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- Info
f990506
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issue
99
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december 2001
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vers une convention responsabilisant
les multinationales
Au Sommet Mondial sur le
Développement Durable de Septembre 2002 et
au delà, la Fédération Internationale des
Amis de la terre fera pression pour une
convention permettant de responsabiliser
les multinationales vis-à-vis des citoyens
et des communautés dans l'économie
globalisée d'aujourd'hui
.
FoEI reste convaincue que les
gouvernements doivent collaborer pour la
naissance effective de législations
nationales et internationales sur la
responsabilité des multinationales et
l'obligation de publier des rapports. Cette
convention sera appuyée par des sanctions
effectives, le droit à la consultation des
citoyens et des communautés ainsi que des
recours à la Justice quant aux dommages
subis par la société et l'environnement du
fait des activités d'une compagnie. Cette
approche va au-delà des initiatives
volontaires des multinationales. Elle vise
à aider à combler le déficit démocratique
suscité par la globalisation des compagnies
en mettant l'accent sur les principes de
droits, de démocratie et d'équité demandés
par les communautés qui protestent contre
cette situation.
La responsabilisation ici et
maintenant !
Les devoirs des compagnies et les
attentes quant à la façon dont elles
doivent se comporter ont été des sujets de
débats publics sur la régulation pendant
plusieurs décennies. Même si l'utilisation
de la législation pour contrer les
activités des compagnies n'est pas une
démarche nouvelle, les nouvelles formes de
responsabilisation des multinationales sont
plus une nécessité que jamais :
-
La globalisation économique et la
croissance de compagnie globales vraies
signifient un enlèvement et un
relâchement des barrières ;
-
La taille sans cesse croissante des
multinationales a contribué à concentrer
le pouvoir économique entre les mains des
conseils d'administration qui ne sont pas
sujets à la responsabilisation que les
citoyens attendant ;
-
Les compagnies prennent de plus en
plus le contrôle d'industries et de
services précédemment sous giron étatique
sans pour autant prendre les larges
responsabilités environnementales et
sociales auxquelles les gouvernements
avaient à faire face ; et
-
L'échelle des impacts des compagnies
prend de l'ampleur et ces impacts sont de
plus en plus éloignés des propriétaires
des compagnies et des clients ;
Aujourd'hui, les compagnies sont seulement
responsables vis-à-vis de leurs
actionnaires. Le débat quant à une
augmentation de leur responsabilité envers
d'autres parties prenantes – au même titre
qu'envers leurs actionnaires –
s'intensifie. La responsabilité des
compagnies envers leurs propriétaires et
leurs actionnaires est formalisée par des
réglementations. Nous avons donc besoin
aussi de règles régissant la responsabilité
des compagnies vis-à-vis des autres parties
prenantes.
responsabilité des compagnies
Employés, les communautés, les
consommateurs et les groupes d'intérêt
public expriment leurs préoccupations au
sujet de la performance et des impacts des
compagnies sur les pratiques en matière
d'emploi, la pollution, la sûreté des
produits et bien d'autres points. Les plus
grandes inquiétudes portent sur les
pratiques des multinationales dans les pays
les plus pauvres où les normes légales,
environnementales sanitaires et
sécuritaires sont souvent lâches où
timidement appliquées.
Multinationales exploitent les ressources
naturelles dans le sud pour satisfaire (en
premier lieu) aux demandes du Nord. Cela
contribue à l'accumulation de la
« dette écologique » puisque les
pays du Nord consomment bien plus au delà
de leurs parts durables des ressources
mondiales. Dans le secteur des combustibles
fossiles, la pollution, l'expropriation des
ressources et les abus des droits de
l'homme prennent des proportions
inquiétantes. Entre autres cas on peut
citer Exxon en Indonésie, Shell au Nigeria,
Premier en Birmanie et au Pakistan. Dans le
secteur forestier, l'illégalité est la mise
–plus de la moitié du bois d'œuvre tropical
entrant sur le marché européen provient de
sources illégales. Des exploitations sur
les terres de peuples indigènes, la
corruption et l'abattage de forêts
primaires par des compagnies comme Asia
Pulp and Paper en Indonésie sont courant.
Dans les secteurs de l'habillement et des
jouets, l'exploitation des ouvriers, leur
mauvaise santé, les réglementations
sécuritaires, le travail des enfants ont
éclaboussé des fournisseurs de Nike et
d'autres.
Coûts de production des compagnies sont
réduits par l'imposition (parfois non
financière) de coûts à l'environnement et à
la société ( c'est
« l'externalisation » des coûts).
Elles sont encouragées dans ce sens car
elles sont jugées par les actionnaires sur
la façon dont elles ont maximisé les
profits en respectant ou non la loi (par
exemple les compagnies revendant du bois
d'œuvre de source illégale). Un petit
nombre de multinationales font de
l'internalisation des coûts vertu croyant
que cette « responsabilisation
sociale » volontaire rendra leur
marque plus forte et plus compétitive.
Cette stratégie marche pour des compagnies
qui sont devenues relativement responsables
vis-à-vis de leurs clients. Pour certaines
cela marche presque aussi mais pour
camoufler une triste réalité.
Faut s'attendre à très peu de changement
véritable dans le comportement à moins que
toutes les compagnies soient rendues
également responsables pour leurs impacts
social et environnemental. De plus les
compagnies voulant devenir plus socialement
responsables sont bousculées par des
concurrentes sans foi ni loi.
globalisation conduite par les
multinationales
.
