l'industrie met resolument le cap sur le
sommet de la terre (wssd)
Le dernier numéro du
LINK a décrit comment ces neuf dernières
années après le Sommet de la Terre de Rio,
les multinationales et leurs groupes de
pression ont perfectionné leurs techniques
de globalisation verte en troupe l'œil afin
de convaincre les gouvernements et les
organismes internationaux de leur permettre
d'opérer de façon de plus en plus
déréglementée sur le marché global. Dans la
perspective du Sommet Mondial sur le
Développement Durable (WSSD) qui se tiendra
en septembre prochain à Johannesburg, une
grande campagne des milieux d'affaire est
en train de consolider rapidement ces
acquis et s'essaie à enlever l'anathème qui
frappe le modèle de globalisation
économique néolibérale
.
Les grands de l'industrie
mondiale se sont retrouvés à Paris début
Octobre dernier pour leur première grande
réunion de stratégie en vue du WSSD.
L'Action du Business pour le Développement
Durable (BASD), qui accueillait la réunion
est une création conjointe du Conseil
Mondial des Affaires pour le Développement
Durable (WBCSD) et de la Chambre du
Commerce International. La BASD entend
« rallier les forces collectives des
milieux d'affaire mondiaux dans la marche
vers le prochain sommet de la
Terre »
L'ambiance de la rencontre
a montré que le business est plus que
préoccupé par les groupes battant compagne
quant à des réglementations internationales
en matière d'activités des multinationales.
Afin de défendre « l'Action
volontaire » et
« l'Auto-réglementation » la BASD
projette une amélioration des outils de
Relations Publiques douteux élaborés par
les groupes de pression des multinationales
ces dernières années. Des exemples
d'initiatives en matières environnementale
et sociale isolée, triées sur le volet
conduites par des compagnies membres de la
BASD, vont ainsi être brandis comme des
" preuves" de l'engagement des
multinationales en faveur du développement
durable : cette approche parcellaire
sera couplée à une stratégie du diviser-
pour- régner : le ton adopté va être
nouveau et conciliant. Il sera combiné avec
un dialogue et un "partenariat" avec des
ONG "responsables" sans oublier une
diabolisation des critiques d'une
globalisation conduite par les
multinationales.
A une réunion de stratégie
de la toute nouvelle BASD, on aurait pu
espérer une certaine autocritique de la
part des multinationales. Quelque chose
dans le genre d'un débat ouvert portant sur
la responsabilité des compagnies
multinationales dans les crises
environnementale et sociale globales. Des
membres de la BASD comme TotalFinaElf, Rio
Tinto, Procter and Gamble, Aventis, Fiat,
BP et Shell continuent d'être impliquées
dans des opérations ayant des impacts en
matière environnementale, sociale et de
droits de l'homme qui sont en porte-à-faux
avec leur rhétorique de "développement
durable".
Vous avez dit héritage
de la durabilité ?
Le désir d'éviter les critiques des
ONG a été un thème récurrent dans tous les
débats qui ont eu lieu à Paris. Une
illustration a été la décision de ne pas
financer (directement) le Sommet de la
Terre malgré les requêtes formulées par le
gouvernement sud africain. La BASD cherche
à éviter "de se compromettre en donnant
l'impression d'utiliser des contributions
financières pour influencer une rencontre
majeure initiée par l'ONU, particulièrement
quand l'attention se focalise sur les
soit-disant "pouvoir" et "influence" des
compagnies multinationales et leur impact
sur la globalisation". La BASD a aussi
décidé de ne pas monter une exposition
commerciale sur les " bonnes
pratiques", ce qui était un à-côté plus que
fréquent lors des sommets onusiens.
