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05/12/2010

Les discussions sur les systèmes d’échange de carbone s’éternisent

by PhilLee — last modified 05/12/2010 21:20
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Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.

nnimmo bassey in cancunNnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.

 

Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, participe en tant qu’observateur à la Conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique de Cancun. Il nous livre un compte-rendu de la première semaine des négociations décrivant la persistance des états à rejeter le protocole de Kyoto, ainsi que la concoction d’un texte secret par les hôtes mexicains.

 

« Avec la ratification au protocole de Kyoto, la production d’émissions de gaz à effet de serre au-dessus d’un seuil déterminé peut entraîner des coûts non négligeables. Inversement, les émetteurs de gaz à effet de serre disposent d’une valeur potentielle s’ils parviennent à limiter ou à réduire leur production d’émissions. On peut donc dire qu’une nouvelle ressource, qui n’est autre que la réduction d’émissions, est apparue sur le marché. Le dioxyde de carbone (CO2) étant le principal gaz à effet de serre, on en parle comme une ressource commerciale. Le carbone est désormais recherché et vendu comme n’importe quelle autre matière première. »

 

La citation ci-dessus provient d’une publication de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) traitant des mécanismes du protocole de Kyoto. La publication porte sur le commerce de droits d’émissions, le mécanisme de développement propre et la mise en œuvre conjointe, qui sont tous les trois des mécanismes basés sur le marché permettant ostensiblement d’aider le secteur privé et les pays en développement dans leurs objectifs de réduction d’émissions.

 

Une réflexion sur le concept-cadre du protocole permet de conclure qu’il serait insensé de prolonger la période d’engagement de ce dernier. Avec un groupe de décisionnaires résolus à inventer de nouvelles politiques garantissant la continuité de leurs activités commerciales et à adopter une politique de l’autruche vis-à-vis du changement climatique, le monde a toutefois l’air d’être coincé dans une impasse. Le protocole de Kyoto reste actuellement le seul traité climatique comportant des engagements juridiquement contraignants pour ses signataires et par conséquent de nombreuses personnes le considèrent comme la meilleure alternative possible.

 

Certains disent du protocole de Kyoto qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, d’autres pensent de ce dernier qu’il n’est rien d’autre qu’une illusion à laquelle on se raccroche désespérément. A vous de juger !

 

La première semaine de la conférence climatique de Cancun s’est achevée sur une mauvaise note et ne présage rien de bon. Le premier lot de mauvaises nouvelles fut apporté par le Japon et son refus à signer une seconde période d’engagement pour le protocole de Kyoto. Il ne faut cependant pas oublier que même si les termes signer et engagement paraissent contraignants, les engagements pris pendant la première période du protocole ressemblaient déjà à des promesses destinées à être bafouées. Rien n’a jamais été réellement inscrit dans la pierre.

 

L’enterrement de Kyoto

cancun: intervention by domingo

Pourquoi la fin de Kyoto créé-t-elle la panique parmi la population ? Peut-être serait-ce parce que le Japon a enfin compris ce que les Etats-Unis avaient déjà compris longtemps auparavant ?  Pour cela, il nous faut remonter en 1997, à la naissance de Kyoto.

 

Lors des négociations du protocole, les Etats-Unis, représentés par Al Gore, auraient formulé une proposition pour le moins dérangeante, à savoir gérer les réductions d’émissions de carbone dans un cadre de marchés du carbone. En réduisant le carbone ou les émissions à l’état de matière première ou de ressource, cette proposition a eu comme avantage de créer de nouvelles techniques innovantes destinées à réduire les émissions. Les Etats-unis auraient-ils signés le protocole une obtenu ce qu’ils souhaitaient ? Non. Ils se sont élégamment défilés devant leurs responsabilités. Nous nous trouvons maintenant dans une impasse, submergés par les problèmes et nous dirigeant dangereusement vers une catastrophe climatique. Les Etats-Unis se sont tout simplement détournés du protocole après avoir placé le monde dans l’engrenage des marchés du carbone. Le Japon pourrait en faire de même, le Canada aussi, sans oublier l’Australie.

 

L’Union européenne, quant à elle, se dit prête à envisager toute option. La voie de la sagesse… L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté, surtout lorsqu’on parle de commerce de carbone.

 

Le modèle de marché du carbone a créé, entre autres, le dit mécanisme de développement propre. Durant la conférence de Bali, une autre pièce fut ajoutée au plateau : le REDD. Sans se faire attendre, d’autres propositions pour un REDD-Plus et un REDD-Plus Plus ont suivi et qui sait ce qui se trouve encore en réserve dans les placards. L’idée globale de ces mécanismes consiste à trouver des procédés pour quantifier et évaluer le carbone peu importe où il se trouve. Jusqu'à présent, les teneurs en carbone des arbres sont évaluées par le REDD.

 

On voit toute sorte de progrès ou de régression en matière de réserves de carbone fossile permettant aux états sans ressources forestières, mais disposant de terres, de quand-même faire partie du système et d’engranger des dollars pour le carbone se trouvant sous leurs pieds. Les états dépourvus de forêts ou de terres pourront toujours compter sur le carbone se trouvant dans leurs eaux. Ceux qui n’ont ni eaux, ni terres, ni forêts, pourront probablement profiter de l’air au-dessus de leur tête. Plus l’espace atmosphérique vous entourant est important, plus vous avez de chance de faire la différence dans l’équation du carbone. Qui sait ?

 

Il est indéniable que certaines populations seront privées de toutes ces ressources naturelles (eaux, forêts, terres, air) dans le futur. Ceci se produira le jour où tout élément naturel aura été privatisé. Croyez-moi. Dans ce cas, le monde entier sera amené à utiliser les services du marché du carbone ou à prouver que leur gouvernement contient un stock de carbone suffisant. 


cancun mobilization

Texte mexicain, rumeur ?

A l’approche de la deuxième semaine, les rumeurs concernant la préparation d’un texte afin de sortir la conférence de l’impasse par le président mexicain de la Conférence des Parties ne cessent de circuler. Une pareille méthode avait d’ailleurs été utilisée pendant la COP15 de Copenhague en 2009. Si la rumeur s’avère justifiée, le texte prendra vie pendant le week-end d’arrivée des ministres et leur donnera bien du fil à retordre.

