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Décembre

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05/12/2010

Les discussions sur les systèmes d’échange de carbone s’éternisent

by PhilLee — last modified 05/12/2010 21:20
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Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.

nnimmo bassey in cancunNnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.

 

Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.

 

« Avec la ratification au protocole de Kyoto, la production d’émissions de gaz à effet de serre au-dessus d’un seuil déterminé peut entraîner des coûts non négligeables. Inversement, les émetteurs de gaz à effet de serre disposent d’une valeur potentielle s’ils parviennent à limiter ou à réduire leur production d’émissions. On peut donc dire qu’une nouvelle ressource, qui n’est autre que la réduction d’émissions, est apparue sur le marché. Le dioxyde de carbone (CO2) étant le principal gaz à effet de serre, on en parle comme une ressource commerciale. Le carbone est désormais recherché et vendu comme n’importe quelle autre matière première. »

 

La citation ci-dessus provient d’une publication de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) traitant des mécanismes du protocole de Kyoto. La publication porte sur le commerce de droits d’émissions, le mécanisme de développement propre et la mise en œuvre conjointe, qui sont tous les trois des mécanismes basés sur le marché permettant ostensiblement d’aider le secteur privé et les pays en développement dans leurs objectifs de réduction d’émissions.

 

Une réflexion sur le concept-cadre du protocole permet de conclure qu’il serait insensé de prolonger la période d’engagement de ce dernier. Avec un groupe de décisionnaires résolus à inventer de nouvelles politiques garantissant la continuité de leurs activités commerciales et à adopter une politique de l’autruche vis-à-vis du changement climatique, le monde a toutefois l’air d’être coincé dans une impasse. Le protocole de Kyoto reste actuellement le seul traité climatique comportant des engagements juridiquement contraignants pour ses signataires et par conséquent de nombreuses personnes le considèrent comme la meilleure alternative possible.

 

Certains disent du protocole de Kyoto qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, d’autres pensent de ce dernier qu’il n’est rien d’autre qu’une illusion à laquelle on se raccroche désespérément. A vous de juger !

 

La première semaine de la conférence climatique de Cancun s’est achevée sur une mauvaise note et ne présage rien de bon. Le premier lot de mauvaises nouvelles fut apporté par le Japon et son refus à signer une seconde période d’engagement pour le protocole de Kyoto. Il ne faut cependant pas oublier que même si les termes signer et engagement paraissent contraignants, les engagements pris pendant la première période du protocole ressemblaient déjà à des promesses destinées à être bafouées. Rien n’a jamais été réellement inscrit dans la pierre.

 

L’enterrement de Kyoto

cancun: intervention by domingo

Pourquoi la fin de Kyoto créé-t-elle la panique parmi la population ? Peut-être serait-ce parce que le Japon a enfin compris ce que les Etats-Unis avaient déjà compris longtemps auparavant ?  Pour cela, il nous faut remonter en 1997, à la naissance de Kyoto.

 

Lors des négociations du protocole, les Etats-Unis, représentés par Al Gore, auraient formulé une proposition pour le moins dérangeante, à savoir gérer les réductions d’émissions de carbone dans un cadre de marchés du carbone. En réduisant le carbone ou les émissions à l’état de matière première ou de ressource, cette proposition a eu comme avantage de créer de nouvelles techniques innovantes destinées à réduire les émissions. Les Etats-unis auraient-ils signés le protocole une obtenu ce qu’ils souhaitaient ? Non. Ils se sont élégamment défilés devant leurs responsabilités. Nous nous trouvons maintenant dans une impasse, submergés par les problèmes et nous dirigeant dangereusement vers une catastrophe climatique. Les Etats-Unis se sont tout simplement détournés du protocole après avoir placé le monde dans l’engrenage des marchés du carbone. Le Japon pourrait en faire de même, le Canada aussi, sans oublier l’Australie.

 

L’Union européenne, quant à elle, se dit prête à envisager toute option. La voie de la sagesse… L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté, surtout lorsqu’on parle de commerce de carbone.

 

Le modèle de marché du carbone a créé, entre autres, le dit mécanisme de développement propre. Durant la conférence de Bali, une autre pièce fut ajoutée au plateau : le REDD. Sans se faire attendre, d’autres propositions pour un REDD-Plus et un REDD-Plus Plus ont suivi et qui sait ce qui se trouve encore en réserve dans les placards. L’idée globale de ces mécanismes consiste à trouver des procédés pour quantifier et évaluer le carbone peu importe où il se trouve. Jusqu'à présent, les teneurs en carbone des arbres sont évaluées par le REDD.