La BASD a plutôt jugé plus
sûr le financement des "projets héritages"
à Johannesburg et en d'autres endroits
d'Afrique. Ces " projets héritages" sont
définis comme "des projets de développement
durable à la base dans les communautés les
plus nécessiteuses d'Afrique". Cependant un
rapide coup d'œil sur la liste des projets
potentiels présentés lors de la rencontre
de Paris laisse plutôt sceptique. La liste
comporte non seulement plusieurs projets
d'énergie nucléaire mais aussi le Gazoduc
Ouest Africain un méga projet très
controversé qui vise à transporter les
réserves de gaz nigérian de Chevron vers
les pays voisins (voir LINK 96). De
nombreuses communautés et groupes de base
de la région et du monde s'opposent
activement à ce projet qui aurait des
conséquences désastreuses. C'est ainsi le
cas de plus de 50.000 familles qui vont
devoir être déplacées en guise
« d'héritage ».
A Johannesburg les DG
regroupés sous la bannière de la BASD
s'activent pour créer l'événement avec une
spéciale "journée des affaires" à
l'occasion de l'arrivée des chefs d'Etat au
sommet. Le patron de la BASD Sir Mark
Moody-Stuart (président fraichement
retraité de la Shell) a déclaré qu'il était
" raisonnablement confiant que pendant la
deuxième semaine du sommet, les leaders du
monde des affaires présents auront
l'opportunité d'interagir de façon
constructive avec les chefs de
gouvernements"
Conditionner
l'opinion
La conférence de Paris a cristallisé
la focalisation de la campagne des milieux
d'affaire vers le Sommet de la Terre sur
les études de cas quant à la façon dont "le
business contribue au développement
durable". La BASD va essentiellement lancer
une campagne de relation publique pour
booster l'image des multinationales.
L'accent sera mis sur des exemples isolés
d'initiatives en matières sociale,
environnementale, et de droits de l'homme
qui vont être exhibées comme des
"preuves » palpables de l'engagement
des multinationales en faveur du
développement durables. La Chambre du
Commerce International (CCI) et le WBCSD
ont fait beaucoup de bruit autour de
"l'action volontaire", de la philanthropie
des multinationales et du partenariat avec
"les parties prenantes » au cours de
ces dernières années. Que les l'histoire
qu'elles aient rapporté à ces sujets soient
vraies ou fausses n'est pas la question
puisqu'elles ne prouvent rien au regard de
l'ensemble des activités des
multinationales. L'attraction exercée par
cette procédure d'approche parcellaire est,
on ne peut plus évidente avec des
publireportages dans les plus grands
journaux internationaux, des annonces dans
les magazines féminins de luxe et dans les
pages web des multinationales. Les études
de cas servis au lecteur créent un
sentiment positif chez ce dernier mais lui
laissent très peu de possibilité de
vérification ou encore pour obtenir une vue
globale quant à l'impact de la
multinationale sur les peuples et sur
l'environnement.
La BASD semble ne pas
vouloir faire grand chose pour rectifier
les mauvaises pratiques de l'industrie en
matière de relations publiques et pourtant
le WBCSD et la CCI qui l'ont mise sur pied
ont aussi leurs propres initiatives pour
Johannesburg. La CCI renforce ainsi sa
coopération avec le PNUE et présentera à
l'occasion du forum "les Prix des Milieux
d'Affaire pour les Partenariats en Matière
de Développement Durable". Le WBCSD quant à
lui a publié depuis le début de cette année
une masse importante d'histoires sur les
"bonnes pratiques" à travers sa série de
publireportarges dans l'International
Herald Tribune intitulée "Business and the
Rio Décade".
En octobre par exemple,
TEPCO a été applaudie pour ses
investissements dans l'énergie nucléaire,
alors que le géant de l'eau, la Suez
Lyonnaise des Eaux a été louée pour
sa participation dans un projet visant la
fourniture d'eau à des banlieues pauvres de
Buenos Aires. L'article a soigneusement
passé sous silence la manière dont cette
multinationale française pousse
agressivement à la privatisation des
services de fourniture d'eau à travers le
monde, privant au passage plusieurs
personnes à bas revenus à l'accès à cette
denrée de base.
