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paris, le 4
novembre 2004
la banque mondiale forcée de reporter sa
« consultation »
Le bras armé de la Banque
pour le secteur privé, la Société Financière
Internationale (SFI), voit sa proposition de
révision de ses politiques sociales et
environnementales très contestée. Elle fait
face à un front uni d'ONG protestant contre
chacune de ses
« consultations » : les ONG
dont les Amis de la Terre demandent des
réformes en profondeur des normes de la SFI,
et non leur assouplissement au bénéfice des
multinationales.
Hier, à Berlin, le ministre allemand au
développement a déclaré aux Amis de la Terre
que la consultation de la SFI était repoussée
à cause « du boycott annoncé par des
ONG ». Cette consultation ratée de
Berlin succède à celles de Manille, Londres,
Tokyo, Washington et Rio de Janeiro. A chaque
fois des groupes des Amis de la Terre ont
manifesté sur les lieux de la consultation.
Dernièrement à Manille (2 et 3 novembre),
plus de cinq cent personnes ont défilé dans
la rue. A Londres (1 er novembre), une seule
ONG a accepté de discuter avec la SFI.
Les Amis de la Terre International, la
plus grande fédération environnementale
mondiale, ont rejeté les invitations aux
réunions après que la Banque Mondiale a
refusé de donner suite à une lettre de 180
groupes de la société civile, proposant une
méthodologie crédible pour ces
consultations.
« La totalité de ce processus de
consultation est une honte. Il est bâclé et
opaque. Les réunions ne sont ni plus ni moins
qu'un exercice de relations publiques pour la
Banque Mondiale » déclare Markus
Steigenberger, des Amis de la Terre Allemagne
(BUND). « Ce n'est même pas un boycott
dans la mesure où il n'y a rien à boycotter,
poursuit Sébastien Godinot des Amis de la
Terre France. La SFI fait des propositions
tellement consternantes et faibles sur la
forme et sur le fond qu'on ne peut travailler
sur cette base et cautionner un tel
exercice ».
La SFI propose de remplacer ses dix
politiques de sauvegarde par des
« Standards de Performance »
largement volontaires et très flous. Selon
une fuite de la Banque mondiale elle même, la
SFI renonce aux normes sociales et
environnementales pour répondre aux demandes
de l'industrie, alors que son mandat est de
protéger les populations et
l'environnement.
« Il y a besoin d'une révision
considérable pour aboutir à des normes plus
strictes, claires et obligatoires, comme le
recommandent d'ailleurs les quatre organes
internes d'évaluation de la Banque mondiale,
explique Sébastien Godinot des Amis de la
Terre France. Mais la SFI refuse tout
simplement d'en tenir compte. A quand une
Banque mondiale responsable et capable de
tirer les leçons de ses
échecs ? »
Contact presse
Sebastien Godinot 01 48 51 18 92 / 06 68 98
83 41
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