 

Dans une déclaration anticipant une telle décision, les défenseurs de la société civile, parmi lesquels les Amis de la Terre International et le Réseau du Tiers-monde, ont exigé des représentants qu’ils rejettent catégoriquement toute introduction d’un tel texte pendant la conférence.

 

Cette demande de leur part est légitime, car le texte chercherait à substituer  « les objectifs obligatoires d’émissions mondiaux censés être négociés sous le protocole de Kyoto par des pactes non contraignants de l’Accord, ce qui pourrait, d’après une analyse de l’ONU publiée le 23 novembre, avoir un effet dévastateur sur la planète d’ici la fin du siècle, augmentant notamment sa température de 5°C.

 

Les décisionnaires politiques se comportent comme s’ils ne vivaient pas sur cette planète, alors qu’on le sait, une augmentation de la température de cette magnitude décimerait la population mondiale et ce, peu importe les programmes d’atténuation et d’adaptation mis en œuvre.

 

Cette semaine ne se résume pas uniquement à de belles paroles. Vendredi, le temps était à l’action. Des groupes menés par Jubilee South ont manifesté dans les rues de Cancun, effectuant une marche depuis la mairie jusqu'au centre commercial. Le but de cette action consistait à rejeter le rôle de « banque climatique » joué par la banque mondiale. Pourquoi ? Tout simplement parce que, selon eux, la banque est connue pour ses financements de projets ayant trait aux carburants fossiles et son implication dans le chaos climatique ne fait aucun doute.

 

La dernière semaine de la Conférence des parties apportera t-elle des perspectives plus brillantes? L’avenir nous le dira.

 

 

Photo credits: Sheila Menon

01/12/2010

Cancun débarque à Bruxelles

by PhilLee — last modified 01/12/2010 14:55
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Cette année, les négociations des Nations Unies sur le climat ont beau se dérouler de l’autre côté de la planète, cela ne signifie pas pour autant qu’elles échappent à l’attention des Européens. Francesca Gater, des Amis de la Terre Europe, blogue sur les événements qu’elle a suivis près de chez nous.

cancun in brussels - 4

Au cours du week-end, Les Amis de la Terre a pris part à de nombreux événements qui ont amené Cancun au cœur de Bruxelles et recréé l’esprit du mouvement pour la justice climatique auquel nous avions participé avec enthousiasme à Copenhague. Pour ceux d’entre nous qui n’allaient pas faire le voyage jusqu’au Mexique, la chance nous était donnée de retrouver des activistes et des alliés de l’Europe entière et de faire entendre notre solidarité avec nos collègues en lutte pour une issue équitable à Cancun. 

 

Le coup d’envoi du week-end a été donné vendredi, lorsque la masse critique habituelle de Bruxelles a pris une dimension internationale. Plus de 120 cyclistes, et parmi eux un groupe de samba, ont fait la tournée des institutions européennes, scandant le message « le changement du système, pas le changement du climat» à l’attention des négociateurs européens en route pour la COP16. 

 

L’Assemblée européenne pour la justice climatique, samedi, a rassemblé des activistes d’Europe et d’ailleurs, pour discuter, débattre, apprendre, partager, planifier… et déguster de fabuleux produits locaux. Plus de 150 d’entre nous ont débattu de questions pertinentes, telles que « le capitalisme vert existe-t-il ? », « comment remettre en question le système déséquilibré de la nourriture et de l’agriculture ? », « quels sont les coûts sociaux et environnementaux de l’expansion de marchés du carbone ? » ou encore « comment changer nos modèles de production et de consommation pour assurer à tous un accès aux besoins de base » ? L’exploration de ces questions stimulantes en compagnie de participants de toute l’Europe a été une expérience passionnante. 

 

 

cancun in brussels - 1Nous avons eu la chance d’être rejoints par des conférenciers internationaux d’exception. Evguenia Tchirikova, de Russie, a détaillé à l’assemblée le combat pour défendre la forêt Khimki en bordure de Moscou, dont elle est le fer de lance. Les autorités russes tentent d’abattre cette forêt pour faire place à une autoroute et des magasins. Les manifestations ont été violemment réprimées. Son récit nous a fait prendre conscience des dimensions mondiales et locales des combats écologiques. La forêt Khimki est emblématique à elle seule des milliers de forêts, de lacs et autres ressources naturelles en Russie et à travers le monde et de ceux qui essaient de tirer profit de leur destruction. 

 

Originaire du Pakistan, Qalandar Bux Memon a partagé son expérience des inondations dévastatrices de cette année qui ont laissé un cinquième du pays sous l’eau et 10 millions de personnes sans habitation. Les précipitations sans précédent ont constitué le facteur prédominant, mais elles ont été exacerbées par l’effet climatique de la fonte des glaciers, de la déforestation et de la destruction des palétuviers. Nous avons entendu à quel point les désastres écologiques touchent violemment les plus pauvres. « Le changement climatique n’est pas le problème de demain, nous faisons d’ores et déjà l’expérience de la catastrophe », a expliqué Qalander, dans un message d’autant plus poignant qu’il provient d’un témoin direct des impacts du changement climatique.  


cancun in brussels - 3

Chantons pour le climat

Après une journée intense et motivante, j’ai fait l’erreur de me rendre au marché de Noël de Bruxelles pour prendre un verre. Tous les chauffages d’extérieur et les gobelets jetables m’ont rappelé l’étendue du défi à relever et m’ont laissée avec un sentiment d’impuissance. 

 

La marche pour le climat organisée le lendemain par la Coalition belge pour le climat allait changer la donne. Evguenia, Qualander et moi-même avons rejoint environ 4 000 personnes dans les rues de Bruxelles pour un rassemblement en vue de « chanter pour le climat ». Loin de nous l’idée de faire mieux que les Beatles, mais notre version de « Jude » ne manquait pas de sentiment. Pour l’occasion, les paroles avaient été modifiées : « Notre terre, n’est pas à vendre, Nous ferons ce qu’il faudra, pour sauver le climat ». La Belgique est actuellement à la tête de la présidence tournante de l’Union européenne et représente donc l’Europe à Cancun. La chanson appelait ses négociateurs à œuvrer dans le sens de la justice climatique lors des pourparlers. Ce n’était pas le spectacle de « L’inondation pour la Justice climatique » organisé par Les Amis de la Terre l’an dernier, mais retrouver l’énergie qui était la nôtre à Copenhague et ressentir de nouveau l’appartenance à un mouvement international en pleine expansion était exaltant. Car le message n’a pas changé : les négociateurs aux pourparlers sur le climat doivent obtenir la justice climatique, un point c’est tout. On avait le sentiment, en amenant Cancun à Bruxelles, que tout un tas de choses s’étaient déjà passées, avant même que les négociations n’aient commencé ! Nous disposons maintenant de deux semaines entières d’activités. La Convergence de la Jeunesse européenne pour la Justice climatique, organisée par les Jeunes Amis de la Terre Europe, ne fait que commencer. Elle déroulera un programme journalier d’ateliers, de débats, d’échanges de compétences, d’actions et de projections de films en parallèle aux négociations, qui prouveront qu’il n’est pas besoin d’être au Mexique pour suivre les pourparlers, pour apprendre, pour agir et exiger la justice climatique.