Des mots doux ou le
diviser- pour- régner ?
Le concept « dialogue » et
« partenariats » avec les
« parties prenantes » de la
société civile est devenu un outil standard
utilisé par les milieux d'affaires pour
gérer les critiques et donner ainsi une
certaine légitimité à leur influence
politique. La BASD a appliqué cette
approche subtile et diplomatique quand les
participants à leur conférence de Paris ont
été accueillis par une délégation de
quelques 50 protestataires venus de
différents pays européens. Accompagnés par
un groupe de samba, les activistes ont fixé
des banderoles sur la façade extérieure du
siège de la CCI. On pouvait y lire des
slogans du genre « l'Industrie est
partie Intégrante du problème, pas la
solution » Pendant que deux activistes
se sont menottés à l'intérieur de
l'immeuble d'autres maculaient avec une
peinture verte les logos des
multinationales afin de leur donner une
« coloration verte ». Ils les
mettront ensuite sur du fil à sécher. Avant
l'arrivée des participants à la conférence
par la porte de derrière, Mark Moody stuart
le président de la BASD invita les
activistes à se joindre à la rencontre afin
d'exprimer leurs critiques.
Les
protestataires ont toutefois refusé
l'invitation. Dans une déclaration
publique, ils devaient reconnaître la
stratégie du « dialogue »
utilisée par la BASD à laquelle ils ont
refusé de conférer une légitimité. La
déclaration disait en substance que malgré
l'overdose de la rhétorique
environnementale des multinationales, les
compagnies membres de la BASD continuent de
violer les droits environnementaux et
sociaux autour du monde. Les manifestants
ont aussi souligné le fait que ces mêmes
compagnies par l'entremise de forum comme
le Dialogue Transatlantique des Affaires
(TABD, cf. LINK 91) poussent pour des
politiques incompatibles avec ce qu'elles
clament faire en matière de développement
durable.
Moody-stuart a le sentiment
que Johannesbourg serait un succès s'ils
arrivent à démontrer que « les milieux
d'affaire font le maximum pour la
réalisation du développement durable en
partenariat avec d'autres parties
prenantes ». Dans un article récent
publié dans le Financial Times, il a mis
l'accent sur son désir d'échanger des vues
avec la critique. Il a dit en substance
« quand des gens s'estiment exclus ils
deviennent frustrés ce qui est extrêmement
dangereux ». Le ton hautain qu'il
adopte met à nue la stratégie inquiétante
du « diviser-pour- régner »
pour appréhender la critique. La BASD a
élaboré un standard de petites phrases pour
ce qui concerne les groupes de la société
civile. On peut citer en l'occurrence
l'assertion de Moody-Stuart lui-même qui
dit que « la grande majorité (des ONG)
sont fondamentalement constructives et
veulent contribuer ». Les groupes
engagés dans le partenariat ou le dialogue
avec l'industrie sont ainsi présentés comme
responsables et ceux qui sont susceptibles
de formuler des critiques plus
fondamentales et qui sont moins enclins à
se compromettre avec leurs demandes sont
marginalisés.
La CCI a particulièrement
une histoire assez trouble dans ces
relations avec les critiques de l'agenda
des multinationales. Ainsi doute-t-elle par
réflexe de la légitimité des groupes de la
société civile qui appellent à des
changements fondamentaux dans le système
économique global. Les porte-parole de la
CCI ont récemment passé à la vitesse
supérieure dans une tentative outrageante
et opportuniste de manipulation de
l'opinion en faisant un lien entre le
mouvement anti-globalisation et les
attaques du 11 septembre sur le World Trade
Center et le Pentagone. La Secrétaire
Général de la CCI Maria Livanos Cattani a
ainsi déclaré que si un nouveau cycle
n'arrivait pas à être lancé au sommet de
l'OMC au Katar se serait « un recul
applaudi par tous les ennemis des
investissements et d'un commerce mondial
plus libre, y compris ceux qui sont
derrière les attaques du World Trade Center
et du Pentagone ». Utilisant de façon
cynique la même opportunité de relation
publique, Dean R O'Hare de la branche
affiliée US de la CCI a lancé un appel pour
un nouveau de round de l'OMC dans le but de
« surmonter les forces de la terreur
et de l'anti-globalisation pour assurer
l'expansion du commerce et des
investissements ».
