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Une étude commanditée par la Banque Mondiale lui recommande de ne plus investir dans le secteur pétrolier


Pollution de l’environnement, Corruption, Violation des Droits de l’Homme : les industries extractives ne bénéficient pas aux pauvres selon l’évaluation indépendante réalisée par l’EIR

Paris, le 2 décembre 2003. Une évaluation des projets miniers et pétroliers sollicitée par la Banque Mondiale, recommande à l’institution de cesser de financer les projets d’extraction de charbon et de pétrole dans les pays en développement. Les recommandations du rapport final, qui seront discutées du 11 au 13 décembre à Lisbonne, devraient conduire à une réforme fondamentale de son soutien aux industries extractives. Les Amis de la Terre avaient demandé publiquement cette évaluation au Président de la Banque mondiale à l’occasion de l’Assemblée de Prague en 2000.

DES CONCLUSIONS DÉPLORABLES POUR UNE INSTITUTION DE DEVELOPPEMENT

Présidée par l’ancien ministre de l’environnement indonésien, Emil Salim,  l’Extractive Industries Review  (EIR) a organisé une série de consultations avec les industriels et la société civile sur chaque continent. Selon le rapport, ces industries contribuent à l’appauvrissement des populations locales en raison de la "pollution des rivières, la perte de l’accès aux pâturages et aux forêts, l’augmentation des prix des produits de première nécessité, le développement des maladies et d’autres problèmes sociaux.  Le rapport conclut que les politiques existantes de la Banque Mondiale n’ont pas permis d’éviter ces conséquences néfastes.

L’étude fait également ressortir de nombreux cas de violations des droits de l’Homme et des droits des travailleurs et des pratiques d’intimidations, de tortures, d’arrestations arbitraires, de viols et de tueries en lien avec des projets d’extraction des ressources naturelles. Faisant état d’un climat de peur, le rapport précise que de nombreux témoins ont exigé l’anonymat.

DES RECOMMANDATIONS ENCOURAGEANTES SELON LES AMIS DE LA TERRE

L’EIR demande à la Banque Mondiale d’ adopter une position claire pour faire respecter et renforcer les droits humains dans le secteur des industries extractives . Il la met en garde contre des investissements dans des pays où  la gouvernance est insuffisante  - ce qui est le cas de la plupart des pays où la Banque Mondiale intervient. Les Amis de la Terre se félicitent que l’EIR souligne la nécessité d’obtenir le  consentement préalable libre et éclairé  des communautés locales et des peuples autochtones affectés par des projets pétroliers et miniers.

Les Amis de la Terre saluent certaines recommandations du rapport qui indique les conditions préalables à toute implication de la Banque Mondiale dans le secteur extractif. L’institution joue un rôle clé dans le secteur.  Sans l’appui politique et financier de la Banque Mondiale, beaucoup de projets n’auraient jamais vu le jour , constate Susanne Breitkopf, de la campagne pour la réforme des institutions financières des Amis de la Terre. C’est le cas de l’oléoduc Tchad Cameroun, projet le plus contesté de la Banque Mondiale depuis des années qui a été approuvé en juin 2000. Les associations de la société civile tchadienne ont décrété le jour de son inauguration  journée de deuil national .

Certains officiels de la Banque Mondiale avaient déjà déclaré qu’ils souhaitaient augmenter les investissements dans le pétrole, ce dernier étant le secteur le plus rentable. En octobre dernier, la SFI, la branche privée de la Banque Mondiale a approuvé le financement de l’oléoduc controversé Bakou-Tbilissi-Ceyhan.  Il revient maintenant à la Banque Mondiale de mettre en oeuvre les réformes nécessaires afin de ne plus renouveler ce type d’erreur en finançant des projets qui ont des impacts négatifs significatifs sur l’environnement et les populations locales déclare Susanne Breitkopf.

Le rapport EIR est disponible sur : www.eireview.org

 


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