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Amis de la Terre Cameroun: Gouvernance forestière: Les exploitants véreux dans le collimateur des communautés

Les populations des zones forestières ont été formées à la surveillance des forêts et sont désormais capables d’identifier et de dénoncer une exploitation illégale.

Ce sont au total cent vingt-cinq observateurs indépendants locaux, constitués en réseau, et quinze organisations de la société civile (OSC) locale des zones forestières du Cameroun qui ont bénéficié des outils de lutte contre l’exploitation illégale des bois. C’est l’un des résultats des activités réalisées par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), une ONG basée à Yaoundé. L’Organisation a présenté, mardi 12 novembre à la presse, les contours de son projet intitulé « Accompagnement des OSC et des communautés à l’amélioration de la gouvernance forestière : appui à l’observation externe des forêts ».  Celui-ci, a-t-on appris, « visait essentiellement à mettre à la disposition des communautés forestières des outils de lutte contre l’exploitation illégale des bois dont elles sont les principales victimes ».  Entre autres outils présentés, un guide simplifié d’observation externe des activités forestières. Le document imagé décrit  « les préalables pour identifier et dénoncer de manière efficace les activités d’exploitation forestière illégale qui se déroulent autour des communautés, en même temps qu’il  informe sur le bien-fondé de la surveillance de la forêt par ces communautés. Le guide présente aussi les principales mesures et les outils nécessaires pour assurer une bonne surveillance de la forêt », rapporte Patrice Kamkuimo, du programme forêt au CED.

« Il y a beaucoup d’exploitants forestiers qui travaillent dans l’illégalité à Nanga-Eboko. J’ai déjà dénoncé au moins cinq cas d’illégalité. Certaines entreprises coupent le bois en dehors de leur titre. D’autres sortent les billes de bois nuitamment des forêts et, très souvent, ceux-ci ne sont même pas marqués. J’ai appris à identifier les indices et les preuves de fraude et ça me permet de bien faire mon travail sur le terrain », raconte Nko Luc, un bénéficiaire de la formation. A Lomié, c’est l’organisation locale ASTRADHE qui a dénoncé la coupe du Moabi par un exploitant véreux. « Une société  est venue dans la forêt communautaire des Baka et a coupé illégalement le bois, de même que le Moabi qui a été interdit d’exploitation par le gouvernement. Nous avons écrit aux autorités locales et aux Ong, mais quand l’Etat a saisi puis revendu aux enchères ces bois, les populations n’ont reçu aucun bénéfice. C’est au contraire la même entreprise qui a racheté son bois saisi », raconte Brigitte Anziom.

En 2009, les Amis de la Terre, une organisation internationale, a publié une étude qui a démontré que l’exploitation forestière illégale au Cameroun faisait perdre à l’Etat la somme de 50 milliards de F CFA par an. Depuis, le gouvernement s’est engagé à améliorer la qualité du contrôle forestier et la transparence du secteur. C’est ainsi que le  Cameroun a signé en 2010 l’Accord de Partenariat Volontaire (APV) avec l’Union européenne et dans cet accord, le contrôle de la gestion forestière semble occuper une place d’importance pour le Système de Vérification de la Légalité (SVL), prévu pour limiter les risques d’activités illégales.  Par ailleurs, le Ministère en charge des forêts a établi un partenariat depuis treize ans avec une organisation internationale pour l’Observation Indépendante (OI) des forêts. L’expert en charge de l’OI a pour mission de contrôler le déroulement des activités des exploitants forestiers en conformité avec la législation en vigueur au Cameroun. Si tous ces efforts sont à encourager de l’avis de la société civile, il n’en demeure pas moins que l’exploitation illégale des bois reste une gageure pour l’Etat. Et les conséquences sont plus dommageables pour les communautés forestières pour lesquelles la forêt joue un rôle primordial pour l’identité, la subsistance et l’équilibre des rapports sociaux.

C’est dans ce cadre que le CED dit avoir voulu apporter sa contribution à l’amélioration de la gouvernance forestière au Cameroun. Après plus de 18 mois d’activités, l’organisation se targue d’avoir créé un réseau d’observateurs indépendants locaux qui, au travers des lettres de dénonciation, rapporte des faits d’exploitation forestière illégale. La dénonciation des actes illicites, après vérification par le CED, aura permis de contribuer à « la réduction des infractions forestières car les nombreux cas d’exploitation illégale que nous avons communiqués à l’Observateur Indépendant ont permis le déclenchement des missions de contrôle qui ont par la suite abouti à la publication par le ministère en charge des forêts, des amendes dans le sommier des infractions de juin 2012 », indique Flavien Same du CED. Toutefois, l’Ong  regrette « le laxisme des autorités vis-à-vis de certains exploitants véreux en matière des sanctions et les missions de vérification de l’OI, parfois tardives, après le passage de l’exploitant illégal ». Si le CED se refuse à tout découragement, il projette déjà comme prochain défi « d’amener le gouvernement à récompenser les communautés locales proportionnellement aux contentieux issus des activités d’exploitation illégale (ventes aux enchères du bois illégal, autres infractions, etc.) ».

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