Globalisation des compagnies c'est leur
contrôle croissant sur les ressources et la
politique à l'échelle mondiale dans le
cadre d'une économie néolibérale. Les
multinationales s'activent à travers les
frontières et souvent leur production,
leurs ventes et leurs possessions sont sous
différentes juridictions avec des
réglementations inconsistantes. Les
multinationales sont souvent listées sur
les marchés boursiers et donc
(effectivement domiciliées ) dans des pays
éloignés de leurs lieux d'opération.
Changements dans les dispositions légales
dans l'importe lequel de ces pays peuvent
avoir des impacts réels sur la
compétitivité à court terme des compagnies
dans ce pays donné. Les pressions des
multinationales contre ces réglementations
(assorties de menaces de retrait du pays)
augmentent les craintes des gouvernements
quant aux impacts économiques. La capacité
des puissantes multinationales à
« refroidir » les ardeurs
interventionnistes des gouvernement dans ce
domaine est l'un des effets les plus
pernicieux de la globalisation
économique.
delà des initiatives volontaires
Compagnies, les gouvernements et même
les ONG ont jusqu'à présent essayé de
donner des réponses aux impacts reconnus
largement négatifs de l'activité des
multinationales avec l'élaboration des
initiatives volontaires. On peut citer les
Directives de l'OCDE pour les Entreprises
Multinationales et le Global Compact de
l'ONU qui appelle les compagnies
signataires à s'en tenir à neuf principes
clés de responsabilité. Toujours est-il que
ces initiatives volontaires n'ont pas pu
éviter les abus continuels du pouvoir des
compagnies :
-
Elles n'ont pas constitué des
attraits forts à la conformité afin de
contrebalancer les acquis financiers de
la non conformité ;
-
Elles se sont arrêtées à la
« conformité apparente » à
travers « l'autorégulation ».
Sans même recherche une vérification
indépendante ; et
-
Elles n'ont pas permis de renforcer
les citoyens et les parties prenantes.
Les fois même où les approches de
« dialogue entre parties
prenantes » ont été utilisées, le
problème de la responsabilité des
multinationales a été présenté « du
haut vers le bas », défini par la
compagnie ou le gouvernement. Cela ne
peut satisfaire les parties prenantes
même s'il contribue à réduire les impacts
dans la pratique.
la nécessité d'une convention
responsabilisant les compagnies.
Convention responsabilisant les
compagnies doit :
-
Augmenter les encouragements à leur
endroit pour qu'elles évitent les impacts
social et environnemental négatifs et
adapter à la place des pratiques
responsables. En l'occurrence les
incitations perverses à externaliser les
coûts sur la société en maximisant les
profit à court terme ne doivent plus
avoir court ;
-
Instaurer des mécanismes pour que les
parties prenantes affectées puissent
obtenir réparation ; et
-
Un cadre de marché permettant aux
compagnies progressistes de prospérer.
Les gouvernements pourront ainsi répondre
avec justice aux demandes de leurs
citoyens plutôt qu'aux pressions des
compagnies.
Amis de la Terre a énoncé des
recommandations détaillées quant au contenu
d'une convention visant à responsabiliser
les compagnies. Par exemple les compagnies,
leurs directeurs et leurs responsables de
conseils d'administration seront tenus de
produire un rapport complet sur leurs
impacts social et environnemental avec
possibilité d'une vérification
indépendante. Les Directeurs répondront
personnellement des violations des
législations et accords nationaux,
internationaux et en matière
environnementale avec possibilité d'être
traînés devant la Court Criminelle
Internationale.
Consultation préalable et une
responsabilité vis-à-vis des communauté
affectées avec préparation des Etudes
d'impact Environnementale seront de mise.
L'accès public à tous les documents
d'intérêt sera requis. Citoyens et
communautés auront la garantie de nouveaux
droits et pourront intenter des procès
quand ils subissent les impacts négatifs
des activités des compagnies. Ils auront le
droit de porter plainte n'importe où dans
le monde y compris dans le pays où la
compagnie est domiciliée. Des mécanismes
légaux permettront de trouver des fonds
publics pour ce faire.
Convention couvre aussi les droits des
communautés à l'accès et au contrôle des
ressources « communes » comme les
forêts les pêcheries et les minerais. Elle
se penchera aussi sur les déplacements avec
des garanties de compensation ou de
réparation pour les ressources expropriées
par ou au profit des compagnies.
Donner de la substance à ces droits il
faut qu'ils puissent donner lieu à des
poursuites. Un précédent utile dans ce sens
est la Loi Australienne sur les Droits
fonciers de 1975 qui donne le droit de veto
aux populations aborigènes quant aux
exploitations minières sur leurs terres.
Dans la pratique cela leur a permis de
fixer les conditions relatives aux
royalties, aux prévisions d'emplois et à la
formation.
Convention comprendra aussi
l'établissement et l'application de
standards élevés minimum en matières de
droits environnemental et social, du droit
du travail et des droits de l'homme pour
les activités des multinationales sur la
base par exemple des accords internationaux
existant et reflétant le désir d'un
traitement spécial et différent pour les
pays en voie de développement. Des
sanctions seront instituées pour les
compagnies faisant entorse à ces nouvelles
dispositions. Elles iront de leur
suspension sur la liste des marchés
boursiers nationaux, à un retrait de
l'accès aux subventions publiques, aux
garanties ou aux prêts et dans les cas
extrêmes à un retrait du statut de
responsabilité limitée.
Dernier lieu des contrôles internationaux
sur les fusions et les monopoles seront
institués tout comme une structure et un
processus de surveillance et de revue à la
mise en œuvre ainsi que de l'efficacité de
la convention.
Adapté du briefing de FoEI intitulé
« Towards a Corporate Accountability
Convention » daté de Décembre
2001.
Pour joindre le mouvement contacter
Matt Phillips, Foe Angleterre ; Pays
de Gales et Irlande du Nord
mattp@foe.co.uk
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