6 prix nobel de la paix et 300 ONG
demandent la réforme des politiques de la
Banque Mondiale sur le pétrole, le charbon et
les mines
Après avoir discuté avec des ONG
australiennes, le Président de la Banque
Mondiale se rendra à Paris le 15 Février afin
d'assister à la 5éme conférence du Réseau
Parlementaire, accueillie par le Sénat
paris, le 12 fevrier 2004.
L'Archevêque Desmond Tutu et Rigoberta
Menchu ont rejoint aujourd'hui les quatre
lauréats du Prix Nobel de la Paix et 300
organisations non-gouvernementales pour que
le Président de la Banque Mondiale James
Wolfensohn adopte les recommandations de la
Révision des industries extractives (RIE).
Cette révision a été initiée par Wolfensohn
en 2000 lors de l'Assemblée Annuelle de la
Banque Mondiale à Prague, afin d'évaluer si
les industries extractives (énergies fossiles
et mines) contribuaient à la réduction de la
pauvreté.
Aujourd'hui, M. Wolfensohn a rencontré des
représentants de la société civile à
Melbourne en Australie, et a assuré au cours
de cet entretien qu'il “faisait honneur au
travail fait par la RIE
Or, la réponse des responsables de la
Banque Mondiale, divulguée la semaine
dernière, indique que la Banque ne s'est pas
encore engagée à adopter les recommandations
de la RIE.
Le rapport final de la RIE valide la
plupart des préoccupations des communautés et
organisations de la société civile faites
depuis vingt ans. Les groupes de défense des
droits de l'homme, les organisations
environnementales, les agences de
développement et les communautés locales ont
bien accueilli ce rapport. D’autres études
internes de la Banque montrent également que
les pays basant leurs exportations sur le
pétrole sont les plus impliqués dans les
guerres civiles.
La RIE conclut que si la Banque Mondiale
maintient sa mission de réduction de la
pauvreté, elle ne doit pas soutenir les
industries extractives à moins d’appliquer
préalablement les conditions présentées dans
ce rapport. En outre, la RIE établit que le
financement des projets pétroliers et
charbonniers n’est pas le meilleur moyen de
promouvoir le développement durable. En
conséquence, la Banque mondiale devrait
suspendre tout projet de ce type et réallouer
ses fonds en faveur des énergies
revouvelables et des projets avec retombées
positives pour les populations les plus
pauvres.
“La guerre, la pauvreté, les
changements climatiques, la cupidité, la
corruption et les violations permanentes des
droits de l'homme – tous ces fléaux sont trop
souvent liés aux industries minières et
pétrolières.” écrivent Tutu et les autres
Nobe de la Paix dans leur lettre à
Wolfensohn.
“Vos efforts pour créer un monde sans
pauvreté ne doivent pas aggraver ces
problèmes. La RIE vous fournit une
extraordinaire opportunité de gérer les
ressources de la Banque Mondiale de façon à
contribuer véritablement à un meilleur futur
pour l'humanité.” La lettre, co-signée par
Joseph Rotblat, Betty Williams et Mairead
Maguire, a été envoyée par Jody Williams.
La Banque Mondiale tiendra-t-elle ses
engagements, en admettant son échec et en
opérant les changements nécessaires ?
s’interroge Susanne Breitkopf, porte parole
des Amis de la Terre. Nous espérons que la
réponse sera positive et que M. Wolfensohn
prendra rapidement l’initiative d’une réforme
du financement des industries extractives en
suivant les recommandations de la RIE
Les recommandations de la RIE
incluent:
• obtenir le consentement préalable des
communautés locales affectées par les projets
d’industries extractives comme condition
nécessaire à tout financement ;
• garantir le respect des droits humains et
des droits des travailleurs comme condition
de base dans les projets financés par la
Banque;
• s'assurer que les structures d'une bonne
gouvernance sont en place avant que le projet
ne soit financé et mis en oeuvre;
• supprimer les fonds de soutien à
l’extraction pétrolière et investir ces
ressources dans les énergies renouvelables en
ciblant une augmentation de 20% par an pour
les énergies renouvelables;
• garantir que les revenus des projets
financés par la Banque bénéficient aux
populations locales
• protéger la biodiversité en établissant
des zones de protection internationalement
reconnues comme habitats sensibles;
• garantir un maximum de transparence dans
la gestion des revenus.
Parmi les organisations qui interpellent
la Banque Mondiale se trouvent les groupes de
la société civile tchadienne, qui dans une
lettre à l’attention du Vice Président de la
Banque mondiale pour l’Afrique datée du 8
février, ont critiqué le fait que le projet
pétrolier Tchad-Cameroun soit « cité comme
modèle lors de toutes les consultations ».
Considérant la RIE comme « un rapport en
faveur des pauvres, un rapport pour les
générations futures », la lettre des
Tchadiens demandent à la Banque mondiale que
« toutes les recommandations pertinentes
contenues dans le rapport final […] soient
adoptées.
La lettre des Prix Nobel et des ONGs est
disponible sur :
www.eireview.info
Contacts : Susanne Breitkopf, Les Amis de
la Terre 06 77775868
Sébastien Godinot, Les Amis de la Tere 06
68988341
Marie Guiraud, FIDH 01 43551232
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