Des règles
contraignantes ou de
l'autorégulation ?
Il est clair que le désir de s'opposer
à des réglementations internationales liant
les multinationales est la vraie motivation
qui anime les campagnes de l'industrie
visant le Sommet de la Terre. Dans son
allocution d'ouverture à la conférence de
Paris Moody-Stuart déclarait que la
promotion d'une image positive des
multinationales relevait de l'urgence
« puisque d'autres pensent que le
besoin d'une législation et des codes
contraignants pourront seuls assurer que
les milieux d'affaire qu'ils perçoivent
comme n'étant intéressés que par les
profits à court-terme puissent adopter
certaines normes et procédures ».
Même si le patron de la
BASD ne rejette pas ouvertement la
régulation, il affirme généralement qu'elle
n'est pas nécessaire. Il prévient :
« ce qui ne va pas avec les
régulations c'est que au lieu de spécifier
le résultat souhaité, elle vous imposent ce
que vous devez faire. Ce n'est pas bon pour
la créativité ». A la place de la
régulation Moody-Stuart plaide pour le
soit-disant modèle des parties prenantes
dans lequel un problème identifié par la
société est géré par la consultation dans
le cadre d'un débat regroupant toutes les
parties prenantes. Finalement, ainsi va la
théorie les plus grandes compagnies feront
les pas nécessaires dans le « cadre de
travail du libre marché » et la
concurrence contribuera à délivrer les
meilleures solutions.
Le patron de la BASD ignore que ce model
d'autorégulation, malgré sa popularité
auprès des gouvernements au cours de la
dernière décennie s'est révélée incapable à
solutionner les crises environnementale et
sociale globales. Il est si évident que des
initiatives comme le code de conduite
volontaire, l'autorégulation et les
pseudo-solutions basées sur le marché sont
au mieux inadéquates et ne peuvent
certainement pas se substituer à des
réglementations obligatoires et
applicables. Un nombre de plus en plus
grand de groupes dans le Nord et dans le
sud comme les Amis de la Terre
Internationale demandent présentement que
le Sommet de la Terre discute d'un
mécanisme onusien ayant des pouvoirs légaux
et qui puisse obliger les multinationales à
respecter les droits de l'homme, les droits
environnementaux et les droits sociaux
partout où elles opèrent.
Corporate Europe Observation
.
Adaptation d'un article paru dans le
numéro 10 de Décembre 2001 du Corporate
Europe Observer (disponible sur le site
http://www.corporateeurope.org
)
LES PRATIQUES NON
DURABLES DES COMPAGNIES MEMBRES DE LA
BASD
Rio Tinto
Cette compagnie australo-britannique a
été la cible de longues campagnes
organisées par des coalitions de peuples
indigènes, de communautés locales,
d'activistes des droits de l'homme et des
groupes environnementalistes du fait de ses
abus des droits de l'homme et de
l'environnement. Un exemple patent est
l'appui financier et en personnel de la
compagnie au gouvernement indonésien dans
le but de supprimer toute opposition à
leurs mines d'or et de cuivre à Grasberg,
en Papouasie Occidentale. Ces mines ont
causé des dommages irréversibles à
l'environnement et de graves agitations
sociales dont des expulsions, des tortures
et des tueries.
Source : Fédération Internationale
des syndicats des travailleurs des
industries chimiques, de l'Energie et des
Mines (ICEM) site web www.icem.org
TotalFinaElf
Ce géant du pétrole se trouve
présentement devant les tribunaux français
pour sa responsabilité dans la marée noire
provoquée par l'Erika en 1999. Ce pétrolier
à coulé libérant près de 20.000 tonnes de
fuel lourd au large des côtes françaises
qui ont été polluées sur plus de 250 miles.
