climate
05/12/2010
Les discussions sur les systèmes d’échange de carbone s’éternisent
Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.
Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.
Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.
« Avec la ratification au protocole de Kyoto, la production d’émissions de gaz à effet de serre au-dessus d’un seuil déterminé peut entraîner des coûts non négligeables. Inversement, les émetteurs de gaz à effet de serre disposent d’une valeur potentielle s’ils parviennent à limiter ou à réduire leur production d’émissions. On peut donc dire qu’une nouvelle ressource, qui n’est autre que la réduction d’émissions, est apparue sur le marché. Le dioxyde de carbone (CO2) étant le principal gaz à effet de serre, on en parle comme une ressource commerciale. Le carbone est désormais recherché et vendu comme n’importe quelle autre matière première. »
La citation ci-dessus provient d’une publication de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) traitant des mécanismes du protocole de Kyoto. La publication porte sur le commerce de droits d’émissions, le mécanisme de développement propre et la mise en œuvre conjointe, qui sont tous les trois des mécanismes basés sur le marché permettant ostensiblement d’aider le secteur privé et les pays en développement dans leurs objectifs de réduction d’émissions.
Une réflexion sur le concept-cadre du protocole permet de conclure qu’il serait insensé de prolonger la période d’engagement de ce dernier. Avec un groupe de décisionnaires résolus à inventer de nouvelles politiques garantissant la continuité de leurs activités commerciales et à adopter une politique de l’autruche vis-à-vis du changement climatique, le monde a toutefois l’air d’être coincé dans une impasse. Le protocole de Kyoto reste actuellement le seul traité climatique comportant des engagements juridiquement contraignants pour ses signataires et par conséquent de nombreuses personnes le considèrent comme la meilleure alternative possible.
Certains disent du protocole de Kyoto qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, d’autres pensent de ce dernier qu’il n’est rien d’autre qu’une illusion à laquelle on se raccroche désespérément. A vous de juger !
La première semaine de la conférence climatique de Cancun s’est achevée sur une mauvaise note et ne présage rien de bon. Le premier lot de mauvaises nouvelles fut apporté par le Japon et son refus à signer une seconde période d’engagement pour le protocole de Kyoto. Il ne faut cependant pas oublier que même si les termes signer et engagement paraissent contraignants, les engagements pris pendant la première période du protocole ressemblaient déjà à des promesses destinées à être bafouées. Rien n’a jamais été réellement inscrit dans la pierre.
L’enterrement de Kyoto
Pourquoi la fin de Kyoto créé-t-elle la panique parmi la population ? Peut-être serait-ce parce que le Japon a enfin compris ce que les Etats-Unis avaient déjà compris longtemps auparavant ? Pour cela, il nous faut remonter en 1997, à la naissance de Kyoto.
Lors des négociations du protocole, les Etats-Unis, représentés par Al Gore, auraient formulé une proposition pour le moins dérangeante, à savoir gérer les réductions d’émissions de carbone dans un cadre de marchés du carbone. En réduisant le carbone ou les émissions à l’état de matière première ou de ressource, cette proposition a eu comme avantage de créer de nouvelles techniques innovantes destinées à réduire les émissions. Les Etats-unis auraient-ils signés le protocole une obtenu ce qu’ils souhaitaient ? Non. Ils se sont élégamment défilés devant leurs responsabilités. Nous nous trouvons maintenant dans une impasse, submergés par les problèmes et nous dirigeant dangereusement vers une catastrophe climatique. Les Etats-Unis se sont tout simplement détournés du protocole après avoir placé le monde dans l’engrenage des marchés du carbone. Le Japon pourrait en faire de même, le Canada aussi, sans oublier l’Australie.
L’Union européenne, quant à elle, se dit prête à envisager toute option. La voie de la sagesse… L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté, surtout lorsqu’on parle de commerce de carbone.
