
la société commerciale de minéraux de
manhattan, le canada
Il y a 50 ans, la vallée péruvienne
de San Lorenzo était un désert aride ou
presque rien ne poussait. Aujourd'hui,
grâce à un projet d'irrigation réussie
ayant bénéficié de l'appui de la Banque
Mondiale et de l'USAID, du citron, des
papayes et des mangues délicieuses pendent
aux branches. Cela permet d'assurer des
moyens de substance durables à quelques
20.000 exploitants. Comme le disent si bien
les gens de la régions "personne ici n'est
riche mais il n'y a pas non plus de
pauvres."
"La compagnie minière et le
gouvernement péruvien prétendent de façon
irresponsable que l'agriculture et
l'exploitation minière peuvent coexister de
façon harmonieuse, mais nous savons que
cela n'est pas vrai. La nature même de ce
type d'activité se heurte à l'équilibre
naturel de l'écosystème. Pour pouvoir
accéder au minerais, il faudrait creuser,
ce qui implique la destruction de tout ce
qui se trouve en surface comme la forêt, le
fleuve, le paysage, la vie sauvage, sans
compter les maisons des gens, les
exploitations agricoles, les moyens de
subsistance et le patrimoine. La
biodiversité du secteur qui s'étire des
micro organismes jusqu'à nous-même sera
sans aucun doute mis en grand danger." Le
referendum de juin 2002.
Tout allait pour le mieux dans ce
paradis fertile jusqu'au jour où les
compagnies minières ont découvert des
richesses dans le sous-sol de Tambogrande,
un village niché dans la vallée. Depuis
lors les fruiticulteurs locaux et les
familles se sont vus engagés dans un combat
pour empêcher la destruction de leurs
maisons et de leurs terres agricoles.
Le projet de mine à ciel ouvert d'un
montant de 315 millions de dollars US, de
Manhattan Minerals va occasionner le
déplacement d'à peu près le tiers de la
population de Tambognande. L'eau risque
d'être contaminée en aval avec les métaux
et la poussière. Les fortes pluies causées
par le phénoMène El Nino pourraient inonder
les puits toxiques et répandre des
substances toxiques dans la vallée. Les
fruits économiques de ce projet pour la
communauté ne donnent pas vraiment de
l'appétit. "Dans ce pays, les exploitations
minières ont rarement apporté quelque
bénéfice aux communautés locales" déclare
Astrid cornejo de Labor Iles Amis de la
Terre Pérou. Les villageois disent que
Manhattan a apporté "des matraques, des
feux, la police et la violence." La
résistance conte la mine a été de ce fait
très forte dès le début. En février 2001,
une grève totale et une mobilisation
massive à Tambogrande demandait le retrait
de la compagnie qui a vu ses campements
détruits.
En Juin 2002, les populations de
Tambogrande ont fait un référendum initié
par la communauté elle-même dans le but de
déterminer le type de développement qu'elle
veut. Le choix devait se faire entre
l'exploitation minière et
l'agriculture.
Des milliers de résidents se sont
déplacés à l'occasion, qui à pied, qui en
bus, qui à cheval ou sur un mulet ou encore
en pirogue. Un pourcentage retentissant de
98,65 pour cent se sont prononcés contre la
mine. Même si Manhattan Minerals disait
qu'elle tenait à avoir le consentement
communautaire avant la construction de la
mine, le discours a maintenant changé
puisqu'elle clame que "les résultats du
vote n'ont aucune validité" et semble
déterminée à aller de l'avant dans le
projet. En outre, la compagnie projette
d'approcher la Banque Mondiale pour
recherche du financement. Faudrait-il
préciser que ce serait vraiment
tragi-comique si les choses devaient aller
dans le sens souhaité par la compagnie. La
même Banque Mondiale avait déjà
initialement soutenu financièrement le
projet durable de fruiticulture.