Soutenez-nous

Faire un don

Notre lettre d'information

Abonnez-vous

Contactez-nous

Par email

Par la poste

Suivez-nous ...

Twitter realfacebook Google+
flickr badgeyou-tube

 

 
Vous êtes ici : Accueil / Publications / link / gmo / 34

34

34
  link
  

 

"Ce que Monsanto a demandé à Washington, Monstre l'a obtenu, et par extension toute l'industrie biotechnologique. Lorsque la stratégie de l'entreprise réclamait des réglementations, on adopta des règles avec le soutien des industriels. Et quant elle décida brusquement qu'il était nécessaire de jeter celles-ci et pardessus bord de pousser les produits GM sur le marché, la Maison Blanche s'est empressée de proposer une généreuse réglementation, exceptionnellement taillée sur mesure."
Biotechnology Food: From the Lab to a Debacle", The New York Times, 25 janvier 2001.

Au long des dix années de commercialisation qui se sont écoulées, l'industrie biotech américaine a affirmé sans relâche que les plantes GM étaient sans danger, qu'elles ne présentaient aucun risque pour l'environnement ni pour la santé et qu'elles procureraient de multiples avantages aux agriculteurs et aux consommateurs, en particulier des meilleurs rendements et une plus meilleure qualité des aliments.

Les aliments GM sont sur les rayons des supermarchés américains depuis une dizaine d'année. Plus de 50% des produits de l'industrie alimentaire aux Etats-Unis contiennent des OGM et plus de 28 millions d'hectares sont cultivés en OGM. Pourtant le débat sur les plantes GM a été relativement calme en comparaison avec le tumulte qui agite le débat au niveau international, niveau auquel l'introduction des OGM a jeté le trouble, rencontré une large opposition et même une refus catégorique.

les etats-unis, terre de liberté pour les ogm

Aux Etats-Unis, l'alimentation GM est considérée comme substantiellement identique à son homologue conventionelle. Le système réglementaire a été établi en partant de la notion que les modifications génétiques n'apportaient aucune modification, donc aucun danger et qu'elles ne nécessitaient aucune obligation de test de sécurité ou ni réglementation spécifique. Il n'est donc pas surprenant de constater que le gouvernement des Etats-Unis n'a orienté que de très faibles crédits à la recherche des impacts potentiels de ces plantes sur la santé et l'environnement. Le Département d'Etat à l'Agriculture des Etats-Unis a par exemple dépensé seulement 3,6 millions de $ pour examiner les effets potentiels des OGM sur un budget total de 193 millions destiné à la recherche.

L'une des raisons du laxisme de cette réglementation aux Etats-Unis se trouve dans l'immense influence des industries biotechnologiques sur le gouvernement - en particulier celle de Monsanto.

l'absence de risques des ogm en question

Ces dernières années, le débat sur les plantes GM a monté d'un ton, et l'inefficacité totale du système réglementaire a été sujet à des critiques croissantes. On a ainsi reconnu que la politique d'évaluation des éventuels dangers des OGM par la Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis était totalement inadaptée.

En 2003 un rapport établi par le Center for Science in the Public Interest concluait que le processus réglementaire ne permettait pas à la FDA de garantir que la consommation des OGM était exempte de risque: les toxines et les substances qui sont susceptibles d'affecter la sécurité alimentaire et les qualités nutritionnelles ne sont ni recherchées ni soumises à évaluation; les méthodes employées pour les test allergéniques sont déficientes; les informations données sur ces plantes ne sont pas assez précises et ne contiennent pas les informations utiles pour se déterminer sur les dangers induits, et ainsi de suite.

Le fait que le gouvernement américain continue à refuser de commander des études sur les risques induits et à ordonner l'étiquetage cause la colère de citoyens américains de plus en plus nombreux. Plusieurs actions en justice ont été intentées et des centaines de milliers de personnes exigent l'étiquetage spécifique ainsi que la conduite de tests alors que plusieurs incidents, dont le scandale portant sur le Starlink et la contamination par des plantes biopharmaceutiques ont souligné la faiblesses et les tares du système réglementaire des Etats-Unis.

le scandale starlink

"Je pense que nous ne voyons pour l'instant que la face émergée de l'iceberg. Nous ne savons rien de ce qui se trouve dans ces silos et quand nous laisserons ce truc en sortir pour que ce soit testé, ça pourrait s'avérer être de pire en pire."
Un ensileur de l'Iowa, The Washington Post, 5 octobre 2000.

