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december 2001   

 

notes de lectures

de l'eau trouble !

Les Basses Œuvres des Grandes Compagnies des Eaux

Les Amis de la terre, Angleterre, Pays de Gales et Irlande du Nord (EWNI°) vient juste de rendre public un rapport détaillant les antécédents sociaux et environnementaux de certaines des plus grandes compagnies des eaux. Ont été passées à la loupe Vivendi, Suez, Enron et Thames Water. Corruption, pollution, pressions multiformes, connections avec des régimes convaincus d'oppressions et d'abus de droits de l'homme ont été les constats. Les Amis de la Terre reste persuadée que ces compagnies ne sont pas ce qu'il y a de mieux pour traiter des eaux mondiales et que les services publics des eaux devraient être retirés des mains du secteur privé.
Les points relevés et détaillés dans le rapport :
  • Un des managers haut placé de Vivendi a été convaincu de corruption et condamné à une peine de prison d'un an et huit mois en juillet 2001.
  • Un des cadre de la Suez a été reconnu coupable de corruption et condamné à quatre ans de prison en 1995.
  • Plusieurs compagnies des eaux sont accusées de corruption dans un important projet en Afrique du sud.
  • Il y a eu une kyrielle de poursuites judiciaires au Royaume-Uni pour pollution environnementale et pour causes sanitaire et sécuritaire
  • Sur les dix pires pollueurs recensés en 1999 par l'Agence Environnementale, sept étaient des compagnies des eaux.
De telles compagnies ne méritent pas d'avoir la main mise sur les eaux du globe. Les privatisations au profit des compagnies occidentales dans le monde en voie de développement n'ont bénéficié qu'aux actionnaires des compagnies laissant les populations et l'environnement en plan. La prise en main des services des eaux a laissé les populations locales face à un déclin dans le service couplé avec des prix si élevés qu'elles n'ont même plus la possibilité de s'offrir de l'eau.

«  Dirty water : The Environmental and Social Records of Four Multinational Water Compagnies » (De l'eau trouble : Les antécédents environnementaux et sociaux de quatre compagnies multinationalesdes eaux – ndT ) Disponible au www.foe.co.uk/resource/briefings/dirty_water.pdf
Il y a aussi « Stealing our water » publié par FoE Ewni en Novembre 2001. Disponible au www.foe.co.uk/ resource / briefings/gats_water.pdf
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politique de l'energie electrique: politique en eau trouble


" Le fait est que ce qui arrive aujourd'hui en Inde n'est pas un problème et les points que certains d'entre nous soulèvent aujourd'hui n'en sont pas les cause s . Ce sont des agitations politiques et sociales qui secouent la nation. On y est impliqué parce qu'on est un être humain ".
Arundhati Roy dans " Power Politics

" Power Politics ", le livre d'Arundhati Roy expose la marque propre et unique de l'Inde sur la globalisation économique et cela pourrait intéresser beaucoup d'activistes. Mais ce qui frappe le plus c'est la capacité de Roy à expliquer ce sujet complexe avec du feeling et de la précision. Roy n'est pas seulement un écrivain de fictions gagneur de prix, c'est surtout une activiste qui s'oppose aux grands barrages sur le fleuve Narmada. Son aversion contre la globalisation économique a pris ses racines de la réalité démentielle, illogique, inhumaine avec corruption à la clé quant à la construction des méga-barrages en Inde.

Roy a relaté comment les protestations des parties politiques ont mis un terme à l'agrément entre la compagnie d'énergie électrique Enron basée US (et présentement en faillite !) et le gouvernement de l'Etat de Maharashtra pour une centrale électrique de 695 mégawatt en 1993. Les opposants au barrage ont soutenu que le contrat puait la corruption. Même Enron devait admettre avoir versé des millions pour "éduquer" les politiciens et les bureaucrates impliqués. Mais l'histoire ne s'est pas arrêtée là.

En 1996, le gouvernement du Maharashtra a signé un contrat de 30 milliards de dollars US avec Enron. Dès qu'ils arrivèrent au pouvoir, les mêmes partis politiques qui s'étaient opposés avec succès au contrat précédent se mirent à paver le chemin pour ce qui allait devenir la fraude la plus massive que l'Inde ait connue. Le nouveau contrat devait rapporter 12 à 14 milliards de profits pour Enron. Mais s'était finalement si cher que l'Etat ne pouvait même plus se le payer. Malgré cela il était obligé de verser 220 millions de dollars annuels à Enron pour les 20 années à suivre. Quand les payements ne suivaient plus, Enron menaçait de mettre les propriétés du Maharashtra (dénommées collatérales dans le contrat) aux enchères publiques.

Les grosses multinationales qui construisent les grands barrages dépendent du marché du Tiers-Monde pour survivre écrit Roy. Quarante pour cent des plus grands barrages mondiaux ont été érigés en Inde. Comme conséquence on a " cinquante six millions de personnes déplacées, appauvries, pulvérisées" écrits Roy.

Le barrage de Maherswar à moitié construit sur le fleuve Narmada, dans la région centrale de l'Inde est l'un des 165 barrages prévus dans la vallée de ce fleuve. Ces projets rencontrent une opposition non violente mais vigoureuse et sans répit de la part du Narmada Bachao Andolan (le Mouvement du Peuple de Narmada) et de Roy.
Avec un coût originellement estimé à 99 millions de dollars US on se retrouve maintenant avec un bond à 467 millions de dollars. La compagnie textile indienne S.Kumars qui pilote le projet n'a jamais opéré dans les grands barrages auparavant. L'électricité que ce barrage produira sera 26 fois plus chère que celle déjà existante du Madhya Pradesh un Etat qui génère du surplus d'énergies. Toujours est-il que les revenus de la compagnie seront garantis par des fonds gouvernementaux. Que les gens achètent ou non de l'électricité n'est donc pas un problème.
" Alors qui paie donc pour ce barrage dont personne n'a besoin" se demande Roy. Les 50.000 personnes qui perdront leurs terres leurs moyens de subsistance constituent assurément une partie de la réponse.

Janice Wormworth, FOEI

Powers Politics de Armundhati Roy a été publié par South End Press en 2001.

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