Plus de 60.000 oiseaux marins ont ainsi
péri. TotalFinaElf dénie la responsabilité
financière. La cour a blâmé la compagnie
pour le transport de combustible lourd dans
des tankers de plus de 15 ans d'âge
(l'Erika en avait 25), mais la compagnie
française a juré de combattre cette
décision qu'elle a jugé discriminatoire.
TotalfinaElf a été aussi impliquée dans des
scandales de corruption en France et en
Allemagne. Elle maintient des liens avec de
nombreux régimes oppressifs.
BP
Tout comme Shell, BP est un acteur clé
dans le processus tendant une coloration
verte du lobby climatique. Malgré la
promotion sophistiquée qu'elle fait
d'elle-même comme étant une conversion en
la responsabilité environnementale d'une
multinationale et la très grande publicité
qu'elle fait de ses investissements dans
les énergies renouvelables, avec cette
autoproclamation d'être la compagnie qui va
« au delà du pétrole », elle
continue d'accroître sa production
pétrolière. Avec la coacquisition récente
de PetroChina, BP (ensemble avec
TotalFinaElf) a été parmi les
multinationales basées en Europe et qui
soient impliquées dans l'exploitation
pétrolière au Soudan appuyant ainsi la
campagne de déplacement menée par le
gouvernement et la guerre civile.
Shell
Malgré son discours vert, les
activités d'exploration et de production
pétrolières de Shell continuent de
s'étendre rapidement exacerbant les
problèmes de changement climatique. La
compagnie s'est impliquée dans les crimes
contre le peuple Ogoni du Nigéria à travers
son financement du précédent régime
militaire aux fins de supprimer les
protestations contre les impacts
dévastateurs de ses opérations dans ces
milieux. Quand le ras-le-bol international
a culminé à l'époque de l'exécution de Ken
Saro Wiwa en 1995, Shell s'est retiré de la
région et a lancé la campagne de RP la plus
sophistiquée qu'elle ait jamais menée. Ce
modèle de gestion de crise pour sauver
l'image de la compagnie a toutefois
souffert d'un couac majeur avec les
récentes informations faisant état d'un
procès que la compagnie intente contre deux
villages du delta du Niger pour des
dommages présumés. La compagnie exige de
grosses compensations de la part de
populations expropriées et qui ont vu leurs
moyens de subsistance et leur environnement
ruinés par ses opérations. Il devient de
plus en plus difficile dans ces conditions
d'avaler le discours mielleux des RP de
Shell.
Procter and Gamble
Cette compagnie a été mis à nue pour
la commercialisation illégale en Inde des
ingrédients génétiquement modifiés de ses
fameux Pringle Chips. En outre, Procter and
Gamble est l'une des quelques compagnies
qui continuent de faire des affaires en
Birmanie malgré les campagnes
internationales tendant à boycotter ce pays
du fait des violations des droits de
l'homme qui y ont cours. En mai 2001, la
compagnie annonçait la suppression de 9.600
emplois en plus des 15.000 de 1999 alors
que dans la même période le salaire de son
DG a fait un bond de 46,4 % passant de
799.100 $ US à 1,17 millions.
Source : site web Corp Watch
(www.corpwatch.org)
Fiat
Plus connue pour ses voitures (même si
elle a des intérêts dans l'édition, la
robotique et l'industrie nucléaire entre
autres choses), Fiat a été entretenue par
plusieurs gouvernements italiens pendant
des années. En 1984 sept officiels de la
compagnie ont été arrêtés pour vente
illégale d'armes à l'Iraq d'un montant de
180 millions de $ US. Il y avait dans le
lot des mines anti-personnelles et
antichars. C'est la plus grosse vente
jamais rapportée. La compagnie opère aussi
avec divers régimes dictatoriaux.