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“Du fait que les parties en présence n’aient été en mesure de certifier que ladite cargaison ne contenait aucune trace de maïs StarLink ou d’autres OGM dont l’effet sur la santé humaine est inconnu, le comité, au vu des circonstances, ne peut autoriser ces importations “
Indian Genetic Approval Commitee, Mars 2003.

 














La plus grande partie de l'aide alimentaire en nature aujourd'hui distribuée dans les pays en développement provient de dons de produits agricoles des Etats-Unis. En l'an 2000, une vive controverse explosa quand il devint évident que des OGM entraient par les colis d'aide alimentaire dans des régions ou des pays dans lesquels ils étaient interdits ou du moins soumis à une information spécifique. Ces envois entraînèrent des critiques de la part de nombreuses ONG, et dans certain cas l'opposition du gouvernement bénéficiaire de l'aide.

l’Inde rejette l’aide alimentaire américaine

L'Inde a instruit la première plainte sur l'introduction d'OGM par le biais de l'aide alimentaire en juin 2000 en en dénonçant la présence dans les envois de nourriture sous responsabilité de l'USAID et du Programme Alimentaire Mondial (PAM). En décembre 2002 l'Inde refusa d'accepter une importante cargaison de nourriture en provenance des Etats- Unis parce qu'elle contenait des produits GM.

M. Gokhale, président de la Commission d'Autorisation [des produits] du Génie Génétique (Genetic Engineering Approval Commitee - GEAC), qui a refusé cette cargaison, a déclaré que "s'il y a une raison de penser que des importations sont susceptibles de nuire à la santé de la population, nous avons le droit de les refuser". Parmi les problèmes soulevés par les autorités compétentes en la matière figurait le fait qu'il n'y avait aucune réelle garantie que le maïs StarLink, une plante GM interdite à la consommation humaine aux Etats-Unis soit absent des soutes de l'aide alimentaire (cf. p. 34).

Plusieurs organisations, telles CARE-Inde ou le Comité Catholique contre la Faim, ont poussé le gouvernement indien à accepter cette aide alimentaire au début de l'année 2003, mais au mois de mars le GEAC la refusa à nouveau, en mentionnant le fait que les importateurs de l'aide alimentaire ne pouvaient par certifier l'absence du maïs StarLink dans les colis de l'aide alimentaire.

De plus le fait qu'il y ait une aide alimentaire à destination de l'Inde est en vérité tout à fait paradoxal puisque les excédents de blé et de riz conventionnels stockés dans les silos de la Coopération Alimentaire (Food Cooperation) de ce pays atteignaient 65 millions de tonnes en 2003.

l'equateur ordonne la destruction de l'aide alimentaire GM

"Nous n'autoriserons pas la consommation de ces types de produit dans notre pays, en tenant notamment compte du fait qu'ils sont tous les deux destinés aux enfants jusqu'à l'âge de six ans et aux femmes enceintes" Le Directeur Général du Ministère de la Santé de l'Equateur, mai 2001

L'Equateur a reçu en l'an 2000 un grand envoi d'aide alimentaire, qui comprenait 30 000 tonnes de pâte de soja. Le PAM organisa la vente de ces produits dont le bénéfice fut utilisé pour des d'opérations alimentaires menées au profit des populations les plus pauvres, notamment les populations indigènes. En inspectant ces dons alimentaires en 2001, des ONG découvrirent que le soja était GM, malgré les directives techniques boliviennes exigeant l'emploi de produits nationaux ; les programmes alimentaires laissaient de plus passer les OGM dans les aides distribuées.

Après cette découverte les autorités équatoriennes ordonnèrent la destruction des produits contenants des matières premières OGM. Elles ne décidèrent pas de mettre fin au programme de lutte contre les carences alimentaires mais firent savoir que le soja GM pouvait être remplacé par le quinoa, les haricots et le soja conventionnel présents sur marché national.

Du maïs Starlink clandestin dans les dons de nourriture à la Bolivie

Au mois de mai 2001, des représentants de la société civile bolivienne dénoncèrent la présence de produits GM dans l'aide alimentaire offerte par l'Agence pour le Développement international des Etats-Unis (USAID). Cela signifiait la violation du moratoire sur les OGM alors en vigueur dans le pays. En réponse, l'ambassadeur américain Manuel Rocha déclara alors que "ceux que ne veulent pas de ce don ne devraient pas non plus se rendre dans notre pays, pour la raison que c'est là la seule nourriture que nous pouvons offrir à nos visiteurs". En mai 2002, un an plus tard, les mêmes organisations découvrirent la présence de maïs Starlink, une variété interdire à la consommation humaine aux Etats-Unis, dans l'aide alimentaire américaine à la Bolivie.