30/11/2010

Dans le cocon de Cancun

by PhilLee — last modified 30/11/2010 12:02

Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre International, suit les négociations sur le climat des Nations Unies à Cancun. Il entreprend ici un état des lieux en exposant brièvement ce que nous pouvons en attendre. Le pronostic n’est pas engageant, mais il y aura suffisamment de mobilisations et de surveillance de la part des sociétés civiles pour rappeler aux délégués que seul un accord équitable fera l’affaire.

un climate talks cancun entrance

Il aura fallu deux heures au pas sur une autoroute encombrée de voitures, de bus et de camions en route pour le Cancunmesse, un centre où les délégués sont contrôlés, avant un trajet en bac d’une vingtaine de minutes supplémentaires jusqu’au Moon Palace, le lieu des négociations. 

Pour ceux qui ont visité  la ville, ce lieu est plutôt isolé du centre, ce qui pourrait bien être la raison même de son choix. Le trajet est bordé de policiers armés, dont certains sur des véhicules surmontés de mitraillettes. On en retient une image de matraquage sécuritaire.  


En accueillant les délégués  à la Conférence des Parties (COP) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), le président mexicain Felipe de Jesus Calderon Hinojosa a déclaré que le monde doit se lancer dans la poursuite du « développement vert » et d’une « économie verte » sur la voie du développement durable. 


Le président a également déclaré que certaines des étapes à suivre pour atteindre cet idéal incluent le progrès des négociations sur la Réduction des émissions dues au déboisement dans les pays en développement (REDD) ainsi que le développement des technologies visant à réduire les émissions de CO2. Autre point clé abordé : le financement du développement durable doit commencer par le soutien des pays les plus pauvres et les plus fragiles. 

 

De belles paroles, en somme. Mais également des idées très controversées. Des groupes autochtones, des peuples dépendant des forêts ainsi que des mouvements sociaux de masse à travers le monde tirent la sonnette d’alarme sur le cas de REDD. L’idée de quadriller le développement de l’aide financière pour les pays les plus pauvres et les plus fragiles est également perçue par ses détracteurs comme le moyen de diviser ces mêmes nations et de les rendre manœuvrables aux suggestions et décisions qui peuvent s’avérer contraires à leurs intérêts. 

Un autre Copenhague ?

Avant même l’ouverture de la conférence de Cancun sévissait l’inquiétude que des initiatives soient déjà en cours pour truquer le résultat, comme ce fut le cas à Copenhague en 2009. Une interrogation touche un texte en négociation qui émane de la présidence d’un des groupes de travail par le biais d’un processus non transparent. Une autre inquiétude concerne la décision du président mexicain de sélectionner les chefs d’Etat invités à la conférence. La liste n’est pas disponible mais il est d’ores et déjà évident que certains des présidents n’y figurant pas ont l’intention de participer à la conférence de Cancun. 

 

La conférence de Copenhague a baigné dans un brouillard de doutes et d’actions perçues comme non démocratiques. Lors de cette réunion, de nombreuses délégations de pays en développement et de nations fragiles ont cru que des ébauches du document final circulaient au sein de cercles privilégiés à l’écart des méthodes courantes de négociations en salle de conférence. 

De nombreux délégués  à Cancun espèrent que la conférence choisira le chemin de la transparence. Copenhague a assisté à un flot constant de fuites de documents soi-disant préparés par le président de la COP. A Cancun, on s’inquiète déjà d’un projet de texte préparé par la présidente du groupe de travail ad hoc sur l’action de coopération sur le long terme (LCA) sans mandat en bonne et due forme du groupe de travail. L’autre groupe de travail majeur à la COP planche sur le protocole de Kyoto et un autre texte est attendu de la part du président de ce groupe, avec la possibilité que ce dernier ne dispose pas non plus de mandat. 

 

 

asad rehman cancunL’accord de Copenhague et celui des peuples

L’année qui s’écoule entre les conférences est passée en négociations et préparations techniques pendant lesquelles les délégations examinent les textes préparés par les présidents des groupes de travail sur la base des soumissions faites par les délégations ou les membres. 

Le document produit par la présidente de la LCA semble s’éloigner très sensiblement de ce que les délégués anticipaient à l’issue des négociations et du travail fourni depuis Copenhague. Le document débattu par les délégués est soi-disant basé sur « l’accord de Copenhague », lequel ne constituait pas un accord à la fin de la COP15 aux yeux de certains délégués, mais simplement une note prise par cette conférence. La question est de savoir pourquoi un tel document est maintenant légitimé et devient la base de négociations sérieuses devant donner lieu à un accord ambitieux et juste à l’issue de la conférence de Cancun. 


Après que la conférence de Copenhague s’est terminée sans un accord, le gouvernement de la Bolivie a accueilli la toute première Conférence mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre Mère à Cochabamba en avril 2010. Le résultat de cette conférence a été l’Accord des Peuples que le gouvernement de la Bolivie structura ensuite en une soumission officielle à la CCNUCC ainsi qu’au secrétaire général des Nations Unies. 

 

La ligne de faille essentielle entre ceux qui suivent le chemin fabriqué par l’accord de Copenhague et ceux qui ne l’acceptent pas comme la voie vers un accord équitable qui reconnaît le principe de responsabilités communes mais différentiées est de taille, et la résolution a des conséquences graves pour l’avenir de notre planète et les espèces qui l’habitent, y compris l’être humain. 