Le modèle de marché du carbone a créé, entre autres, le dit mécanisme de développement propre. Durant la conférence de Bali, une autre pièce fut ajoutée au plateau : le REDD. Sans se faire attendre, d’autres propositions pour un REDD-Plus et un REDD-Plus Plus ont suivi et qui sait ce qui se trouve encore en réserve dans les placards. L’idée globale de ces mécanismes consiste à trouver des procédés pour quantifier et évaluer le carbone peu importe où il se trouve. Jusqu'à présent, les teneurs en carbone des arbres sont évaluées par le REDD.
On voit toute sorte de progrès ou de régression en matière de réserves de carbone fossile permettant aux états sans ressources forestières, mais disposant de terres, de quand-même faire partie du système et d’engranger des dollars pour le carbone se trouvant sous leurs pieds. Les états dépourvus de forêts ou de terres pourront toujours compter sur le carbone se trouvant dans leurs eaux. Ceux qui n’ont ni eaux, ni terres, ni forêts, pourront probablement profiter de l’air au-dessus de leur tête. Plus l’espace atmosphérique vous entourant est important, plus vous avez de chance de faire la différence dans l’équation du carbone. Qui sait ?
Il est indéniable que certaines populations seront privées de toutes ces ressources naturelles (eaux, forêts, terres, air) dans le futur. Ceci se produira le jour où tout élément naturel aura été privatisé. Croyez-moi. Dans ce cas, le monde entier sera amené à utiliser les services du marché du carbone ou à prouver que leur gouvernement contient un stock de carbone suffisant.
Texte mexicain, rumeur ?
A l’approche de la deuxième semaine, les rumeurs concernant la préparation d’un texte afin de sortir la conférence de l’impasse par le président mexicain de la Conférence des Parties ne cessent de circuler. Une pareille méthode avait d’ailleurs été utilisée pendant la COP15 de Copenhague en 2009. Si la rumeur s’avère justifiée, le texte prendra vie pendant le week-end d’arrivée des ministres et leur donnera bien du fil à retordre.
Dans une déclaration anticipant une telle décision, les défenseurs de la société civile, parmi lesquels les Amis de la Terre International et le Réseau du Tiers-monde, ont exigé des représentants qu’ils rejettent catégoriquement toute introduction d’un tel texte pendant la conférence.
Cette demande de leur part est légitime, car le texte chercherait à substituer « les objectifs obligatoires d’émissions mondiaux censés être négociés sous le protocole de Kyoto par des pactes non contraignants de l’Accord, ce qui pourrait, d’après une analyse de l’ONU publiée le 23 novembre, avoir un effet dévastateur sur la planète d’ici la fin du siècle, augmentant notamment sa température de 5°C.
Les décisionnaires politiques se comportent comme s’ils ne vivaient pas sur cette planète, alors qu’on le sait, une augmentation de la température de cette magnitude décimerait la population mondiale et ce, peu importe les programmes d’atténuation et d’adaptation mis en œuvre.
Cette semaine ne se résume pas uniquement à de belles paroles. Vendredi, le temps était à l’action. Des groupes menés par Jubilee South ont manifesté dans les rues de Cancun, effectuant une marche depuis la mairie jusqu'au centre commercial. Le but de cette action consistait à rejeter le rôle de « banque climatique » joué par la banque mondiale. Pourquoi ? Tout simplement parce que, selon eux, la banque est connue pour ses financements de projets ayant trait aux carburants fossiles et son implication dans le chaos climatique ne fait aucun doute.
La dernière semaine de la Conférence des parties apportera t-elle des perspectives plus brillantes? L’avenir nous le dira.
Photo credits: Sheila Menon
01/12/2010
Cancun débarque à Bruxelles
Cette année, les négociations des Nations Unies sur le climat ont beau se dérouler de l’autre côté de la planète, cela ne signifie pas pour autant qu’elles échappent à l’attention des Européens. Francesca Gater, des Amis de la Terre Europe, blogue sur les événements qu’elle a suivis près de chez nous.
