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COP 15 : un manque d'ambition

by PhilLee — last modified 19/12/2009 09:13
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Pour Nnimmo Bassey, Président des Amis de la Terre International, les deux semaines de négociations sur le climat à Copenhague se résument à un accord conclu en coulisses et à l'émergence du Mouvement pour la Justice Climatique.

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Jusqu'au début de la deuxième semaine de la COP15, l'entrée du Bella Centre spécifiquement réservée à la longue file des membres des ONG était occupée une foule nombreuse. Le froid s'installait, mais les personnes se pressaient pour entrer.

 

La scène était différente les deux derniers jours de la COP. Le chemin d'accès était désert et recouvert par un tapis de neige. L'accès sur les lieux de la conférence avait été refusé aux observateurs et les rares personnes admises ont dû patienter longuement pendant que les agents de la sécurité recherchaient leur nom sur la liste de ceux qui étaient encore autorisés à entrer.

 

A l'intérieur du lieu de la Conférence, l'espace le plus démocratique semble être le hall d'entrée où les délégués venaient s'enregistrer. L'attraction y était est constituée par le logo géant de la CCNUCC devant lequel chaque délégué se faisait prendre en photo, en souvenir de cette conférence qui restera celle des opportunités manquées.

 

A l'intérieur des salles de réunions, plus de choses se sont passées derrière des portes closes qu'en scéance plénière. La présidence danoise de la COP a passé plus de temps à dénoncer des fuites ou démentir des rumeurs à propos de textes secrets, plutôt que de consacrer ce temps précieux à négocier. Le parcours des négociateurs a été transformé en une course d'obstacles afin d'empêcher tout progrès réel.

 

Les bannières installées par la CCNUCC invitaient les gens à faire entendre leur voix à propos du changement climatique. Mais dans les rues, la police danoise à lutté pour faire taire les voix discordantes.
 

Des milliers de gens réclament la justice climatique

Si quellque chose de positif est sorti de cette conférence climat, c'est sans conteste le fait que le mouvement pour la justique climatique se renforce. Le 12 décembre 2009, plus de 100.000 citoyens du monde entier ont bravé le froid et parcouru plus de six kilomètres à travers les rues de Copenhague pour montrer leur désaccord avec les politiciens et les dirigeants qui se refusent à agir mais ne se privent pas de faire des déclarations à propos du changement climatique.

 

Les émissions seront-elles réduites? Le seront-elles à la source ou au travers d'actions menées ailleurs que dans le pays même? Qui va payer pour les mesures de réduction des émissions qui doivent être mises en oeuvre dans les pays en développement pauvres? Les nations qui subissent les effets du réchauffement affirment que le niveau de financement nécessaires pour contrer ceux-ci dépasse 400 milliards de $ par an. N'écoutant que leur courage, les pays riches ont offert 30 milliards de $ pour la période allant de 2010 à 2020. Qui monteront à 100 milliards de $ d'ici 2020, c'est à dire une véritable escroquerie.

 

Le Président brésilien Lula, parlant en plénière le dernier jour, s'est demandé si les négociateurs avaient besoin d'une révélation divine avant de pouvoir conclure un bon accord. Ses propos suggéraient leur manque de compréhension et d'intelligence. Est-ce réellement le cas ou s'agit-il plutôt d'une absence de volonté de s'engager sur un chemin véritablement ambitieux?


A prendre ou à laisser

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Quand le Président Obama est entré en scène, il a estimé que le changement climatique fait courir un risque inacceptable à notre planète. Le monde doit agir courageusement face à cette menace. Il a déclaré être venu pour agir et non pour parler. Agir de quelle façon?

 

Obama a déclaré que les USA allaient changer leur façon de produire et consommer l'énergie, ce qui est un élément essentiel de leur sécurité nationale. En outre, ils vont s'attacher à réduire leur dépendance au pétrole importé.  A la fin de la journée, toutes les déclarations du Président Obama se ramenaient à la défense des intérêts des USA, à prendre ou à laisser pour le reste du monde. Il n'a rien amené de nouveau sur la table.

Même sa promesse d'accorder des fonds pour la mitigation dans les pays pauvres, fut faite avec des propos ironiques à l'égard de ceux qui espèrent être aidés, mais ne doivent pas pour autant espérer  échapper à l'exigence de  responsabilité.

 

En parlant de responsabilité, qui est responsable des effets du changement climatique dans ces pays pauvres? L'engagement pris par le Président Lula de relever le défi au Brésil avec les moyens financiers du pays et sa promesse d'aider les pays pauvres dans leur effort pour prendre des mesures de mitigation apportaient un peu de lumière dans la noirceur de l'ensemble des négociations de Copenhague. 

 

Au fil des versions successives de l'Accord de Copenhague, pour reprendre le discours du Président Obama, on a quitté la Conférence en se demandant ce qui restait de toutes les grandes déclarations en faveur d'un accord ambitieux. Si quelque chose a manqué dans cette conférence, c'est bien l'ambition.

Une catastrophe pour les pauvres

J'ai quitté le centre de conférence Bella à 1h45 du matin pour retrouver la chaleureux des activistes manifestant dans le froid en chantant pour la justice climatique, au pied du métro, dénonçant le manque de sérieux des négociations sur le climat. Ces manifestants auraient pu être en train de dormir bien au chaud dans leur lit, mais la plupart étaient des jeunes dont l'avenir est confisqué par la politique opportuniste de certains, et pour le confort et le profit de ceux qui spéculent sur le carbone.

 

Comme nous l'avons dit dans notre déclaration finale à l'issue des négociations, ce soi-disant accord est une catastrophe pour les pays pauvres. Une hausse de température de deux degrés Celsius représente un désastre assuré et la mort de millions de personnes dans les pays les plus vulnérables.

En marchant dans la neige, à chacun de mes pas résonnait cette question : combien de temps les dirigeants vont-ils ignorer les voix du peuple? Mais j'ai trouvé un grand réconfort dans la force des activistes des Amis de la Terre International, qui ont prouvé au monde que le moment est venu de grandir pour le mouvement en faveur de la justice climatique.
Félicitations, les amis. Passez de bonnes vacances et une année 2010 riche d'actions.

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