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LA BANQUE MONDIALE A LA BOTTE DES GEANTS DU PETROLE ?


Les responsables de la Banque mondiale penchent en faveur des intérêts industriels et rejettent les recommandations de la Revue des Industries Extractives

Paris, 04.02.04 Un document interne à la Banque mondiale (BM), obtenu par les Amis de la Terre confirme que les responsables de la Banque Mondiale rejettent les conclusions principales d’une évaluation indépendante sur ses interventions dans les secteurs du pétrole, du charbon et des mines. La « Revue des Industries Extractives » (RIE) répond à la demande faite par le président John Wolfensohn lors de l’assemblée générale de la BM à Prague, en 2000, d’évaluer la contribution des projets extractifs à la lutte contre la pauvreté.

Le Rapport entérine de nombreuses revendications portées par les communautés locales et les ONG auprès de la BM depuis plus de vingt ans. Des agences de développement, syndicats et associations de défense de l’environnement et des droits de l’homme ont salué les recommandations du Rapport.

Selon le rapport, la BM, afin de remplir son mandat de lutte contre la pauvreté, devrait s’abstenir de soutenir les industries extractives tant que l’ensemble des conditionnalités retenues ne seraient pas respectées. Dans la réponse actuellement préparée par la Banque, celle-ci rejette toute idée de conditionnalité de ses prêts pour le secteur.

Sortir du pétrole et du charbon
La réponse nie toute responsabilité de la BM dans les problèmes fondamentaux liés à l’exécution des projets, que ce soient les violations des droits de l’homme, les déficits de gouvernance et l’absence de soutenabilité écologique. Pourquoi faire une évaluation, si la Banque en ignore les conclusions ? », s’interroge Susanne Breitkopf, responsable du programme institutions financières internationales des Amis de la Terre.

La RIE établit en outre que le financement de projets pétroliers et charbonniers ne constitue pas le meilleur usage de l’argent public par la BM en vue de promouvoir le développement durable, et que la BM devrait cesser tout projet de ce type et réallouer ses fonds en faveur des énergies renouvelables.

Parmi les recommandations faites par la RIE et que la Banque refuse d’accepter figurent :
- obtenir le consentement préalable des communautés locales affectées par les projets d’industries extractives,
- cesser immédiatement tout financement pour le charbon, et en 2008 pour le pétrole, et concentrer ses ressources limitées pour le développement des énergies renouvelables ;
- demander que la liberté d’association soit intégrée dans les projets financés par la Banque en tant qu’exigence minimale en matière de droits humains et de liberté syndicale ;
- protéger la biodiversité en établissant les régions naturelles sensibles en tant que zones dans lesquelles toute activité extractive est exclue ;
- garantir que le transport du pétrole off-shore se fasse avec des navires sûrs et modernes.

La BM affirme qu’elle ne donnera pas aux communautés locales ce qu’elle appelle « un droit de veto » sur les investissements qui détériorent leurs conditions de vie, constate Susanne Breitkopf. Cela, à la demande des « parties prenantes industrielles

Comment réagira le Président Wolfensohn ?
Le président de la BM, qui a commandité l’évaluation, ne s’est pas encore exprimé. Susanne Breitkopf estime : « Il a toujours souligné sa position en faveur des populations pauvres, et il devrait être très mécontent de la réponse de ses officiels au rapport de la RIE. Cette réponse reste préliminaire, c’est le Conseil d’Administration de la Banque qui tranchera. Nier les conclusions de cette évaluation et refuser ses recommandations signifierait que l’objectif premier de la BM n’est bel et bien pas la lutte contre la pauvreté

La RIE sera à l’ordre du jour du Bureau Exécutif de la Banque Mondiale le 25 Fevrier

 

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