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issue
99
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december 2001
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de l'echec de
l'appproche volontaire et de la nessecite
des reglementations
Les capitaines de l'industrie
surgissent de partout pour protéger
l'environnement, brandissant les principes
des droits de l'homme prétendant faire du
monde un endroit plus sûr. Comment peut-on
expliquer cet enthousiasme de leur
part ?
Les meneurs favorables à la
« Responsabilité Sociale des
Compagnies » (ou CSR pour utiliser
l'acronyme à la mode) ne cachent pas leur
joie au sujet de la révolution dont le vent
souffle à travers les conseils
d'administration et les marchés boursiers.
Les milieux d'affaires réalisent les
avantages qu'il y a à construire un futur
durable.
Les sceptiques du projet CSR voient
toutefois cette révolution comme tout au
plus l'évolution du phénomène de la
globalisation verte en troupe l'œil vers un
système de relations publiques beaucoup
plus virulente.
La plupart des compagnies tiennent
toujours fermement à la fameuse maxime de
l'économiste Milton Friedman qui dit
que « la seule responsabilité
sociale des milieux d'affaires consiste
augmenter les profits dans les limites de
la règle du jeu en d'autres termes une
concurrence ouverte et libre sans tricherie
ni fraudes ». Il y a toutefois au sein
de l'industrie un petit mouvement qui prend
de l'ampleur (englobant des compagnies
allant de Body Shop à BP)et qui s'emploie à
définir ses responsabilités d'une façon
plus large. En publiant des rapports social
et environnemental avec une
« reconnaissance » de la
Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme dans leurs pratiques en matières
d'affaires, ces compagnies entendent
exprimer clairement que les bonnes affaires
qu'elles font –particulièrement dans les
pays en voie de développement- sont aussi
des affaires qui sont bonnes.
Cette tendance vers une transparence et
une surveillance plus volontaires profite à
une mini-industrie globale d'auditeurs
sociaux (comprenant les compagnies des
services financiers comme KPMG et Price
Waterhouse Coopers), sans oublier un nombre
de plus en plus important de fonds
d'investissements sociaux responsables qui
ont besoin de ces informations pour
justifier leurs investissements à leurs
clients. Les gouvernements, les ONG et les
organismes internationaux passent aussi à
l'acte. L'OCDE et l'ONU ont élaboré des
codes de conduite pour les compagnies. La
législation britannique demande maintenant
aux fonds des pensions - qui sont parmi les
pus gros investisseurs dans
multinationales- une divulgation des
critères qu'ils utilisent pour sélectionner
leurs investissements. Le Commonwealth et
l'UE cherchent toujours à encourager les
milieux d'affaires à une adhésion
volontaire aux normes sociales et
environnementales élémentaires. Beaucoup
d'ONG entretiennent aussi les milieux
d'affaires sur les codes de conduite
volontaires.
D'accord pour les codes de conduite
volontaires ?
Il est très difficile de juger de leur
efficacité puisque leurs succès ou leur
échec est difficile à évaluer.
Une rapide visite au
www.codesofconduct.org révèle un nombre
ahurissant de chevauchements fréquents et
des efforts contradictoires de la part
d'organisations bien intentionnées pour une
systématisation du rapport volontaire sur
les impacts des compagnies à travers un
spectre des droits élémentaires. Même si
les partisans du projet CSR issus des
milieux d'affaires et des gouvernements
présentent souvent les systèmes volontaires
comme marchant pleinement , une
caractéristique commune de ces initiatives
est qu'elles constituent des travaux en
cours.
Mêmes des projets très sophistiqués et
ambitieux n'arrivent pas à condenser toutes
les normes des conventions internationales
en matières de droits de l'homme, les
traités, les audits et les découvertes des
groupes test dans un seul code ou un
standard d'audit. En conséquence, ils
essaient souvent de mettre en œuvre un
embrouillamini de diverses normes
essentielles.
Il y a aussi problème avec l'accès au
processus des appels et des vérifications
des informations rassemblées dans les
rapports. Par exemple, il paraît que
l'organe de l'OCDE en charge de la revue
des appels pour ce qui concerne les
entorses à son code de conduite pour les
compagnies traite présentement de cinq
affaires. Le processus de revue a été
clôturé et le public n'a pas accès à cette
information.
Pendant qu'il serait peut-être possible
pour un groupe caritatif, un syndicat ou un
groupe de pression ayant un bureau dans un
pays de l'OCDE de faire appel, comment
alors un pauvre ouvrier chinois ou un
indigène du bassin amazonien pourrait-il
intenter des poursuites contre une
compagnie enregistrée au sein de
l'OCDE ?
En dernier lieu, supposons qu'il y ait
réellement des compagnies qui voudrait se
transformer en des entités responsables. Le
manque actuel d'incitations légales à agir
dans ce sens donne un avantage injuste aux
compagnies qui se sont préparées à faire du
dumping. Dans ce cas la maxime de Friedman
reste toujours valable et vraie : les
« règles du jeu » - qu'elles
soient les règles du commerce mondial, des
législations nationales ou bien la façon
dont les marchés boursiers sont conduits –
doivent permettre la définition de points
de repères quant aux impacts des opérations
commerciales, sur la gestion
environnementale, les droits de l'homme et
les droits du travail.
Pour aller de l'avant
il apparaît que l'approche volontaire
seule ne donnera aucun avantage réel aux
communautés et aux sociétés affectées par
le pouvoir grandissant des compagnies.
Imaginez un code volontaire en matière de
changement climatique plutôt que le
Protocole de Kyoto et vous commencerez à
comprendre notre propos. Le rapport 1999 de
l'ONU sur le Développement Humain le dit si
bien : « les codes volontaires
sont insuffisantes pour les compagnies
multinationales qui occupent une part trop
importante de l'économie
globale ».
Les codes de conduite volontaires peuvent
toujours être utilisés de façon
occasionnelles dans l'avenir même avec des
réglementations effectives sur le commerce
mondial. La responsabilité sociale vraie
des compagnies s'instaurera quand les
milieux d'affaires percevront les approches
volontaires comme des moyens d'anticiper ce
que leurs clients, leurs employés et la
société dans un sens plus large attendant
d'elles plutôt que d'être juste des
instruments de relations publiques.
Tim Concannon, consultant pour FoE
Angleterre, Pays de Gales et Irlande du
Nord.
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