 

Faibles cibles et petite monnaie

L’ébauche de texte mise en circulation par la présidente de la LCA met en avant l’ambition d’atteindre une augmentation totale de la température mondiale de 2°C par opposition aux propositions faites par un grand nombre de délégations pour une cible entre 1° et 1,5°C d’augmentation de température au-delà des niveaux préindustriels. Une augmentation de 2°C  se traduirait par une modification catastrophique de certaines parties du globe, l’Afrique étant particulièrement vulnérable en la matière. 


Le texte en question ignorait également la demande formulée par des nations fragiles ; pour assurer un transfert urgent et solide des technologies dans une optique d’atténuation et d’adaptation, de tels transferts ne doivent pas être régis par des régimes subsistants de droits de propriété intellectuelle. 


Autre point noir du texte : l’engagement financier proposé n’est pas à la hauteur des ambitions nécessaires pour combattre la crise climatique et s’avère encore moins sérieux que ce qui fut suggéré par le soi-disant accord de Copenhague. 

 

Une coalition de groupes de sociétés civiles s’est plaint du texte de la présidente de la LCA et a exprimé ses inquiétudes sur « les négociations du protocole de Kyoto, dont le président souhaite proposer son propre texte qui repoussera l’adoption des cibles contraignantes de réduction d’émissions par les pays développés à Cancun, court le risque d’élargir les niches comptables et remplace un système contraignant par une approche volontaire basée sur une promesse reflétée par l’accord de Copenhague. » 

 

meena raman cancun

Gardons espoir

La dernière présidente de la COP a précisé dans sa déclaration finale que la conférence doit avancer de manière à prouver que Cancun peut obtenir de bons résultats pour combattre le changement climatique. 


La Papouasie-Nouvelle-Guinée a suggéré lors d’une première déclaration à la conférence qu’en l’absence de consensus, les décisions doivent être prises par un vote. Le pays a pris comme exemple le rejet de l’accord de Copenhague lors de la COP15 et la signature ultérieure de 140 pays. L’opinion des délégués est qu’une petite minorité d’Etats a pris les autres en otage. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a promis la coopération et la raison au sein de la COP. La proposition de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a aussitôt été refusée par la Bolivie, l’Inde et l’Arabie saoudite, pour ne citer qu’eux.

Ces pays ont insisté sur le fait que le maintien du consensus permettait de prendre des décisions. 


Outre l’interminable route pour se rendre à la COP et le fait que les lieux des événements annexes ainsi que les espaces de mobilisation et des sociétés civiles pouvaient impliquer une journée entière de déplacement, d’aucuns espèrent que les débats seront solides. C’est l’une des trois raisons qui rendront le cocon de Cancun supportable. La deuxième est la formidable camaraderie transmise par la troupe des Amis de la Terre. La troisième étant que le premier jour d’une conférence qui en compte quinze n’est pas le bon jour pour perdre tout espoir.

07/07/2010

Le rapport Climategate blanchit les scientifiques

by PhilLee — last modified 07/07/2010 17:17

La récation des Amis de la Terre Angleterre, Galles et Irlande du Nord à l'annonce que les scientifiques accusés d'avoir falsifié des données sur le climat ont été blanchis de tout soupçon.

Commentant la présentatiuon du rapport de Sir Muir Russell, au sujet des fuites d'e-mails de l'Unité de Recherche sur le Climat de l'Université d'East Anglia, le directeur des Amis de la Terre Andy Atkins a déclaré:

 

"En confirmant l'intégrité des climatologues, ce rapport démontre que nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer les avertissements des scientifiques sur les risques que le changement climatique nous fait courrir.

 

 "L'immense majorité des climatologues s'accordent pour dire qu'un changement climatique d'origine humaine est en cours – si neuf pilotes sur dix dans un avion déclaraient qu'ils pensent que celui-ci court le risque de s'écraser, personne ne serait assez fou pour voler à son bord." 

 

"Réduire notre dépendance toujours plus grande aux carburants fossiles, investir dans l'énergie verte et faire la chasse aux gaspillages d'énergie peut aussi booster l'économie tout en renforçant notre sécurité énergétique, en créant de nouveaux emplois et des opportunités pour le monde des entreprises." 

 

"Il est temps de regarder au travers de l'écran de fumée que constitue le climato-scepticisme et de s'attaquer à la tâche urgente de bâtir un avenir propre, sûr et sobre en carbone."

Détention illégale d'activistes et expulsion sans aucun motif d'accusation

by PhilLee — last modified 07/07/2010 11:11

Les Amis de la Terre International se déclarent choqués par le harcèlement policier subi par un groupe international de 15 activistes écologistes. Ceux-ci ont été arrêtés et détenus pendant plus de 24 heures, après la dispersion par la police indonésienne d'une conférence de presse pacifiste. Ils sont à présent sains et saufs et sur le chemin du retour vers leur pays d'origine.

Jean Marie Ferraris

Dans une interview, Judith Pasimio, la directrice des Amis de la Terre Philippines (LRC-KsK) a expliqué qu'en date du 5 juillet, Jean Marie M. Ferraris, directrice du bureau de Davao de LRC-KsK’s Davao, ainsi que 14 autres activistes du mouvement vert étaient en train de donner une conférence de presse sur les impacts nocifs des centrales électriques au charbon, quand une centaine de policiers indonésiens ont fait irruption et arrêté les militants.

 

"Ce fait choquant ne fait qu'illustrer ce qui apparaît comme une collusion entre le gouvernement indonésien et la compagnie Cirebon Elektrik, Ltd. Nous dénonçons la violence avec laquelle la police a interrompu une pratique pacifiste et légitime de défense des droits de l'environnement et des personnes" a déclaré Mme Pasimio.

 

"Jean s'est rendu en Indonésie pour y partager l'expérience des Philippines concernant les impacts mortels du charbon et les enseignements retirés de nos campagnes précédentes sur ce sujet, en particulier à Maasim, Saranggani. Elle a pris toute cette épreuve avec humour.

 

"Nous maintenons notre position selon laquelle le gouvernement indonésien devrait se justifier de cette violation du droit des personnes de se réunir pacifiquement et de rechercher de réelles solutions à la détérioration de notre environnement et à l'utilisation rationnelle des ressources naturelles, dans l'intérêt du pays et pas pour le profit des entreprises” a poursuivi Mme Pasimo.