Le Starlink est une variété de maïs GM autorisé aux Etats-Unis uniquement pour la nourriture des animaux. La consommation n'en est pas autorisée en raison de la potentielle allergénicité de la protéine Cry9C qui a été introduite par ingénierie génétique dans ce maïs. Malgré cela, les Amis de la Terre en ont découvert la trace dans le produit "Taco Bell", des amuse-gueule contenant de produits dérivés du maïs ce qui voulait dire par extension que du StarLink se trouvait dans les chaînes de distribution de l'alimentation humaine.

L'étendue et la gravité de la contamination par le Starlink étaient propres à couper le souffle. On enleva des rayonnages plus de 300 produits dans tous les Etats-Unis. Bien que le Starlink n'était cultivé que sur 0,4 % de la surface totale cultivée en maïs, le nombre total d'hectares contaminés était beaucoup plus important. Plus étonnant était le fait que bien qu'on ait estimé qu'au départ la contamination ne provenait que des graines Starlink, on montra qu'en définitive la protéine Cry9C était présente dans plus de 80 autres variétés de maïs dur. On en trouva de façon encore plus inattendue dans un maïs tendre, alors qu'il était prévu au départ que la contamination ne pouvait concerner que des variétés de maïs dur.

La contamination par le Starlink ne s'est pas cantonnée aux Etats-Unis, mais fut également signalée en 2000 et 2001 dans des cargaisons à destination du Japon et de la Corée du Sud. Cela se traduisit aussi dans ces pays par une série de retours au fournisseur. En juin 2002, à Rome, au sommet mondial sur l'alimentation, des ONG sud-américaines annoncèrent qu'on avait trouvé du Starlink dans l'aide alimentaire à la Bolivie et on en trouva à nouveau au Japon en décembre 2002.

Le cas du Starlink fournit la preuve évidente que la contamination est l'un des problèmes les plus urgents posé par l'introduction des OGM dans l'environnement. Une fois qu'un organisme est introduit, les conséquences en sont imprévisibles et l'impact totalement inconnu. Le fait qu'une fois libéré dans l'environnement un organisme est extrêmement difficile à contrôler et à capturer a été totalement ignoré par les autorités américaines, et le problème de la contamination réelle des organismes vivants illustre bien l'inaptitude totale des réglementations américaines à faire face aux problèmes posés par les OGM.

"On pourrait penser que l'industrie agricole américaine tournés vers l'exportation n'aurait d'autre choix que de s'incliner devant la demande de tenir les OGM éloignés de leur homologues intacts et plus généralement de retirer de la vente les produits sujets à la controverse. On aurait tord. La véritable stratégie consiste à répandre une pollution génétique si importante que la demande des consommateurs de trouver des produits sans OGM ne puisse trouver aucune réponse. L'idée est tout bonnement de polluer plus vite que les pays ne peuvent légiférer et donc qu'ils modifient leurs lois pour s'adapter à la contamination." The Gardian, 21 janvier 2001.

la contamination biopharmaceutique

"Les projets qui visent à ajouter des gènes de production de médicaments à des plantes montrent nous n'avons rien appris (.) On se demande pourquoi il y a sur Terre des entreprises qui s'occupent de placer de tels gènes dans des plantes qui par pollinnisation et mélange avec d'autres grains finiront pas trouver leur chemin vers nos assiettes." The New Scientist, juillet 2002.

L'expérience des Etats-Unis en matière d'OGM donne l'exemple d'un autre problème environnemental de premier ordre, celui des biopharmaceutiques. La "biopharmacie" est une application expérimentale des biotechnologies par laquelle des plantes sont GM pour produire des protéines pharmaceutiques et d'autres substances qu'elles ne produisent pas naturellement. Le peu d'exemples connus concernent un contraceptif, des hormones de croissance, une coagulant, un anticoagulant, des enzymes industriels et des vaccins.