Au cours du week-end, Les Amis de la Terre a pris part à de nombreux événements qui ont amené Cancun au cœur de Bruxelles et recréé l’esprit du mouvement pour la justice climatique auquel nous avions participé avec enthousiasme à Copenhague. Pour ceux d’entre nous qui n’allaient pas faire le voyage jusqu’au Mexique, la chance nous était donnée de retrouver des activistes et des alliés de l’Europe entière et de faire entendre notre solidarité avec nos collègues en lutte pour une issue équitable à Cancun.
Le coup d’envoi du week-end a été donné vendredi, lorsque la masse critique habituelle de Bruxelles a pris une dimension internationale. Plus de 120 cyclistes, et parmi eux un groupe de samba, ont fait la tournée des institutions européennes, scandant le message « le changement du système, pas le changement du climat» à l’attention des négociateurs européens en route pour la COP16.
L’Assemblée européenne pour la justice climatique, samedi, a rassemblé des activistes d’Europe et d’ailleurs, pour discuter, débattre, apprendre, partager, planifier… et déguster de fabuleux produits locaux. Plus de 150 d’entre nous ont débattu de questions pertinentes, telles que « le capitalisme vert existe-t-il ? », « comment remettre en question le système déséquilibré de la nourriture et de l’agriculture ? », « quels sont les coûts sociaux et environnementaux de l’expansion de marchés du carbone ? » ou encore « comment changer nos modèles de production et de consommation pour assurer à tous un accès aux besoins de base » ? L’exploration de ces questions stimulantes en compagnie de participants de toute l’Europe a été une expérience passionnante.
Nous avons eu la chance d’être rejoints par des conférenciers internationaux d’exception. Evguenia Tchirikova, de Russie, a détaillé à l’assemblée le combat pour défendre la forêt Khimki en bordure de Moscou, dont elle est le fer de lance. Les autorités russes tentent d’abattre cette forêt pour faire place à une autoroute et des magasins. Les manifestations ont été violemment réprimées. Son récit nous a fait prendre conscience des dimensions mondiales et locales des combats écologiques. La forêt Khimki est emblématique à elle seule des milliers de forêts, de lacs et autres ressources naturelles en Russie et à travers le monde et de ceux qui essaient de tirer profit de leur destruction.
Originaire du Pakistan, Qalandar Bux Memon a partagé son expérience des inondations dévastatrices de cette année qui ont laissé un cinquième du pays sous l’eau et 10 millions de personnes sans habitation. Les précipitations sans précédent ont constitué le facteur prédominant, mais elles ont été exacerbées par l’effet climatique de la fonte des glaciers, de la déforestation et de la destruction des palétuviers. Nous avons entendu à quel point les désastres écologiques touchent violemment les plus pauvres. « Le changement climatique n’est pas le problème de demain, nous faisons d’ores et déjà l’expérience de la catastrophe », a expliqué Qalander, dans un message d’autant plus poignant qu’il provient d’un témoin direct des impacts du changement climatique.
Chantons pour le climat
Après une journée intense et motivante, j’ai fait l’erreur de me rendre au marché de Noël de Bruxelles pour prendre un verre. Tous les chauffages d’extérieur et les gobelets jetables m’ont rappelé l’étendue du défi à relever et m’ont laissée avec un sentiment d’impuissance.
La marche pour le climat organisée le lendemain par la Coalition belge pour le climat allait changer la donne. Evguenia, Qualander et moi-même avons rejoint environ 4 000 personnes dans les rues de Bruxelles pour un rassemblement en vue de « chanter pour le climat ». Loin de nous l’idée de faire mieux que les Beatles, mais notre version de « Jude » ne manquait pas de sentiment. Pour l’occasion, les paroles avaient été modifiées : « Notre terre, n’est pas à vendre, Nous ferons ce qu’il faudra, pour sauver le climat ». La Belgique est actuellement à la tête de la présidence tournante de l’Union européenne et représente donc l’Europe à Cancun. La chanson appelait ses négociateurs à œuvrer dans le sens de la justice climatique lors des pourparlers. Ce n’était pas le spectacle de « L’inondation pour la Justice climatique » organisé par Les Amis de la Terre l’an dernier, mais retrouver l’énergie qui était la nôtre à Copenhague et ressentir de nouveau l’appartenance à un mouvement international en pleine expansion était exaltant. Car le message n’a pas changé : les négociateurs aux pourparlers sur le climat doivent obtenir la justice climatique, un point c’est tout. On avait le sentiment, en amenant Cancun à Bruxelles, que tout un tas de choses s’étaient déjà passées, avant même que les négociations n’aient commencé ! Nous disposons maintenant de deux semaines entières d’activités. La Convergence de la Jeunesse européenne pour la Justice climatique, organisée par les Jeunes Amis de la Terre Europe, ne fait que commencer. Elle déroulera un programme journalier d’ateliers, de débats, d’échanges de compétences, d’actions et de projections de films en parallèle aux négociations, qui prouveront qu’il n’est pas besoin d’être au Mexique pour suivre les pourparlers, pour apprendre, pour agir et exiger la justice climatique.
