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Une fuite déclarée sur le terminal marin de l’oléoduc Tchad-Cameroun

Le lundi 15 Janvier 2007 à trois heures du matin, une fuite de pétrole s’est déclarée sur le terminal marin de l’oléoduc Tchad-Cameroun, au large des côtes de Kribi, sur l’Océan Atlantique. D’après des informations diffusées par le consortium COTCO le jeudi 18 janvier, la fuite a été découverte à 7 heures du matin, dès que la lumière diurne a permis de faire des constats visuels. Elle aurait été circonscrite à 11 heures ce même jour.

communiqué de presse

Mardi 23 janvier 2007

CED/Amis de la terre cameroun


Le lundi 15 Janvier 2007 à trois heures du matin, une fuite de pétrole s’est déclarée sur le terminal marin de l’oléoduc Tchad-Cameroun, au large des côtes de Kribi, sur l’Océan Atlantique. D’après des informations diffusées par le consortium COTCO le jeudi 18 janvier, la fuite a été découverte à 7 heures du matin, dès que la lumière diurne a permis de faire des constats visuels. Elle aurait été circonscrite à 11 heures ce même jour. Les quantités de pétrole déversées dans la mer seraient négligeables, selon les déclarations de monsieur Lesage, Directeur Général de COTCO, tout comme l’impact « visible ou invisible sur l’environnement ». Le vent et les vagues auraient en effet porté le brut vers le large, préservant les côtes de Kribi.

Interrogés au courant de la semaine, quelques pêcheurs de Kribi déclarent avoir aperçu des traces de fuel au large de Kribi, et dans l’embouchure de la Lokoundjé.

Quelles que soient la nature exacte et l’ampleur de cette catastrophe, sa gestion soulève au moins trois questions qui sont sources d’inquiétude :

1. Les défaillances dans la communication La communication du consortium a été particulièrement défaillante, et celle du gouvernement totalement inexistante. Ceci est particulièrement inquiétant pour un projet présentant autant de risques :

  • Le premier message officiel relatif à la catastrophe a été rendu public au siège du consortium à Douala, le jeudi 18 janvier, soit quatre jours après le début de l’incident ;

  • aintes et rumeurs qui nLes autorités traditionnelles des villages proches du terminal à Kribi n’ont été formellement contactées par COTCO que le samedi 20 janvier, soit cinq jours après l’incident. L’incertitude née du silence de COTCO a suscité de nombreuses cre sont pas encore dissipées.

  • A ce jour, le Comité de Pilotage et de Suivi des Pipelines (CPSP, représentant le gouvernement du Cameroun dans le projet) n’a fait aucune communication publique à ce sujet.

« Ce long silence de 4 jours, conclu par une communication qui indique qu’il s’agissait d’un incident mineur circonscrit en 4 heures de temps a malheureusement donné l’impression que l’on cherchait à cacher des choses…», a déclaré monsieur Valéry Nodem, Coordinateur du Réseau de Lutte contre la Faim (RELUFA).

2.Des défaillances techniques ?

Déclaré à 3 heures du matin le lundi, l’incident n’a été détecté qu’à 7 heures du matin, à la faveur de la lumière du jour. L’existence de moyens technologiques de détection des fuites avait pourtant été évoquée lors de la construction de l’oléoduc.

3. La réaction ne rassure pas quant à la capacité de gérer une catastrophe majeure

Les communautés vivant le long de l’oléoduc cohabiteront avec des risques de déversement pendant toute la durée de vie du projet. Un plan d’urgence en cas de déversement a été mis en place par le consortium pour faire face à d’éventuels incidents. Il devait être précédé d’un plan national de déversement, qui n’est toujours pas adopté. « S’il s’était agi d’un accident affectant la côte, les impacts auraient été catastrophiques, en raison du désarroi des autorités et des communautés qui semblaient ne pas connaître la conduite à tenir en cas d’accident pétrolier », a déclaré Samuel Nguiffo, Directeur du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED). « Quand on connaît le potentiel de destruction d’un déversement pétrolier majeur on est effrayé, à la fois, par les délais entre le début de l’incident et le début de la réaction, et par l’absence d’association des populations et des autorités de la ville de Kribi à la gestion de la crise ».

4.Implication de l’administration et des communautés

Malgré l’existence d’un programme de renforcement des capacités (CAPECE) destiné à permettre la mise à niveau de l’administration camerounaise dans le suivi de l’exploitation de l’oléoduc, cette crise met à jour l’incapacité du Comité de Pilotage et de Suivi des Pipelines à disposer d’une information indépendante sur des sujets aussi sensibles. De plus, l’absence de plan national d’urgence en cas de déversement pétrolier a sans doute contribué à limiter l’implication de l’administration et des communautés dans le suivi de cet incident.

Face à ces défaillances, nous demandons :

1.A COTCO :

a.De faire toute la lumière sur les causes de l’incident, sa nature et son ampleur, et de les rendre publics

b.D’organiser sans délai une réunion publique à Kribi pour diffuser le plus largement possible l’information aux populations et autorités riveraines du lieu de l’incident

2.Au Gouvernement du Cameroun

a.Une adoption rapide du plan national d’urgence en cas de déversement pétrolier. Ce plan, dont l’adoption devait être effective avant l’inauguration de l’oléoduc, a été retardé pour des raisons jusqu’ici inconnues. Son absence aggrave le péril permanent pesant sur les populations et sur l’environnement le long de l’oléoduc et dans la région de Kribi. Le Comité de Pilotage et de Suivi des Pipelines devrait immédiatement rendre public un calendrier visant à son adoption.

b. D’indiquer, conjointement avec COTCO, des numéros de téléphone fonctionnels 24h/24 en cas d’incidents futurs, pour l’information des citoyens

3.A La Banque Mondiale

a.De procéder à une évaluation rapide et indépendante de la gestion de cet incident, afin d’en tirer les leçons pour l’avenir. Cette évaluation devra donner lieu à un débat public sur la capacité des mesures existantes à faire face à d’éventuelles catastrophes pétrolières dans l’avenir.

Contacts :

Samuel Nguiffo
Centre pour l’Environnement et le Développement/ FOE Cameroon
B.P 3430, Yaoundé/Cameroun
Tel : 222 38 57
Fax : 222 38 59
E-mail : ced@cedcameroun.org

Valéry Nodem
Réseau de Lutte contre la Faim
BP 1003, Yaoundé/Cameroun
Tel : 221 32 87
E-mail : vnodem@yahoo.fr

Edith Abilogo
CED/FOE Cameroon
Tel: 952 49 05
E-mail: abilogo@cedcameroon.org

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