 

Les membres de la délégation affirment que des représentant de la centrale au charbon de Cirebon Elektrik, Ltd accompagnaient les 100 policiers indonésiens qui les ont arrêtés.

 

LRC-KsK a fait appel par email au Président Benigno Simeon C. Aquino III pour qu'il intervienne immédiatement et demande une explication au gouvernement indonésien.

 

« L'administration du nouveau Président Aquino doit envoyer un message ferme à la communauté internationale comme quoi elle s'engage à protéger nos concitoyens des abus commis en territoire étranger, même si c'est par un gouvernement étranger » déclarait le message.

Les circonstances de cet incident

 

Dans un e-mail, mardi soir, Amalie Conchelle C. Hamoy-Obusan, l'un des membres du réseau de la campagne anti-charbon détenus, declarait qu'avec d'autres militants de Greenpeace et de communautés en Chine, Indonésie, Thaïlande et Inde, elle avait été arrêtée autour de 14:00 lundi et gardée en détention plus de 24 heures.

 

"Nous nous trouvions dans le village simplement pour apporter un soutien et recueillir l'expérience de nos frères et soeurs qui sont confrontés aux mêmes difficultés que ceux de nos compatriotes qui vivent au voisinage de centrales électriques au charbon", déclare Mme Hamoy-Obusan dans son mail.

 

Elle affirme qu'au poste de police de Cirebon, on les a accusé « d'irrégularités en matière de visa » et d' implication dans « des activités créant de l'instabilité."

 

"L'interrogatoire a duré toute la nuit et nous avons peu dormi" ajoute Mme Hamoy-Obusan.

 

L'une des clauses des accords unilatéraux entre les Etats-Membres de l'Association of Southeast Asian Nations (ASEAN) stipule qu'aucun visa n'est requis pour un citoyen de n'importe quel état qui se rend dans un pays de l'ASEAN pour un séjour de moins d'une semaine.

 

Photo: Jean Marie M. Ferraris courtesy of indigenouspeoplesissues.com/

03/06/2010

Déclaration de solidarité des Amis de la Terre Asie Pacifique avec la flottille de Gaza

by PhilLee — last modified 03/06/2010 10:13

Justice pour les victimes de la flottille de libération de Gaza et la population de Gaza – mettons fin aux attaques d'Israël maintenant!

Les femmes, les enfants et les hommes des Amis de la Terre Asie Pacifique sont choqués par l'attaque israéliene sur la flottille 'Free Gaza' et par les continuelles injustices envers la population de Gaza. Les troupes d'élites de la marine israélienne se sont attaquées à des navires sur lesquels se trouvaient des civils, en ont tué 19 selon les rapports et ont fait des dizaines de blessés. Cette attaque commise dans les eaux internationales est un acte de piraterie. C'est la dernière étape dans une escalade de violence et de répression envers ceux qui se dressent contre les crimes d'Israël. Israël est décidé à faire taire, par la mort ou l'emprisonnement, ceux qui sont déterminés à parler.

 

L'attaque d'Israël a été très bien préparée et selon les média israéliens, l'establishment politique avait calculé que l'impact médiatique négatif importait moins que le fait de maintenir la population de Gaza à l'écart du monde et de l'aide humanitaire.

 

Comme si il ne suffisait pas de massacrer la population palestinienne, la solidarité internationale reçoit désormais un mauvais accueil en Israël. Ceux qui disent la vérité, ceux qui défient la dictature des lois racistes et coloniales d'Israël sont devenus une menace pour l'apartheid israélien. De façon ironique, cette attaque met en évidence la force de ceux qui sont déterminés à résister à la puissance et à l'injustice.

 

Les souffrances de la population de Gaza doivent cesser dès à présent! Il est temps de mettre un terme à l'apartheud perpétué par Israël, au colonialisme et à l'agression!

 

Des centaines d'activistes autour de la région Asie Pacifique et dans le monde ont exprimé leur opposition à ce raid et au blocus – en se joignant à des manifestations partout dans le monde. Les Amis de la Terre Asie Pacifiique demandent à tous les activistes dans le monde de s'unir dans la solidarité et d'organiser des manifestations et des veillées en souvenir de ceux qui ont été tués sur les bateaux.

 

Les Amis de la Terre Asie Pacifique font appel aux groupes de solidarité internationale pour qu'ils travaillent avec encore plus de détermination à construire un mouvement fort et efficace de boycotts et de sanctions jusqu'à ce qu'Israël respecte les droits de l'homme et les lois internationales et que la justice règne en Palestine.

 

Les Amis de la Terre Asie Pacifique réclament des Nations Unies, de la Commission Européenne et des Etats-Unis d'Amérique:

 

  • la suspension des accords commerciaux avec l'état d'Israël,
  • la condamnation de cette violation du droit international;
  • une aide humanitaire pour les participants à la flottille et des actions pou lever le blocus de Gaza,
  • la mise en place de manière urgente d'une commission d'enquête internationale indépendante sur cette attaque

 

Certes, les victimes à bord de la flottille Free Gaza ne reviendront pas, mais avec des actions concertées, nous pouvons faire une différence, demander justice pour les victimes et nous tenir aux côtés de nos frères et soeurs de Gaza.

 

Pour plus d'information

Ecoutez les témoignages de personnes qui avaient pris part à la flottille sur  Radio Monde Réel

11/05/2010

Des observateurs des droits de l'homme tués au mexique

by PhilLee — last modified 11/05/2010 12:29
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Les Amis de la Terre International sont tristes et choqués de vous faire part du meurtre de deux observateurs des droits de l'homme au Mexique le mois dernier.

Le 27 avril, l'activiste Betty Cariño, militant pour la défense des droits de l'homme, et l'observateur international finlandais Tyri Antero Jaakkola ont été tués par des paramilitaires armés alors qu'ils participaient à une mission humanitaire pour amener des vivres et des médicaments à la Communauté Autonome de Triqui à San Juan Copala, Oaxaca. La communauté est privée d'électricité, d'eau, de soins médicaux et de provisions de base par un blocus soutenu des paramilitaires.

 

La mission humanitaire était composée d'activistes militant pour la défense des droits de l'homme et de journalistes, mexicains et européens. Bien que la présence de la mission soit connue des autorités, elle est tombée dans une embuscade tendue par un groupe paramilitaire et deux des observateurs ont été tués.  