20/04/2010
Ouverture du Sommet des Peuples du Monde sur le Changement Climatique à Cochabamba
Une équipe de militants de la campagne Justice Climatique des Amis de la Terre se trouve à Cochabamba, en Bolivie, pour le sommet historique des peuples sur le changement climatique. Nnimmo Bassey, Président des Amis de la Terre International est aussi là-bas et a consigné ce qui suit sur son blog.
Après le résultat catastrophique des négociations des Nations Unies sur le climat à Copenhague en déccembre 2009, une bouffée d'air frais nous arrive avec le rassemblement de personnes issues de tous les coins du monde, pour le premier sommet mondial sur le changement climatique jamais initié par un gouvernement, en collaboration avec des mouvements sociaux, des populations indigènes et d'autres acteurs de la société civile.
Une assemblée de gouvernements et de peuples
Quand le président bolivien, Evo Morales, a annoncé un rassemblement mondial en Bolivie en vue d'une discussion approfondie et exhaustive sur cette question vitale de notre époque, nombreux sont sans doute ceux qui se sont dit que cette idée n'était rien d'autre qu'un château en Espagne. A la grande joie de beaucoup, et à la consternaton de certains, le sommet a bien lieu comme prévu.
Le sommet a attiré pas moins de 17.000 participants et les acticités ont commencé aujourd'hui avec la mise en place de groupes de travail et une assemblée des peuples animée par La Via Campesina, le plus important des mouvements d'agriculture paysanne, et les Amis de la Terre International.
Ce sommet contraste fortement avec celui de Copenhague, et ce de plusieurs manières. Premièrement, c'est une assemblée réunissant les gouvernements et les populations. A Copenhague, on n'a pas ménagé les efforts pour maintenir la société civile à l'écart de la conférence. La conférence de Copenhague a été marquée par l'exclusion de la société civile, des arrestations d'activistes concernés par le climat et des actes de brutalité dirigés contre des manifestants non-violents dans les rues.
A Cochabamba les agents de police sont là pour aider et portent même des badges indiquant qu'ils sont aussi des participants. Là où Copenhague faisait montre de mépris pour les voix des populations, à Cochabamba elles sont l'essence même de la rencontre. Cela dit, nous devons admettre qu'il y a des similitudes entre ces deux villes: leur nom commence par la lettre "c" et comporte dix lettres.
Les participants partagent généralement l'opinion selon laquelle ce sommet est une bonne occasion de faire toute la lumière tant sur les fausses solutions que sur les véritables réponses au changement climatique, ainsi que de poser clairement la revendication de justice climatique. C'est un pas vers la construction d'un mouvement mondial pour une justice écologique, qui ne s'arrêtera plus.
Déclaration des droits de notre mère la Terre
Le sommet s'organise autour de dix-sept groupes de travail et a pour objectif d'étudier les causes structurelles du changement climatique, ainsi que de discuter et parvenir à un accord sur la nécessité d'une Déclaration Universelle des Droits de notre mère la Terre.
Parmi les différents groupes de travail autour desquels s'organise le sommet, certains travaillent sur un tribunal de justice climatique, sur les dangers du marché du carbone, les migrants climatiques et les transferts de technologies, entre autres. Le sommet travaille aussi sur l'organisation d'un Référendum Mondial des Populations sur le Changement Climatique.
