CREER UNE JUSTICE
ENVIRONNEMENTALE EN ECOSSE
Sous le slogan « Nous revendiquons
un environnement décent pour tous ;
rien moins qu'un juste partage des
ressources de la terre », la campagne
de FoE Ecosse pour la justice
environnementale frappe en plein cœur de la
situation prévalant dans plusieurs pays de
l'Europe du Nord en s'attaquant aux
inégalités globales et nationales.
Le Sud dans le Nord
Les riches pays du nord continuent de
faire preuve d'extravagance dans
l'utilisation des richesses mondiales alors
que la distribution des bénéfices
économiques et des coûts environnementaux
demeure inégale dans des pays comme
l'Ecosse. A travers la pauvreté,
l'exclusion sociale, l'isolement
géographique et la déchéance politique,
beaucoup de citoyens écossais vivent dans
des environnements pauvres.
La pauvreté dans les pays riches est le
problème le plus méprisé. Ces deux
dernières décennies, l'inégalité et la
pauvreté ont marqué une progression en
Ecosse. On estime à 25 et à 38 pour cent le
nombre des adultes et des enfants vivant
dans la pauvreté. Les interactions entre la
pauvreté et les dommages environnementaux
sont beaucoup plus une réalité en Ecosse
tout comme dans la plupart des pays les
plus pauvres du globe.
Ici plus qu'ailleurs les logements
vétustes illustrent bien cette situation
L'Ecosses a un climat froid et humide, mais
les building du pays ont des standards plus
pauvres que dans les pays ayant un climat
similaire. L'effet conjoint de la pauvreté
et des logements pauvres fait que quelque
750.000 personnes en Ecosse ne sont pas en
mesure de chauffer leurs appartements à un
niveau suffisant qui puissent les maintenir
en bonne santé. Ces personnes sont
particulièrement concentrées dans les
groupes vulnérables comme les personnes
âgées et les handicapés où on a un
pensionnaire sur quatre qui soit
« damné de la terre ». Le taux de
décès hivernaux est plus du double des
autres pays ayant un climat comparable.
Quant aux émissions de CO2 en Ecosse,
elles sont cinq fois la norme globale sur
la base de notre concept d'espace
environnemental équitable. 20 pour cent de
ces émissions proviennent du chauffage
domestique. Ainsi les pauvres sont
maintenus dans la pauvreté mais dans le
même temps ils sont forcés de consommer les
ressources de la terre. Les plus mal lotis
sont aussi plus susceptibles de vivre dans
les voisinages des sources de pollution.
Les recherches de FoE Angleterre, Pays de
Gales et Irlande du Nord, sur l'injustice
de la pollution ne couvre pas l'Ecosse
parce que les données sur les émissions
toxiques ne sont pas disponibles.
Visitez
(www.foe.co.uk/campaigns/industry_and_pollution/factorywatch).
Toutefois beaucoup de communautés pauvres
et de classes ouvrières préoccupées par les
dommages occasionnés à leur environnement
local et à leur santé ont pris attache avec
FoE Ecosse.
Renforcer les gens pour la
justice
Ces personnes ne sont pas souvent
conscientes de leurs droits quant à
challenger les décisions qui ont mené à ces
injustices environnementales. Donc le
projet « Catalyst » de FoE Ecosse
donne une formation aux groupes
communautaires les rendant conscients de la
façon dont ils pourraient utiliser les
dispositions administratives et légales
afin d'éviter ou de défier les sources de
dommage environnemental pour leurs
communautés. Les formations en matière
d'organisation et de campagne ont aussi
contribué à des actions locales pour la
justice environnementale à travers
l'Ecosse.
La signature de l'accord d'Aarhus sur le
droit à l'information environnementale et
l'introduction de la convention Européenne
sur les Droits de l'homme dans la
législation écossaise ont crée de nouvelles
opportunités pour la justice
environnementale. FoE profite de ces
ouvertures pour faire pression en faveur
des droits égaux pour les communautés et
autres tierces parties dans les décisions
concernant l'utilisation de la loi et pour
une mise en œuvre dans la pratique.
L'agenda réserve aussi une bonne place pour
un inventaire sur les rejets toxiques qui
fournira des informations sur la pollution
en Ecosse.
Cependant une approche de la justice
environnementale basée sur le droit a aussi
ses limites. Suite au refus des autorités
écossaises d'accorder un permis à la
multinationale Lafarge pour ouvrir une
super carrière sur l'île d'Harris, cette
dernière s'est référée à la législation sur
les droits de l'Homme pour dire qu'elle a
été victime d'injustice. Les propriétaires
terriens et les milieux des affaires sont
ainsi souvent les premiers à se servir de
la législation pour promouvoir le
« droit » au développement.
De plus les droits existants ne sont pas
souvent mis en œuvre. Plusieurs études ont
démontré une tendance qui consiste à dénier
de façon routinière l'accès à ces droits.
Les coupables ne sont pas sanctionnés comme
il le faut par les contrôleurs et la
justice fait rarement son travail en
négligeant les pénalités exactes. Ainsi les
pollueurs savent qu'ils n'ont pas besoins
de trop s'inquiéter quant aux
sanctions.
L'accès aux droits en matière
environnementale est avantageux mais
inadéquat pour qu'une justice
environnementale soit rendue. Malgré ses
défauts l'Ecosse jouit d'un système de
planification démocratique et relativement
ouvert qui souvent délivre les pires
environnements aux communautés les plus
défavorisées. Des procédures égales, des
droits légaux et constitutionnels pour tous
et pourtant l'injustice reste ce qui en
découle. D'un autre côté, une compréhension
sociale de la justice environnementale
permettra de reconnaître les inégalités
existants et donnera ainsi la possibilité
de moyens collectifs pour redresser les
choses.
En conséquence, la stratégie de la
campagne de FoE Ecosse pour une justice
environnementale combine le lobbying pour
un changement législatif avec un travail
direct avec les communautés qui subissent
les contre-coup. Se basant sur les
challenges des communautés du sud et des
communautés noires aux Etats-Unis, les Amis
de la Terre Ecosse a développé une
compréhension de la justice
environnementale qui dans un petit pays
comme l'Ecosse donne des opportunités pour
la construction de liens entre les
environnementalistes, les activistes des
communautés locales et les militants
anti-pauvreté.
Eurig Scandrett
,
FoE
Ecosse