 

Chacune des deux victimes était largement connue et respectée dans son domaine d'expertise et avait également travaillé en étroite collaboration avec les groupes membres des Amis de la Terre.

 

Betty Cariño était connue de plusieurs groupes des Amis de la Terre pour son travail avec l'équipe de coordination nationale du Réseau mexicain des populations victimes de l'exploitation minière (REMA) et le Centre pour le soutien au rassemblement des communautés (CACTUS)

 

Jyri Jaakkola étaut impliqué dans plusieurs associations finlandaises qui travaillent à créer des relations Nord-Sud sur une base d'égalité et écologiquement durable. Il a collaboré avec les Amis de la Terre Finlande à plusieurs reprises.

 

Les groupes écologistes et de défense des droits de l'homme au travail dans la région reprochent au Gouverneur de l'Oaxaca d'avoir ignoré la situation critique de la Communauté de Triqui et autorisé les paramilitaires à agir en toute impunité, alors que les autorités détournaient les yeux.

 

Les meurtres des défenseurs des droits et ressources des indigènes sont monnaie courante dans la région de Triqui. Des dizaines de personnes ont été assassinées, parmi lesquelles deux femmes de la station de radio de la communauté de San Juan Copala en 2008.

 

Depuis des générations, les communautés Triqui sont prises dans un cycle de violence, alimenté par l'appropriation de terres et la répression. En conséquence, en 2007, le village de San Juan Copala s'est désolidarisé d'un gouvernement incapable de protéger sa population et s'est auto-proclamé communauté autonome. En réponse, la répression exercée par le gouvernement et les paramilitaires s'est encore accrue.

 

Les Amis de la Terre International s'inquiètent de plus en plus de la criminalisation des mouvements de solidarité à travers le monde et veulent continuer à dénoncer la lâcheté de ces agissements. Nous vous invitons à vous joindre à nous.

20/04/2010

Ouverture du Sommet des Peuples du Monde sur le Changement Climatique à Cochabamba

by PhilLee — last modified 20/04/2010 10:47

Une équipe de militants de la campagne Justice Climatique des Amis de la Terre se trouve à Cochabamba, en Bolivie, pour le sommet historique des peuples sur le changement climatique. Nnimmo Bassey, Président des Amis de la Terre International est aussi là-bas et a consigné ce qui suit sur son blog.

Après le résultat catastrophique des négociations des Nations Unies sur le climat à Copenhague en déccembre 2009, une bouffée d'air frais nous arrive avec le rassemblement de personnes issues de tous les coins du monde, pour le premier sommet mondial sur le changement climatique jamais initié par un gouvernement, en collaboration avec des mouvements sociaux, des populations indigènes et d'autres acteurs de la société civile.

Une assemblée de gouvernements et de peuples

Quand le président bolivien, Evo Morales, a annoncé un rassemblement mondial en Bolivie en vue d'une discussion approfondie et exhaustive sur cette question vitale de notre époque, nombreux sont sans doute ceux qui se sont dit que cette idée n'était rien d'autre qu'un château en Espagne. A la grande joie de beaucoup, et à la consternaton de certains, le sommet a bien lieu comme prévu.

Le sommet a attiré pas moins de 17.000 participants et les acticités ont commencé aujourd'hui avec la mise en place de groupes de travail et une assemblée des peuples animée par La Via Campesina, le plus important des mouvements d'agriculture paysanne, et les Amis de la Terre International.

Ce sommet contraste fortement avec celui de Copenhague, et ce de plusieurs manières. Premièrement, c'est une assemblée réunissant les gouvernements et les populations. A Copenhague, on n'a pas ménagé les efforts pour maintenir la société civile à l'écart de la conférence. La conférence de Copenhague a été marquée par l'exclusion de la société civile, des arrestations d'activistes concernés par le climat et des actes de brutalité dirigés contre des manifestants non-violents dans les rues.

A Cochabamba les agents de police sont là pour aider et portent même des badges indiquant qu'ils sont aussi des participants. Là où Copenhague faisait montre de mépris pour les voix des populations, à Cochabamba elles sont l'essence même de la rencontre. Cela dit, nous devons admettre qu'il y a des similitudes entre ces deux villes: leur nom commence par la lettre "c" et comporte dix lettres.

Les participants partagent généralement l'opinion selon laquelle ce sommet est une bonne occasion de faire toute la lumière tant sur les fausses solutions que sur les véritables réponses au changement climatique, ainsi que de poser clairement la revendication de justice climatique. C'est un pas vers la construction d'un mouvement mondial pour une justice écologique, qui ne s'arrêtera plus.

 

Déclaration des droits de notre mère la Terre

Le sommet s'organise autour de dix-sept groupes de travail et a pour objectif d'étudier les causes structurelles du changement climatique, ainsi que de discuter et parvenir à un accord sur la nécessité d'une Déclaration Universelle des Droits de notre mère la Terre.

Parmi les différents groupes de travail autour desquels s'organise le sommet, certains travaillent sur un tribunal de justice climatique, sur les dangers du marché du carbone, les migrants climatiques et les transferts de technologies, entre autres. Le sommet travaille aussi sur l'organisation d'un Référendum Mondial des Populations sur le Changement Climatique.

Ce sommet ne sera pas exempt de controverses. Par exemple, un groupe d'Européens grincheux sont présents à Cochabamba pour vendre les concepts de la géo-ingénierie comme solution au changement climatique. Beaucoup de groupes sont déjà en train de batailler contre l'idée d'utiliser les techniques proposéees par les géo-ingénieurs. Parmi eux, certains disent que manipuler la nature peut avoir des conséquences imprévues, en plus de laisser des intérêts privés non régulés s'approprier des espaces communs, d'accentuer le pillage et l'accès injuste aux ressources et de faire courir des risques aux gens.

Certaines solutions proposées par la géo-ingénierie consistent à créer des nuages artificiels pour bloquer le rayonnement solaire et par là refroidir le climat, ou à ensemencer les océans avec des “polluants” pour augmenter leur capacité de capter et stocker le carbone.

Un autre point chaud concerne REDD (la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts). Alors que certains groupes pensent que REDD peut être bénéfique pour les communautés, Le Réseau Ecologique Indigène (Indigenous Environmental Network), Oilwatch, The Corner House, le Transnational Institute et d'autres ONG sont convaincues que la véritable traduction de REDD n'est autre que "engranger du profit par l'éviction (des communautés), l'appropriation des terres, la déforestation et la destuction de la biodiversité". Ils pensent aussi que REDD offre aux entreprises qui polluent une possibilité de continuer à polluer.