Ce sommet ne sera pas exempt de controverses. Par exemple, un groupe d'Européens grincheux sont présents à Cochabamba pour vendre les concepts de la géo-ingénierie comme solution au changement climatique. Beaucoup de groupes sont déjà en train de batailler contre l'idée d'utiliser les techniques proposéees par les géo-ingénieurs. Parmi eux, certains disent que manipuler la nature peut avoir des conséquences imprévues, en plus de laisser des intérêts privés non régulés s'approprier des espaces communs, d'accentuer le pillage et l'accès injuste aux ressources et de faire courir des risques aux gens.
Certaines solutions proposées par la géo-ingénierie consistent à créer des nuages artificiels pour bloquer le rayonnement solaire et par là refroidir le climat, ou à ensemencer les océans avec des “polluants” pour augmenter leur capacité de capter et stocker le carbone.
Un autre point chaud concerne REDD (la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts). Alors que certains groupes pensent que REDD peut être bénéfique pour les communautés, Le Réseau Ecologique Indigène (Indigenous Environmental Network), Oilwatch, The Corner House, le Transnational Institute et d'autres ONG sont convaincues que la véritable traduction de REDD n'est autre que "engranger du profit par l'éviction (des communautés), l'appropriation des terres, la déforestation et la destuction de la biodiversité". Ils pensent aussi que REDD offre aux entreprises qui polluent une possibilité de continuer à polluer.
En préalable au sommet de Cochabamba, une Foire Internationale de l'Eau (préparant la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de notre mère la Terre) s'est tenue du 14 au 18 avril 2010.
Cette conférence a déclaré que le changement climatique est "le résultat d'un mode de production prédateur, destructeur et polluant, dont l'exploitation minière, pétrolière, gazière et du charbon à grande échelle, et les barrages qui visent à satisfaire des besoins de consommation d'énergie gaspilleurs, sont des exemples."
La conférence est allée plus loin en proposant entre autres une transition d'un modèle basé sur la prédation vers un modèle basé sur les principes de solidarité, justice, dignité et respect de la vie, réciprocité et équité.
Elle en a galement appelé à la révocation des "licences octroyées aux compagnies transnationales et tout particulièrement à l'arrêt des explotation minières, pétrolières et gazières et des plantations d'arbres en monoculture, et des entreprises agro-industrielles pratiquant l'agriculture et l'élevage intensifs. Toutes ces activities sont voraces en termes de consomation d'eau et aboutissent à la production de marchandises destinées à satisfaire un consumérisme croissant."
Renforcer le mouvement pour une justice écologique
Certains se demandent à quoi pourra aboutir le sommet des peuples, étant donné l'échec de la conférence sur le climat des Nations Unies à Copenhague. La plupart des participants ici voient en Cochabamba une occasion de renforcer un mouvement pour la justice écologique dont la naissance a été annoncée à voix haute en marge des lieux de réunions officiels à Copenhague.
Ce sommet illustre également le fait que les gouvernements devraient travailler avec les populations car, après tout, leur légitimité ne peut découler que du soutien de la population. Le Président Evo Morales de Bolivie démontre très clairement que gouverner, c'est s'engager avec des personnes réelles pour résoudre des problèmes réels, et que les gouvernements et leurs organes ne devraient pas avoir peur d'écouter ce que disent les gens.
Le campus universitaire de UNIVALLE sur lequel a lieu le sommet est couvert d'une mer de participants aux vêtements colorés, issus de toutes les parties du monde. Les costumes cravates des hommes d'affaire sont l'exception ici. Les gens se déplacent avec assurance, en toute dignité. Les rires résonnent sous les arbres et les montagnes de Tiquipaya constituent un excellent décor.
Les cendres volcaniques soufflées sur l'Europe ont peut-être empêché certains participants de se rendre à Cochabamba, mais ce seul fait démontre la puissance de la nature et le fait que, malgré le développement des connaissances, un tas de choses restent encore sous le contrôle de la nature. La sagesse veut que l'humanité respecte les droits de notre mère la Terre et vive avec elle dans des relations de coopération plutôt que de manipulation.
