Paris, le 23 septembre 2005
Banque mondiale : 10 ans de déclin des
normes environnementales et sociales
A l'occasion de l'Assemblée Générale de la
Banque mondiale les 24 et 25 septembre
prochains, les Amis de la Terre et
Environmental Defense (Etats Unis) publient
un rapport mettant en évidence les reculs
progressifs des normes environnementales et
sociales de la Banque mondiale dans les dix
dernières années. La Banque perd son «
leadership» face à d'autres acteurs publics
et même privés adoptant des normes parfois
plus exigeantes que les siennes. A faire le
jeu des pays emprunteurs peu scrupuleux ou
des multinationales, la Banque mondiale se
décrédibilise, minant sa réputation auprès
des populations auxquelles elle est censée
venir en aide.
« En matière de normes, la Banque mondiale
joue sa réputation déjà sérieusement attaquée
», explique Sébastien Godinot des Amis de la
Terre. « Dans les dernières années, la Banque
a rejeté les recommandations d'évaluations
indépendantes qu'elle avait pourtant elle
même commissionnées, notamment dans les
secteurs très controversés des grands
barrages et des industries extractives ».
Il poursuit : « La Banque va encore plus
loin actuellement, avec la refonte intégrale
des politiques environnementales et sociales
de la Société Financière Internationale (bras
armé de la Banque pour le secteur privé).
Après six mois de pression de la société
civile, la SFI vient enfin de publier le
deuxième draft de ses nouveaux « Standards de
performance ». Compte tenu de la première
version catastrophique, nous craignons le
pire. La SFI abandonne l'approche
contraignante pour des normes floues, et
transfère ses propres responsabilités au
secteur privé. C'est consternant. »
Les performances de la Banque en matière
environnementale et sociale sont pourtant
déjà critiquées depuis des années par ses
mécanismes de surveillance interne : dans son
évaluation des normes en 2003, le médiateur
(CAO) écrit : « Les systèmes nécessaires sur
place pour guider la mise en oeuvre et
l'interprétation des politiques de sauvegarde
sont soit laxistes soit inexistants ». Le
Département d'Evaluation Interne (OED)
indique quant à lui, dès son évaluation des
normes en 2002 :« Des lacunes dans le respect
des politiques, mises en évidence dans des
projets à haute visibilité, ont créé des
doutes sur la probité des processus
d'assurance qualité ». Il ajoute « Une
réforme fondamentale des processus de mise en
oeuvre et de responsabilisation est
essentielle ».
Aujourd'hui, la Banque va dans le sens
inverse.
Note :
Le rapport « Banque mondiale : 10 ans de
déclin des politiques environnementales et
sociales » est disponible sur
http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=1661&id_document=12
09 ou aux Amis de la Terre
Contact presse :
Sébastien Godinot 01 48 51 18
92 / 06 68 98 83
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