 

On voit toute sorte de progrès ou de régression en matière de réserves de carbone fossile permettant aux états sans ressources forestières, mais disposant de terres, de quand-même faire partie du système et d’engranger des dollars pour le carbone se trouvant sous leurs pieds. Les états dépourvus de forêts ou de terres pourront toujours compter sur le carbone se trouvant dans leurs eaux. Ceux qui n’ont ni eaux, ni terres, ni forêts, pourront probablement profiter de l’air au-dessus de leur tête. Plus l’espace atmosphérique vous entourant est important, plus vous avez de chance de faire la différence dans l’équation du carbone. Qui sait ?

 

Il est indéniable que certaines populations seront privées de toutes ces ressources naturelles (eaux, forêts, terres, air) dans le futur. Ceci se produira le jour où tout élément naturel aura été privatisé. Croyez-moi. Dans ce cas, le monde entier sera amené à utiliser les services du marché du carbone ou à prouver que leur gouvernement contient un stock de carbone suffisant. 


cancun mobilization

Texte mexicain, rumeur ?

A l’approche de la deuxième semaine, les rumeurs concernant la préparation d’un texte afin de sortir la conférence de l’impasse par le président mexicain de la Conférence des Parties ne cessent de circuler. Une pareille méthode avait d’ailleurs été utilisée pendant la COP15 de Copenhague en 2009. Si la rumeur s’avère justifiée, le texte prendra vie pendant le week-end d’arrivée des ministres et leur donnera bien du fil à retordre.

 

Dans une déclaration anticipant une telle décision, les défenseurs de la société civile, parmi lesquels les Amis de la Terre International et le Réseau du Tiers-monde, ont exigé des représentants qu’ils rejettent catégoriquement toute introduction d’un tel texte pendant la conférence.

 

Cette demande de leur part est légitime, car le texte chercherait à substituer  « les objectifs obligatoires d’émissions mondiaux censés être négociés sous le protocole de Kyoto par des pactes non contraignants de l’Accord, ce qui pourrait, d’après une analyse de l’ONU publiée le 23 novembre, avoir un effet dévastateur sur la planète d’ici la fin du siècle, augmentant notamment sa température de 5°C.

 

Les décisionnaires politiques se comportent comme s’ils ne vivaient pas sur cette planète, alors qu’on le sait, une augmentation de la température de cette magnitude décimerait la population mondiale et ce, peu importe les programmes d’atténuation et d’adaptation mis en œuvre.

 

Cette semaine ne se résume pas uniquement à de belles paroles. Vendredi, le temps était à l’action. Des groupes menés par Jubilee South ont manifesté dans les rues de Cancun, effectuant une marche depuis la mairie jusqu'au centre commercial. Le but de cette action consistait à rejeter le rôle de « banque climatique » joué par la banque mondiale. Pourquoi ? Tout simplement parce que, selon eux, la banque est connue pour ses financements de projets ayant trait aux carburants fossiles et son implication dans le chaos climatique ne fait aucun doute.

 

La dernière semaine de la Conférence des parties apportera t-elle des perspectives plus brillantes? L’avenir nous le dira.

 

 

Photo credits: Sheila Menon

01/12/2010

Cancun débarque à Bruxelles

by PhilLee — last modified 01/12/2010 14:55
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Cette année, les négociations des Nations Unies sur le climat ont beau se dérouler de l’autre côté de la planète, cela ne signifie pas pour autant qu’elles échappent à l’attention des Européens. Francesca Gater, des Amis de la Terre Europe, blogue sur les événements qu’elle a suivis près de chez nous.

cancun in brussels - 4

Au cours du week-end, Les Amis de la Terre a pris part à de nombreux événements qui ont amené Cancun au cœur de Bruxelles et recréé l’esprit du mouvement pour la justice climatique auquel nous avions participé avec enthousiasme à Copenhague. Pour ceux d’entre nous qui n’allaient pas faire le voyage jusqu’au Mexique, la chance nous était donnée de retrouver des activistes et des alliés de l’Europe entière et de faire entendre notre solidarité avec nos collègues en lutte pour une issue équitable à Cancun. 

 

Le coup d’envoi du week-end a été donné vendredi, lorsque la masse critique habituelle de Bruxelles a pris une dimension internationale. Plus de 120 cyclistes, et parmi eux un groupe de samba, ont fait la tournée des institutions européennes, scandant le message « le changement du système, pas le changement du climat» à l’attention des négociateurs européens en route pour la COP16. 