Le sommet s'ouvre demain.
Pour plus d' information
Pour lire notre communiqué de presse à propos du sommet
Pour consulter le site web officiel du sommet
Pour en savoir plus sur notre travail en matière de justice climatique
19/12/2009
COP 15 : un manque d'ambition
Pour Nnimmo Bassey, Président des Amis de la Terre International, les deux semaines de négociations sur le climat à Copenhague se résument à un accord conclu en coulisses et à l'émergence du Mouvement pour la Justice Climatique.
Jusqu'au début de la deuxième semaine de la COP15, l'entrée du Bella Centre spécifiquement réservée à la longue file des membres des ONG était occupée une foule nombreuse. Le froid s'installait, mais les personnes se pressaient pour entrer.
La scène était différente les deux derniers jours de la COP. Le chemin d'accès était désert et recouvert par un tapis de neige. L'accès sur les lieux de la conférence avait été refusé aux observateurs et les rares personnes admises ont dû patienter longuement pendant que les agents de la sécurité recherchaient leur nom sur la liste de ceux qui étaient encore autorisés à entrer.
A l'intérieur du lieu de la Conférence, l'espace le plus démocratique semble être le hall d'entrée où les délégués venaient s'enregistrer. L'attraction y était est constituée par le logo géant de la CCNUCC devant lequel chaque délégué se faisait prendre en photo, en souvenir de cette conférence qui restera celle des opportunités manquées.
A l'intérieur des salles de réunions, plus de choses se sont passées derrière des portes closes qu'en scéance plénière. La présidence danoise de la COP a passé plus de temps à dénoncer des fuites ou démentir des rumeurs à propos de textes secrets, plutôt que de consacrer ce temps précieux à négocier. Le parcours des négociateurs a été transformé en une course d'obstacles afin d'empêcher tout progrès réel.
Les bannières installées par la CCNUCC invitaient les gens à faire entendre leur voix à propos du changement climatique. Mais dans les rues, la police danoise à lutté pour faire taire les voix discordantes.
Des milliers de gens réclament la justice climatique
Si quellque chose de positif est sorti de cette conférence climat, c'est sans conteste le fait que le mouvement pour la justique climatique se renforce. Le 12 décembre 2009, plus de 100.000 citoyens du monde entier ont bravé le froid et parcouru plus de six kilomètres à travers les rues de Copenhague pour montrer leur désaccord avec les politiciens et les dirigeants qui se refusent à agir mais ne se privent pas de faire des déclarations à propos du changement climatique.
Les émissions seront-elles réduites? Le seront-elles à la source ou au travers d'actions menées ailleurs que dans le pays même? Qui va payer pour les mesures de réduction des émissions qui doivent être mises en oeuvre dans les pays en développement pauvres? Les nations qui subissent les effets du réchauffement affirment que le niveau de financement nécessaires pour contrer ceux-ci dépasse 400 milliards de $ par an. N'écoutant que leur courage, les pays riches ont offert 30 milliards de $ pour la période allant de 2010 à 2020. Qui monteront à 100 milliards de $ d'ici 2020, c'est à dire une véritable escroquerie.
Le Président brésilien Lula, parlant en plénière le dernier jour, s'est demandé si les négociateurs avaient besoin d'une révélation divine avant de pouvoir conclure un bon accord. Ses propos suggéraient leur manque de compréhension et d'intelligence. Est-ce réellement le cas ou s'agit-il plutôt d'une absence de volonté de s'engager sur un chemin véritablement ambitieux?
A prendre ou à laisser
Quand le Président Obama est entré en scène, il a estimé que le changement climatique fait courir un risque inacceptable à notre planète. Le monde doit agir courageusement face à cette menace. Il a déclaré être venu pour agir et non pour parler. Agir de quelle façon?
