savoir qui ruine le climat
le gouvernement allemand poursuivi pour
rétention d’information
les amis de la terre –
allemagne
© manana kochladze,
nick cobbing, foe ewni
Port pétrolier près de la plate-forme de
Bakou, d’où part l’oléoduc pour
Ceyhan.
L’Allemagne déclare qu’elle est un
leader en matière de politique climatique.
Bien que ce soit sans doute vrai en terme
de mesures énergétiques prises au niveau
national, qu’en est-il de l’impact des
exportations de la technologie allemande?
Après tout, l’Allemagne est responsable
d’un tiers des exportations dans le secteur
minier, et détient de très fortes parts de
marché dans les usines de productions
d’électricité, l’aviation et les systèmes
de transport public. Ainsi les exportations
allemandes contribuent à déterminer à quel
point les infrastructures énergétiques
mondiales sont et seront climatique ment
néfastes ou non.
Les garanties fournies par les Agences
de Crédit à l’Exportation (ACE) permettent
d’assurer les entreprises vis-à-vis des
risques politiques et économiques qu’elles
rencontrent, particulièrement dans les pays
en développement. L’ACE allemande, Hermes,
apporte des milliards de dollars au
financement de projets dans les secteurs de
l’énergie, des mines et des transports au
nom des contribuables allemands. Ces
projets entraînent la hausse des émissions
de gaz à effet de serre qui sont à
l’origine des changements climatiques.
Le manque de transparence rend
l’estimation précise de la contribution au
changement climatique des projets financés
par le ACE tout à fait impossible.
L’Institut Mondial des Ressources
Naturelles (IMRN) estime qu’Hermes a
financé des projets d’extraction d’énergies
fossiles dans les pays en développement à
hauteur de 2 milliards de dollars entre
1996 et 2001. Hermès a par exemple soutenu
des ventes de matériel destiné à la
construction de Paiton 2 en Indonésie (une
usine de production d’électricité au
charbon très controversée) tout comme plus
de 400 kilomètres de canalisation pour
l’oléoduc Bakou-Tiblissi-Ceyhan, également
décrié, et des ventes d’avions airbus aux
Etats- Unis, en Suède et en Arabie
Saoudite.
Depuis plusieurs années, les Amis de la
Terre- Allemagne et Germanwatch demandent
au Ministère de l’économie et travail des
informations sur des exportations qui
doivent logiquement contribuer au
changement climatique. En invoquant la Loi
Nationale sur l’Information
Environnementale, le groupe a exigé
d’Hermes qu’elle publie une liste détaillée
des projets du secteur de la production
d’énergie auxquels elle a apporté sa
garantie depuis l’adoption du Protocole de
Kyoto en 1997.
Le Ministère a en définitive rejeté
cette demande, en disant qu’elle n’entrait
pas dans le cadre de la loi sur
l’information en matière d’environnement,
et que publier ces informations s’opposait
au secret des affaires. En réponse les Amis
de la Terre et Germanwatch ont déposé une
plainte en juin 2004, en accusant le
Ministère de violer la Loi Nationale sur
l’Information Environnementale. Le résultat
de cette affaire pourrait bien établir un
précédent pour d’autres pays industrialisés
dont les ACE sont impliquées dans
l’exportation de technologies qui
participent aux changements
climatiques.
pour en savoir
plus:
Programme Justice Climatique (en
anglais):
www.climatelaw.org
Germanwatch (en allemand, anglais,
français et espagnol):
www.germanwatch.org
ClimateLawsuit.org (en anglais):
www.climatelawsuit.org