 

L’Assemblée européenne pour la justice climatique, samedi, a rassemblé des activistes d’Europe et d’ailleurs, pour discuter, débattre, apprendre, partager, planifier… et déguster de fabuleux produits locaux. Plus de 150 d’entre nous ont débattu de questions pertinentes, telles que « le capitalisme vert existe-t-il ? », « comment remettre en question le système déséquilibré de la nourriture et de l’agriculture ? », « quels sont les coûts sociaux et environnementaux de l’expansion de marchés du carbone ? » ou encore « comment changer nos modèles de production et de consommation pour assurer à tous un accès aux besoins de base » ? L’exploration de ces questions stimulantes en compagnie de participants de toute l’Europe a été une expérience passionnante. 

 

 

cancun in brussels - 1Nous avons eu la chance d’être rejoints par des conférenciers internationaux d’exception. Evguenia Tchirikova, de Russie, a détaillé à l’assemblée le combat pour défendre la forêt Khimki en bordure de Moscou, dont elle est le fer de lance. Les autorités russes tentent d’abattre cette forêt pour faire place à une autoroute et des magasins. Les manifestations ont été violemment réprimées. Son récit nous a fait prendre conscience des dimensions mondiales et locales des combats écologiques. La forêt Khimki est emblématique à elle seule des milliers de forêts, de lacs et autres ressources naturelles en Russie et à travers le monde et de ceux qui essaient de tirer profit de leur destruction. 

 

Originaire du Pakistan, Qalandar Bux Memon a partagé son expérience des inondations dévastatrices de cette année qui ont laissé un cinquième du pays sous l’eau et 10 millions de personnes sans habitation. Les précipitations sans précédent ont constitué le facteur prédominant, mais elles ont été exacerbées par l’effet climatique de la fonte des glaciers, de la déforestation et de la destruction des palétuviers. Nous avons entendu à quel point les désastres écologiques touchent violemment les plus pauvres. « Le changement climatique n’est pas le problème de demain, nous faisons d’ores et déjà l’expérience de la catastrophe », a expliqué Qalander, dans un message d’autant plus poignant qu’il provient d’un témoin direct des impacts du changement climatique.  


cancun in brussels - 3

Chantons pour le climat

Après une journée intense et motivante, j’ai fait l’erreur de me rendre au marché de Noël de Bruxelles pour prendre un verre. Tous les chauffages d’extérieur et les gobelets jetables m’ont rappelé l’étendue du défi à relever et m’ont laissée avec un sentiment d’impuissance. 

 

La marche pour le climat organisée le lendemain par la Coalition belge pour le climat allait changer la donne. Evguenia, Qualander et moi-même avons rejoint environ 4 000 personnes dans les rues de Bruxelles pour un rassemblement en vue de « chanter pour le climat ». Loin de nous l’idée de faire mieux que les Beatles, mais notre version de « Jude » ne manquait pas de sentiment. Pour l’occasion, les paroles avaient été modifiées : « Notre terre, n’est pas à vendre, Nous ferons ce qu’il faudra, pour sauver le climat ». La Belgique est actuellement à la tête de la présidence tournante de l’Union européenne et représente donc l’Europe à Cancun. La chanson appelait ses négociateurs à œuvrer dans le sens de la justice climatique lors des pourparlers. Ce n’était pas le spectacle de « L’inondation pour la Justice climatique » organisé par Les Amis de la Terre l’an dernier, mais retrouver l’énergie qui était la nôtre à Copenhague et ressentir de nouveau l’appartenance à un mouvement international en pleine expansion était exaltant. Car le message n’a pas changé : les négociateurs aux pourparlers sur le climat doivent obtenir la justice climatique, un point c’est tout. On avait le sentiment, en amenant Cancun à Bruxelles, que tout un tas de choses s’étaient déjà passées, avant même que les négociations n’aient commencé ! Nous disposons maintenant de deux semaines entières d’activités. La Convergence de la Jeunesse européenne pour la Justice climatique, organisée par les Jeunes Amis de la Terre Europe, ne fait que commencer. Elle déroulera un programme journalier d’ateliers, de débats, d’échanges de compétences, d’actions et de projections de films en parallèle aux négociations, qui prouveront qu’il n’est pas besoin d’être au Mexique pour suivre les pourparlers, pour apprendre, pour agir et exiger la justice climatique.