Obama a déclaré que les USA allaient changer leur façon de produire et consommer l'énergie, ce qui est un élément essentiel de leur sécurité nationale. En outre, ils vont s'attacher à réduire leur dépendance au pétrole importé. A la fin de la journée, toutes les déclarations du Président Obama se ramenaient à la défense des intérêts des USA, à prendre ou à laisser pour le reste du monde. Il n'a rien amené de nouveau sur la table.
Même sa promesse d'accorder des fonds pour la mitigation dans les pays pauvres, fut faite avec des propos ironiques à l'égard de ceux qui espèrent être aidés, mais ne doivent pas pour autant espérer échapper à l'exigence de responsabilité.
En parlant de responsabilité, qui est responsable des effets du changement climatique dans ces pays pauvres? L'engagement pris par le Président Lula de relever le défi au Brésil avec les moyens financiers du pays et sa promesse d'aider les pays pauvres dans leur effort pour prendre des mesures de mitigation apportaient un peu de lumière dans la noirceur de l'ensemble des négociations de Copenhague.
Au fil des versions successives de l'Accord de Copenhague, pour reprendre le discours du Président Obama, on a quitté la Conférence en se demandant ce qui restait de toutes les grandes déclarations en faveur d'un accord ambitieux. Si quelque chose a manqué dans cette conférence, c'est bien l'ambition.
Une catastrophe pour les pauvres
J'ai quitté le centre de conférence Bella à 1h45 du matin pour retrouver la chaleureux des activistes manifestant dans le froid en chantant pour la justice climatique, au pied du métro, dénonçant le manque de sérieux des négociations sur le climat. Ces manifestants auraient pu être en train de dormir bien au chaud dans leur lit, mais la plupart étaient des jeunes dont l'avenir est confisqué par la politique opportuniste de certains, et pour le confort et le profit de ceux qui spéculent sur le carbone.
Comme nous l'avons dit dans notre déclaration finale à l'issue des négociations, ce soi-disant accord est une catastrophe pour les pays pauvres. Une hausse de température de deux degrés Celsius représente un désastre assuré et la mort de millions de personnes dans les pays les plus vulnérables.
En marchant dans la neige, à chacun de mes pas résonnait cette question : combien de temps les dirigeants vont-ils ignorer les voix du peuple? Mais j'ai trouvé un grand réconfort dans la force des activistes des Amis de la Terre International, qui ont prouvé au monde que le moment est venu de grandir pour le mouvement en faveur de la justice climatique.
Félicitations, les amis. Passez de bonnes vacances et une année 2010 riche d'actions.
17/12/2009
Action: Condemn the bullies - support Africa
Rich countries at the UN climate talks are bullying developing countries into accepting less climate mitigation funds and weaker targets in emissions cuts. Show your support for them by taking action now!
15/12/2009
Monsanto wins the worst corporate lobbyist award
The winner of the Angry Mermaid Award 2009, announced by award-winning writer and journalist Naomi Klein at the UN climate talks in Copenhagen today is the biotech giant Monsanto with 37% of the total vote.
The agriculture giant Monsanto was nominated for promoting its genetically modified (GM) crops as a solution to climate change and pushing for its crops to be used as biofuels.
The expansion of GM soy in Latin America is contributing to major deforestation and greenhouse gas emissions. The Round Table on Responsible Soy (RTRS) of which Monsanto is a member, is helping to promote the company’s cause by allowing GM soy to be labeled as “responsible”. Monsanto also wants GM soy to be funded under the Clean Development Mechanism.
On presenting the award Naomi Klein talked about the influence of the corporate lobbyists in the in UN climate talks.
"In the Bella Center [the conference venue] you don't hear about the real solutions that are being talked about on the streets. They're not on the agenda. There aren't sessions about how to tax the windfall profits of the oil companies. We don't hear about the growing call to keep the tar sands in the land. It's always market based solutions" she said.
Why? "Because the politicians in at the conference are bought and paid for by big business" she concluded as she went on to announce the results.
Those results in full...
The company received 37% of the 10,000 plus votes cast. In second place with 18% was Royal Dutch Shell and in third place with 14%, the American Petroleum Institute.
In the words of the host "a cheer and a boo to you all."

