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Paris, le 29 septembre 2005

oléoduc tchad-cameroun : jugement par un tribunal populaire

Demain, 30 septembre, se tiendra à Yaoundé (Cameroun) la première session d'un Tribunal des Peuples qui examinera les violations des droits humains générées par l'oléoduc Tchad-Cameroun. Organisé par l'association camerounaise FOCARFE, il a pour but de déterminer les violations commises, d'identifier les responsabilités des acteurs et d'y apporter des recommandations.

Honoré Ndoumbe Nkotto, de FOCARFE (Cameroun), explique : « Le Tribunal des Peuples se veut un tribunal d'opinion indépendant, qui analysera publiquement les cas de violations des droits humains dans le projet d'oléoduc Tchad-Cameroun. Les plaintes sont déposées par les victimes, ou des groupes ou individus les représentant. Le Tribunal formulera aussi des recommandations précises qui seront présentées au gouvernement camerounais et aux organisations internationales ».

D'un coût total de 3,5 milliards de dollars, l'oléoduc Tchad-Cameroun est le plus important projet unique d'investissement en Afrique. Il comprend l'exploitation des champs pétrolifères de Doba (Tchad), et l'exportation du pétrole par un oléoduc de 1070 km de long depuis ces champs jusqu'au terminal de Kribi sur la côte atlantique (Cameroun). Mené par un consortium d'entreprises réunissant Exxon-Mobil (Etats-Unis, 40%), Petronas (Malaise, 35%) et Chevron (Etats-Unis, 25%), il a été réalisé sous les auspices de la Banque mondiale qui l'a considéré comme un projet modèle de développement. Plusieurs agences de crédit à l'exportation dont la Coface française sont également impliquées.

Alors que l'exploitation du pétrole a débuté en juillet 2003, plus de 400 cas de non-compensation des dommages subis par les populations locales pour le seul Cameroun sont toujours en attente, ce qui constitue une violation des politiques de sauvegarde de la Banque mondiale. Du 10 au 13 octobre prochain se dérouleront au Tchad puis au Cameroun des ateliers portant sur la « clôture sociale » du projet, dont le but est de résoudre les litiges recensés à ce jour.

contact presse :
Sébastien Godinot 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41
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