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janvier 2005   

 

réchauffement global et réfugiés climatique dans les pays du pacifique

les amis de la terre - australie

Les sept millions environ d’habitants des 22 Etats des petites îles du Pacifique partagent un grave problème: le changement climatique et l’élévation du niveau des mers représentent des menaces sérieuses pour ces populations, dont les effets se ressentent déjà en terme de sécurité alimentaires et d’accès à l’eau comme pour la santé publique. Le recouvrement potentiellement total du territoire de Tuvalu dans les prochaines décennies remet en cause la valeur que le monde accorde aux droits souverains des îles à faible altitude à exister. Or il s’agit d’un des Droits de l’Homme fondamentaux, et pendant que le monde discute de réductions mineures des émissions de gaz à effet de serre on joue le sort des îles du Pacifique à la roulette.

Le pays pacifique du Tuvalu, dont les atolls ont une altitude moyenne de 2,5 mètres audessus du niveau de la mer, a obtenu la reconnaissance internationale en tant que l’une des nations de la planète les plus vulnérables au changement climatique. Cependant toutes les îles du Pacifique sont déjà ravagées par une forte augmentation du nombre et de la puissance des cyclones ces dernières années, dont le Cyclone Heta en janvier 2004, qui a détruit presque toutes les infrastructures de Niue, un île proche de la Papouasie - Nouvelle Guinée. Les grandes marées, de plus en plus fortes, comme les connaît déjà Tuvalu, tout autant que les impacts des intempéries de plus en plus extrêmes sur les infrastructures, l’alimentation et la sécurité de l’approvisionnement en eau, peuvent potentiellement rendre certains pays inhabitables. Les conséquences du changement climatique ne sont donc pas simplement environnementales mais aussi sociales, culturelles et économiques.

Le changement climatique cause deux nouvelles et urgentes questions de droit. Que faut-il faire des gens déplacés en raison du réchauffement climatique? Et que devient le statut de la souveraineté des nations qui doivent abandonner leur territoire national? Puisque des populations de plus en plus grandes se trouvent confrontées à des terres natales devenues inhabitables, nombre d’entre elles devront fuir, devenant des “personnes déplacées pour raison écologique.”

les dimensions sociales du changement climatique

Alors que le concept de réfugié environnemental n’est pas nouveau (le terme est en usage depuis la fin des années 40), les réfugiés climatiques représentent un phénomène nouveau. Dans son Rapport 2001 sur les catastrophes naturelles, la Croix Rouge suggère que 25 millions de personnes (jusqu’à 58 % des réfugiés au monde) peuvent être considérés comme des réfugiés de l’environnement. Ces personnes fuient une multitude de bouleversements, où figure, semble-t-il, le réchauffement mondial.

la dignité fondamentale des personnes, le concept des Droits de l’Homme doit être étendu afin d’inclure les nouveaux problèmes qui vont se développer au XXIème siècle. Cela comprend la reconnaissance du concept de dette écologique et de dette carbone contractées en raison de la surconsommation de pays du Nord par rapport au reste du monde. En termes concrets, cela signifierait la reconnaissance du phénomène de l’apparition des réfugiés climatiques par les gouvernements nationaux et les institutions telles que le HCRNU.

Alors que le Nord devra travailler avec les communautés concernées au Sud (par la reconnaissance de la dette écologique, la hausse et la réforme de l’aide internationale et le transfert de technologies appropriées et durables), la forme la plus complète “d’adaptation” au réchauffement climatique consisterait à reconnaître l’existence des réfugiés climatiques. Tandis qu’on assiste à la prise de conscience de ce que cela serait la mesure à prendre en dernier ressort (ce qu’elle est: une option valable pour les cas où toutes les tentatives d’adaptation aux nouvelles conditions locales ont échoué) des décisions de grande ampleur prises en amont seraient nécessaires à mettre des structures en place afin d’aider les populations à se déplacer lorsque le réchauffement aura rendu leurs existences insoutenables. En ce sens la Nouvelle Zélande et l’Aotearoa devraient être internationalement reconnus pour le

questions de souveraineté

Le militant écologiste Samoan Fiu Mataese Elisara souligne le fait que tous les pays du Pacifique ont le droit d’exister en tant que nations souveraines sur leurs territoires traditionnels plutôt que d’être chassés de leurs terres par le réchauffement climatique. Ce droit est inclus dans l’article 15 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui mentionne que toute personne a droit à une nationalité.

Que cela implique-t-il pour la souveraineté de pays qui ont perdu tout ou partie de leurs terres et de leurs eaux territoriales en raison du changement climatique? Tandis qu’un groupe de Tuvaluens développent des projets d’achat d’une île situées au large de Fidji pour se reloger, que va devenir leur droit à la souveraineté une fois qu’ils auront quitté leurs terres ancestrales? La pratique classique pour les réfugiés consiste à les “incorporer” dans la nationalité du pays d’accueil où ils résident de façon permanente. Mais on peut soutenir qu’ils se retrouvent face à une situation sans précédent à partir du moment où des pays entiers peuvent se perdre sous les flots. Il faudra tester et adapter certaines dispositions de droit national et international pour traiter ce problème spécifique.

Comme le remarque Siuila, “de nombreuses activités des pays industriels se développent aux dépens de l’Environnement”, et dans le cas du changement climatique les impacts sont largement portés par les communautés du Sud. Les décisions nationales relatives aux modèles du développement, aux infrastructures et à l’énergie comportent donc toutes un impact en terme de Droits de l’Homme, qui doit être pris en considération. Les paroles de Siuila rappellent à point nommé que la baisse de la consommation des ressources naturelles au Nord doit également se lire comme visant à empêcher la perte de souveraineté de petits Etats insulaires et d’autres nations extrêmement vulnérables de l’hémisphère sud.

pour en savoir plus:
Les Amis de la Terre – Australie (en anglais):
www.foe.org.au/climate
www.foe.org.au/population

 

 

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