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avril/juin 2001   

 

Rendre la globalisation durable ?
Rio+10 : Un challenge tout proche. Johannesburg en mal de thèmes 
La première réunion préparatoire tenue à New York du 30 Avril au 2 Mai en vue du sommet Rio+10 qui se déroulera à Johannesburg en Septembre 2002 n'a pu dégager de thèmes majeurs. Les pays du G-77 et la Chine ont estimé que les thèmes devraient être décidés suivant un processus allant «du bas vers le haut » à travers des discussions nationales et régionales qui seront organisées dans les six mois à venir. Compte tenu du désordre et du manque d'ouverture qui caractérisent la plupart de ces processus régionaux (y compris au niveau européen) cela n'augure pas de bonnes choses quant au sommet lui-même.

Les préoccupations du G-77 pour des initiatives allant «du bas vers le haut » ont été caricaturées par les tentatives de certains de ces membres qui ont voulu empêcher la participation de certaines ONG au sommet. L'Egypte et la Chine pour ne pas les nommer ont essayé d'obtenir un veto quant à l'accréditation ou non des ONG. Cela s'est soldé par un échec même si les décisions adoptées (disponibles sur www.un.org/rio+10) laissent entrevoir qu'il n'y aurait pas suffisamment de temps durant le sommet et que les contributions venant de la société civile ne prendraient pas beaucoup de place.

La géographie des sites du sommet a aussi soulevé quelques préoccupations. Après une grandiose cérémonie d'ouverture dans un grand stade, le sommet se tiendra dans trois centres de conférence distants d'au moins 25 kilomètres les uns des autres. Les plus importantes parties prenantes y compris le milieu des affaires qui craignait de faire les frais d'une telle disposition ont avancé que des thèmes devraient être attribués aux trois immeubles plutôt que de les répartir entre les gouvernements, les affaires et les ONG. Les officiels sud Africains ont pris note de ces remarques et ont promis de réfléchir sur la manière d'éviter la ghettoïsation des grands groupes.

Même si des thèmes majeurs n'ont pas été formellement adoptés, tous les gouvernements présents ont évoqué des problèmes similaires. «Rendre la globalisation durable » a été la phrase qui revenait souvent, mais quant à la façon de traduire cela dans les faits, les contributions ont été souvent vagues. En ce qui concerne la communauté des ONG, le papier de FoEI intitulé ''Vers des Economies Durables'' a suscité beaucoup d'intérêt. Il est apparu clairement aussi qu'aucun autre réseau d'ONG ne se fixera pour objectif de couvrir l'agenda en matière de commerce de la manière dont FoEI le fait et entend le faire dans la marche vers Rio+10.

La responsabilité des multinationales constituera un autre grand thème surtout que la première réunion préparatoire a confirmé les craintes que le milieu des affaires utilisera le sommet pour se présenter comme la (seule) solution aux problèmes globaux. L'industrie allemande réputée pour avoir appuyé l'Apartheid et pour sa responsabilité dans les taux élevés de cancer dans les voisinages des centrales de voitures de Port Elisabeth par exemple a eu l'audace de mettre l'accent sur ses «relations historiques durables avec l'Afrique du Sud. ». Les expositions de bonnes pratiques constitueront l'une des attractions du sommet même si dans certains cas, on risque de nous servir des définitions plutôt vagues ou douteuses du qualificatif «bonne ».

L'Afrique du Sud a aussi annoncé qu'elle a l'intention d'utiliser les éléments d'une exposition mal foutue que le Canada a essayé d'initier à l'occasion de la tenue de la Neuvième Session de la Commission sur le Développement Durable (CSD-9). L'énergie nucléaire y a été décrite comme étant «durable ».

Des Institutions Environnementales Globales.
Un troisième grand thème a été l'avenir de l'architecture institutionnelle en matière de durabilité. Certaines délégations plus particulièrement celle des USA, se sont demandées si la CSD avait encore quelque rôle à jouer dans l'avenir. La raison a été la désillusion survenue après la CSD-9, ce qui a jeté un doute sur le multilatéralisme vert. Cependant les discussions se sont centrées sur le rôle futur du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Ce débat a semblé contribué plus ou moins à marginaliser toute discussion relative à une Organisation Mondiale de l'Environnement (cf. Link 96 P.22). C'était surprenant de constater l'unanimité quant au besoin d'un renforcement du PNUE avec un appui franc pour s'assurer que l'organisation pourrait bénéficier de plus de moyens financiers.

Les ONG ont aussi eu beaucoup d'opportunité d'échanges à New York. La contribution unique de FoEI quant aux alternatives à la globalisation néolibérale, à l'équité globale et à la responsabilité des multinationales a été reconnue par plusieurs représentants d'ONG sœurs. Toutefois ce sera très difficile pour nous en tant que réseau de faire en sorte que ces problèmes puissent figurer dans ce qui n'est même pas encore un débat international inspiré sur l'avenir de la durabilité.

Daniel MITTLER, coordinateur de FoEI pour Rio+10. FoE Allemagne.

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