En préalable au sommet de Cochabamba, une Foire Internationale de l'Eau (préparant la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de notre mère la Terre) s'est tenue du 14 au 18 avril 2010.

Cette conférence a déclaré que le changement climatique est "le résultat d'un mode de production prédateur, destructeur et polluant, dont l'exploitation minière, pétrolière, gazière et du charbon à grande échelle, et les barrages qui visent à satisfaire des besoins de consommation d'énergie gaspilleurs, sont des exemples."

La conférence est allée plus loin en proposant entre autres une transition d'un modèle basé sur la prédation vers un modèle basé sur les principes de solidarité, justice, dignité et respect de la vie, réciprocité et équité.

Elle en a galement appelé à la révocation des "licences octroyées aux compagnies transnationales et tout particulièrement à l'arrêt des explotation minières, pétrolières et gazières et des plantations d'arbres en monoculture, et des entreprises agro-industrielles pratiquant l'agriculture et l'élevage intensifs. Toutes ces activities sont voraces en termes de consomation d'eau et aboutissent à la production de marchandises destinées à satisfaire un consumérisme croissant."
Renforcer le mouvement pour une justice écologique

Certains se demandent à quoi pourra aboutir le sommet des peuples, étant donné l'échec de la conférence sur le climat des Nations Unies à Copenhague. La plupart des participants ici voient en Cochabamba une occasion de renforcer un mouvement pour la justice écologique dont la naissance a été annoncée à voix haute en marge des lieux de réunions officiels à Copenhague.

Ce sommet illustre également le fait que les gouvernements devraient travailler avec les populations car, après tout, leur légitimité ne peut découler que du soutien de la population. Le Président Evo Morales de Bolivie démontre très clairement que gouverner, c'est s'engager avec des personnes réelles pour résoudre des problèmes réels, et que les gouvernements et leurs organes ne devraient pas avoir peur d'écouter ce que disent les gens.

Le campus universitaire de UNIVALLE sur lequel a lieu le sommet est couvert d'une mer de participants aux vêtements colorés, issus de toutes les parties du monde. Les costumes cravates des hommes d'affaire sont l'exception ici. Les gens se déplacent avec assurance, en toute dignité. Les rires résonnent sous les arbres et les montagnes de Tiquipaya constituent un excellent décor.

Les cendres volcaniques soufflées sur l'Europe ont peut-être empêché certains participants de se rendre à Cochabamba, mais ce seul fait démontre la puissance de la nature et le fait que, malgré le développement des connaissances, un tas de choses restent encore sous le contrôle de la nature. La sagesse veut que l'humanité respecte les droits de notre mère la Terre et vive avec elle dans des relations de coopération plutôt que de manipulation.

Le sommet s'ouvre demain.

Pour plus d' information

Pour lire notre communiqué de presse à propos du sommet
Pour consulter le site web officiel du sommet
Pour en savoir plus sur notre travail en matière de justice climatique

19/12/2009

COP 15 : un manque d'ambition

by PhilLee — last modified 19/12/2009 09:13
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Pour Nnimmo Bassey, Président des Amis de la Terre International, les deux semaines de négociations sur le climat à Copenhague se résument à un accord conclu en coulisses et à l'émergence du Mouvement pour la Justice Climatique.

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Jusqu'au début de la deuxième semaine de la COP15, l'entrée du Bella Centre spécifiquement réservée à la longue file des membres des ONG était occupée une foule nombreuse. Le froid s'installait, mais les personnes se pressaient pour entrer.

 

La scène était différente les deux derniers jours de la COP. Le chemin d'accès était désert et recouvert par un tapis de neige. L'accès sur les lieux de la conférence avait été refusé aux observateurs et les rares personnes admises ont dû patienter longuement pendant que les agents de la sécurité recherchaient leur nom sur la liste de ceux qui étaient encore autorisés à entrer.

 

A l'intérieur du lieu de la Conférence, l'espace le plus démocratique semble être le hall d'entrée où les délégués venaient s'enregistrer. L'attraction y était est constituée par le logo géant de la CCNUCC devant lequel chaque délégué se faisait prendre en photo, en souvenir de cette conférence qui restera celle des opportunités manquées.

 

A l'intérieur des salles de réunions, plus de choses se sont passées derrière des portes closes qu'en scéance plénière. La présidence danoise de la COP a passé plus de temps à dénoncer des fuites ou démentir des rumeurs à propos de textes secrets, plutôt que de consacrer ce temps précieux à négocier. Le parcours des négociateurs a été transformé en une course d'obstacles afin d'empêcher tout progrès réel.

 

Les bannières installées par la CCNUCC invitaient les gens à faire entendre leur voix à propos du changement climatique. Mais dans les rues, la police danoise à lutté pour faire taire les voix discordantes.
 

Des milliers de gens réclament la justice climatique

Si quellque chose de positif est sorti de cette conférence climat, c'est sans conteste le fait que le mouvement pour la justique climatique se renforce. Le 12 décembre 2009, plus de 100.000 citoyens du monde entier ont bravé le froid et parcouru plus de six kilomètres à travers les rues de Copenhague pour montrer leur désaccord avec les politiciens et les dirigeants qui se refusent à agir mais ne se privent pas de faire des déclarations à propos du changement climatique.

 

Les émissions seront-elles réduites? Le seront-elles à la source ou au travers d'actions menées ailleurs que dans le pays même? Qui va payer pour les mesures de réduction des émissions qui doivent être mises en oeuvre dans les pays en développement pauvres? Les nations qui subissent les effets du réchauffement affirment que le niveau de financement nécessaires pour contrer ceux-ci dépasse 400 milliards de $ par an. N'écoutant que leur courage, les pays riches ont offert 30 milliards de $ pour la période allant de 2010 à 2020. Qui monteront à 100 milliards de $ d'ici 2020, c'est à dire une véritable escroquerie.

 

Le Président brésilien Lula, parlant en plénière le dernier jour, s'est demandé si les négociateurs avaient besoin d'une révélation divine avant de pouvoir conclure un bon accord. Ses propos suggéraient leur manque de compréhension et d'intelligence. Est-ce réellement le cas ou s'agit-il plutôt d'une absence de volonté de s'engager sur un chemin véritablement ambitieux?


