
En 2001, le gouvernement colombien
autorisa le coton GM Bt à des fins de "pré
commercialisation". L'autorisation octroyée
par les autorités agricoles compétentes en
la matière le fut au terme d'un processus
entaché de nombreuses irrégularités. Il n'y
eut aucune évaluation environnementale
valable et l'approbation fut donnée après
que deux essais seulement avaient été faits
et sur un seul site.
De plus le rôle joué par Monsanto dans
l'obtention de l'autorisation reflète un
processus de prise de décision tout à fait
biaisé. Monsanto était l'auteur des études
et du rapport final portant sur les
caractéristiques du coton Bt et a elle-même
organisé les essais en plein champ. De plus
le vice-président de l'institution
spécialisée conseillant le gouvernement
pour les autorisations finales de plantes
GM était luimême un employé de
Monsanto.
La société civile colombienne a été très
réactive sur la question des impacts du
coton dans le pays, craignant
particulièrement les effets de celui-ci sur
les variétés originaires du pays qui est un
des centres de diversité génétique de cette
espèce. C'est pourquoi certaines ONG
colombiennes furent en février 2003 à
l'origine d'une action juridique
d'initiative populaire contre la décision
du gouvernement.
En octobre 2003, un tribunal
administratif colombien suspendit
l'autorisation accordée à Monsanto pour
l'importation, la culture et les essais de
coton GM. Le tribunal jugea que
l'importation et le test de ce coton GM
violaient les droits collectifs à un
environnement sain et à la santé public
comme la liberté de choix du consommateur
et le droit de participation des citoyens
dans la prise de décision pouvant affecter
l'environnement.
Le tribunal donna raison aux plaignants
sur le fait que l'absence d'autorisation
environnementale de la part du Ministère de
l'environnement comme l'absence
d'Evaluation de l'Impact Environnemental
(l'EI, que Monsanto aurait dû préalablement
réaliser) contrevenait aux lois
environnementales colombiennes.
Le tribunal demanda au Ministère de
l'Environnement de produire une EIE selon
les exigences légales, et inculpa Monsanto
pour avoir mené une telle étude. Enfin le
tribunal demanda au Bureau du Ministère
Public d'enquêter sur le processus
d'autorisation en raison d'une corruption
potentielle.
Cette décision constitue une importante
victoire pour les défenseurs de
l'environnement en Colombie puisqu'elle est
la première décision de justice concernant
l'introduction des OGM. Elle renforce
également les droits à la participation
publique pour les décisions administratives
qui sont susceptibles d'affecter
l'environnement, la santé et modes de
production de la population
colombienne.
source
:
Semillas Colombia, site en espagnol
:
www.biodiversidadla.org/article/view/3866
pour en savoir plus
:
Les Amis de la Terre - Colombie, site
en Espagnol
:
www.censat.org