Tout cela est arrivé malgré la promesse faite en 2000 par le Secrétaire du Département d'Etat américain à l'Agriculture selon laquelle l'Agence garantirait l'absence de maïs GM dans l'aide alimentaire. Quand on se rendit compte de la présence de maïs Starlink certains produits distribués aux Etats-Unis, on retira les produits en question des étalages, ce qui provoqua un vaste retour de marchandises chez les fournisseurs (cf. p. 34). Cependant, malgré les demandes écrites auprès de l'USAID afin qu'elle prenne des mesures semblables pour la Bolivie, les autorités américaines ne firent aucun geste pour retirer le maïs Starlink des convois de l'aide alimentaire.

Le soja GM retiré de l'aide alimentaire à la Colombie

On découvrit en mai 2001des produits GM dans l'aide alimentaire américaine à la Colombie. Les concentrations en ingrédients GM découverts dans les échantillons analysés allaient jusqu'à 90%, les plus hauts niveaux jamais constatés jusqu'à présent. On retira après cette découverte le soja GM des programmes alimentaires destinés aux jeunes enfants.

Du maïs contaminé dans l'aide alimentaire au Nicaragua

En juin 2002 plusieurs groupes représentatifs de la société civile du Nicaragua, un des foyers d'origine du maïs, dénoncèrent la présence d'ingrédients GM dans des échantillons prélevés de colis de l'aide alimentaire. Dans un communiqué de presse daté du 24 mai 2002 le PAM déclara qu'il "ne distribuait pas de nourriture impropre à la consommation humaine, à la fois pour les citoyens des pays producteurs (donateurs) et pour ceux des pays qui reçoivent l'aide alimentaire".

Pourtant l'un des échantillons de grains prélevés sur les dons faits par l'Allemagne au Fond Alimentaire Mondial fut testé positif aux OGM, avec un taux de présence de 3,8 %. Ce taux est suffisant pour interdire l'accès de ces produits aux étagères des épiceries allemandes. Les organisations qui firent connaître ces résultats attirèrent l'attention sur le fait que la présence de grains de maïs GM dans l'aide alimentaire lui permettrait de pénétrer dans le berceau de la culture du maïs, créant par la- même une forme de pollution biologique sur laquelle il ne serait pas possible de revenir.

Les incohérences de l'aide alimentaire au Guatemala

La présence d'ingrédients GM dans l'aide alimentaire a été dénoncée par des représentants de la société civile en juin 2002, notamment dans le maïs en provenance du Fond Alimentaire Mondial. Les OGM ne sont pas autorisées dans l'UE et le fait que le Guatemala soit également un foyer d'origine du maïs augmenta les craintes de contamination. La présence de maïs OGM était contradiction avec les engagements pris en avril 2002 par le PAM au Guatemala selon lesquels "l'ensemble des aliments distribué par le PAM est certifié par les autorités sanitaires du Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de l'Alimentation et par le Ministère de la Santé Publique et de la Sécurité Sociale de façon à ne pas permettre l'introduction de produits GM."

L'Ouganda jette à la porte les aliments GM sans étiquetage

L'Ouganda a interdit en 2001 l'entrée sur son territoire d'un convoi formé d'un mélange de graines de soja qui faisait suite à l'accord "Food for Peace" ( de la Pourriture pour la Paix) passé avec les Etats-Unis parce qu'il n'était pas conforme aux obligations nationales d'étiquetage. Le Bureau National des Normes fit remarquer que cet envoi ne comprenait ni la liste des ingrédients ni le nom et l'adresse des fabricants ni les prescriptions d'utilisation.

Les Etats-Unis retirent leur aide alimentaire à la Bosnie

Les autorités bosniaques ont demandé en juin 2001 à leurs homologues américains des informations précises sur les effets potentiels pour les populations comme pour les animaux, du maïs envoyé par les Etats-Unis. Cette demande n'a obtenu aucune réponse mais s'est traduite par le retrait d'un don américain de 40 000 tonnes de maïs GM destiné à l'alimentation animale, d'une valeur de 4 millions de $.

source : Rapport établi par les Amis de la Terre
– International
, Playing with Hunger:
www.foei.org/publications/pdfs/playing_with
_hunger2.pdf

pour en savoir plus :
Genetic resources action international (grain) :
www.grain.org

 

 

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