A prendre ou à laisser

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Quand le Président Obama est entré en scène, il a estimé que le changement climatique fait courir un risque inacceptable à notre planète. Le monde doit agir courageusement face à cette menace. Il a déclaré être venu pour agir et non pour parler. Agir de quelle façon?

 

Obama a déclaré que les USA allaient changer leur façon de produire et consommer l'énergie, ce qui est un élément essentiel de leur sécurité nationale. En outre, ils vont s'attacher à réduire leur dépendance au pétrole importé.  A la fin de la journée, toutes les déclarations du Président Obama se ramenaient à la défense des intérêts des USA, à prendre ou à laisser pour le reste du monde. Il n'a rien amené de nouveau sur la table.

Même sa promesse d'accorder des fonds pour la mitigation dans les pays pauvres, fut faite avec des propos ironiques à l'égard de ceux qui espèrent être aidés, mais ne doivent pas pour autant espérer  échapper à l'exigence de  responsabilité.

 

En parlant de responsabilité, qui est responsable des effets du changement climatique dans ces pays pauvres? L'engagement pris par le Président Lula de relever le défi au Brésil avec les moyens financiers du pays et sa promesse d'aider les pays pauvres dans leur effort pour prendre des mesures de mitigation apportaient un peu de lumière dans la noirceur de l'ensemble des négociations de Copenhague. 

 

Au fil des versions successives de l'Accord de Copenhague, pour reprendre le discours du Président Obama, on a quitté la Conférence en se demandant ce qui restait de toutes les grandes déclarations en faveur d'un accord ambitieux. Si quelque chose a manqué dans cette conférence, c'est bien l'ambition.

Une catastrophe pour les pauvres

J'ai quitté le centre de conférence Bella à 1h45 du matin pour retrouver la chaleureux des activistes manifestant dans le froid en chantant pour la justice climatique, au pied du métro, dénonçant le manque de sérieux des négociations sur le climat. Ces manifestants auraient pu être en train de dormir bien au chaud dans leur lit, mais la plupart étaient des jeunes dont l'avenir est confisqué par la politique opportuniste de certains, et pour le confort et le profit de ceux qui spéculent sur le carbone.

 

Comme nous l'avons dit dans notre déclaration finale à l'issue des négociations, ce soi-disant accord est une catastrophe pour les pays pauvres. Une hausse de température de deux degrés Celsius représente un désastre assuré et la mort de millions de personnes dans les pays les plus vulnérables.

En marchant dans la neige, à chacun de mes pas résonnait cette question : combien de temps les dirigeants vont-ils ignorer les voix du peuple? Mais j'ai trouvé un grand réconfort dans la force des activistes des Amis de la Terre International, qui ont prouvé au monde que le moment est venu de grandir pour le mouvement en faveur de la justice climatique.
Félicitations, les amis. Passez de bonnes vacances et une année 2010 riche d'actions.

17/12/2009

Action: Condemn the bullies - support Africa

by PhilLee — last modified 17/12/2009 18:03
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Rich countries at the UN climate talks are bullying developing countries into accepting less climate mitigation funds and weaker targets in emissions cuts. Show your support for them by taking action now!

15/12/2009

Monsanto wins the worst corporate lobbyist award

by PhilLee — last modified 15/12/2009 23:30
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The winner of the Angry Mermaid Award 2009, announced by award-winning writer and journalist Naomi Klein at the UN climate talks in Copenhagen today is the biotech giant Monsanto with 37% of the total vote.

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The agriculture giant Monsanto was nominated for promoting its genetically modified (GM) crops as a solution to climate change and pushing for its crops to be used as biofuels.

 

The expansion of GM soy in Latin America is contributing to major deforestation and greenhouse gas emissions. The Round Table on Responsible Soy (RTRS) of which Monsanto is a member, is helping to promote the company’s cause by allowing GM soy to be labeled as “responsible”. Monsanto also wants GM soy to be funded under the Clean Development Mechanism.

 

On presenting the award Naomi Klein talked about the influence of the corporate lobbyists in the in UN climate talks.

 

"In the Bella Center [the conference venue] you don't hear about the real solutions that are being talked about on the streets. They're not on the agenda. There aren't sessions about how to tax the windfall profits of the oil companies. We don't hear about the growing call to keep the tar sands in the land. It's always market based solutions" she said.

 

Why? "Because the politicians in at the conference are bought and paid for by big business" she concluded as she went on to announce the results.

 

Those results in full...

The company received 37% of the 10,000 plus votes cast. In second place with 18% was Royal Dutch Shell and in third place with 14%, the American Petroleum Institute.

 

In the words of the host "a cheer and a boo to you all."

29/06/2009

déclaration Honduras

by PhilLee — last modified 29/06/2009 17:45
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Les Amis de la Terre International condamnent l'expulsion illégale du président du Honduras et expriment leur solidarité avec les Amis de la Terre Honduras et toutes les forces qui se battent pour la démocratie dans ce pays.

 

Les Amis de la Terre International sont très inquiets de la situation actuelle au Honduras et expriment leur condamnation sans réserve pour la détention illégale et l'expulsion du président du Honduras, Manuel Zelaya, par les forcées armées.

 

Les Amis de la Terre International demandent la restauration du président du Honduras et le respect sans condition de la démocratie.

 

Les Amis de la Terre International expriment leur solidarité avec El Movimiento Madre Tierra  / Les Amis de la Terre Honduras et avec toutes les forces qui se battent pour la démocratie au Honduras.

 

Toute la communauté internationale doit demander le retour du président élu démocratiquement.

 

Les Amis de la Terre International invitent les citoyens du monde entier à protester et envoyer des lettres aux ambassades du Honduras en demandant le retour dans ses fonctions du président élu du Honduras et le respect sans condition de la démocratie. La volonté du peuple du Honduras doit être respectée à tout moment.

 

Voir l'interview du Dr Juan Almendares, Directeur des Amis de la Terre Honduras.

 

 

Agissez

Écrivez à l'ambassade du Honduras la plus proche et demandez le retour dans ses fonctions du président élu et le respect sans condition de la démocratie.

 

Trouvez l'ambassade la plus proche ici

 

 

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