Soutenez-nous

Faire un don

Notre lettre d'information

Abonnez-vous

Contactez-nous

Par email

Par la poste

Suivez-nous ...

Twitter realfacebook Google+
flickr badgeyou-tube

 

 
Vous êtes ici : Accueil / Publications / link / env-rights / 35case

35case

35case
  numero 107 link
janvier 2005   

 

il y a une drôle d’odeur par ici…

la banque européenne d’investissement ignore le droit de savoir

les amis de la terre – slovaquie

Depuis 1999, les gens qui vivent dans la ville slovaque de Ruzomberok s’inquiètent des projets de modernisation et d’augmentation des capacités de production de l’usine de papier Neusiedler SCP. La Banque Mondiale a d’abord songé à financer le projet avant de se retirer du projet. En 2003, les citoyens de la ville ont eu la surprise de voir apparaître sur scène la Banque Européenne d’Investissement (BEI), prête à accorder un prêt de 64 millions d’Euros pour l’usine de papier. Leur ignorance était bien compréhensible puisque la BEI n’a laissé courir les informations sur le prêt que très tard, et uniquement par le biais de son site internet plutôt que par une information adressée directement aux citoyens.

Les rejets de l’usine de SCP dans l’environnement sont la principale raison pour laquelle la ville reste une zone hautement polluée. La ville et ses alentours son connues dans toute la République Slovaque pour l’insupportable odeur due à l’usine. En 1999, plus de 3000 habitants ont signé une pétition contre la pollution de leur environnement à laquelle ils ont affaire de longue date. En dépit de graves problèmes de santé rencontrés par la population de la ville et des zones voisines, les risques que fait planer cette pollution n’ont jamais été correctement évalués.

Malgré les protestations locales, l’entreprise a décidé d’augmenter la production de papier et a donc demandé les permis de construire nécessaires à la modernisation et à l’augmentation de la production. Des citoyens affectés par le projet ont fait appel au vu des irrégularités du processus de délivrance du permis concernant le projet. Se fondant sur leur recours, la cour a décidé de ne délivrer aucun permis tant qu’une enquête sur les sujets d’inquiétude des ONG locales n’aurait pas été menée.

Une information insuffisante et trop tardive

Les citoyens de la zone n’ont entendu parler du projet de la BEI qu’après qu’il a été approuvé par le Conseil d’Administration de la Banque en juillet 2003. En septembre 2003, les Amis de la Terre – Slovaquie ont transmis à la BEI une demande d’information dans laquelle figuraient trois questions simples portant sur la transparence de la procédure d’approbation du prêt. La BEI n’a alors répondu qu’à l’une de ces questions, et par des phrases vagues et de portée générale, insatisfaisantes, accompagnées d’extraits de textes portant sur sa politique en matière d’information.

La BEI a de surcroît accordé son prêt malgré le fait que plusieurs poursuites judiciaires engagées par des citoyens de la ville, au sujet de la violation de leur droit de participation, n’avaient pas encore été jugées. Les ONG locales ont demandé que l’augmentation de la production par SCP ne se fasse qu’à deux conditions: l’installation d’un système de mesure de la qualité de l’air et le démarrage d’une analyse sérieuse de la situation sanitaire locale à la fois avant et après la mise en oeuvre du projet.

L’affaire Ruzomberok n’est qu’une affaire parmi d’autres dans une longue liste de prêts accordés par la BEI en dehors de toute transparence et de participation du public. Ironie de l’histoire, la Banque décrit elle-même le projet comme très positif et a promis que “des améliorations environnementales significatives” en résulteraient.

 

Actions sur le document

Dans le monde

map