales pour une
application des dispositions existantes qui
protègent l'environnement et les droits de
l'Homme. Nous entendons organiser des
missions de hauts niveaux dans les endroits
où les droits de l'homme en matière
environnementale sont violés. Nous
élaborons aussi un mécanisme de réponse
pour traiter des cas où les droits des
défenseurs de l'environnement sont
déniés.
Godwin Uyi Ojo,
FoE
Nigeria