Le premier cas significatif de contamination par des biopharmaceutiques a été rapporté en novembre 2002. L'entreprise en cause, Prodigene, a conduit une série d'essais en plein champs sur des plantes porteuses de produits pharmaceutiques ou destinés à l'industrie. L'incident est survenu parce que Prodigene n'a pas réussi à retirer correctement du terrain toutes les graines issues d'un essai en 2002. Bien naturellement quelques graines sont restées dans le sol et ces "bénévoles" ont germé en 2003, contaminant par la même occasion un champ de soja. Quand le soja fut récolté et ensilé au Nebraska, on a découvert qu'il avait été contaminé par le maïs Prodigene. 500 000 tonnes de soja, pour une valeur de 2,7 million de $, furent placés en quarantaine par le Département de l'Agriculture des Etats-Unis qui ordonna ultérieurement leur destruction.

Cet exemple devrait suffire à prouver que la culture en plein air des plantes biopharmaceutiques menace les chaînes d'approvisionnement alimentaire, met les cultures non pharmaceutiques en grand danger de contamination et qu'elle peut poser de graves problèmes pour les milieux naturels et la gestion des écosystèmes. Aux Etats Unis, on a mené quelque trois cent cultures en plein air entre 1991 et 2002.

En octobre 2003, Monsanto a annoncé son abandon des technologies biopharmaceutiques ainsi que la fermeture du service de 70 personnes qui les avaient en charge. Cela faisait suite à la pression exercée sur le gouvernement américain par des groupes de défense de l'environnement et de consommateurs en même temps qu'une très vive opposition de la part de l'industrie agroalimentaire concernée par les risques sanitaires touchant les consommateurs du fait de la contamination.

augmentation des quantités de pesticides dans les champs d'ogm

L'un des principaux arguments de l'industrie biotech est depuis toujours que les cultures GM produisent un avantage environnemental, en particulier parce que les variétés tolérantes aux herbicides (HT) nécessitent un moindre recours aux herbicides

Pourtant des études récentes sur l'emploi des pesticides pour les variétés GM ont montré une hausse progressive de leur utilisation entre 1996 et 2003. Le volume de pesticide utilisé avec les maïs, soja et cotons GM tolérants aux herbicides a augmenté de plus de 33 000 tonnes entre les périodes 1996-98 et 2001-3.

Il existe de nombreux facteurs qui peuvent entraîner l'augmentation de la quantité moyenne de pesticides employés à l'hectare, mais on a montré que le recours à un unique herbicide (la méthode de base pour traiter les mauvaises herbes dans les parcelles plantées en plantes GM tolérantes aux herbicides) en était la cause principale.

"L'emploi systématique d'un seul herbicide est la méthode de base, si ce n'est la seule, pour traiter les mauvaises herbes dans les champs plantés avec des variétés tolérantes aux herbicides, et le résultat concret en est l'inévitable réponse écologique à une si importante pression de sélection par les herbicides: le besoin d'appliquer de plus en plus d'herbicides à l'hectare pour atteindre le même niveau de contrôle des mauvaises herbes "
Charles Benbrook, 'Impacts of genetically engineered crops on pesticide use in the United States: The first eight years', novembre 2003.

pour en savoir plus :
Site des Amis de la Terre - Etats-Unis : www.foe.org/camps/comm/safefood/gefood/index.html GE Food Alert Website : www.gefoodalert.org/pages/home.cfm

le protocole sur la biodiversité contredit la politique des etats-unis en matière d'ogm

Le Protocole sur la Biodiversité a été adopté par les Nations Unies en l'an 2000 à Montréal (Canada) ; il vise à protéger l'environnement des risques potentiels engendrés par les OGM. Il est entré en vigueur le 11 septembre 2003 et plus de 80 pays dans le monde en étaient signataires au début de 2004.

L'un des objectifs principaux du Protocole consiste à réglementer les mouvements d'OGM entre pays. Le Protocole est le premier accord international qui considère que les OGM diffèrent des organismes conventionnels et qu'ils nécessitent en conséquence un traitement propre. Il contredit donc les politiques soutenues par certains pays, dont les Etats-Unis, qui continuent de considérer que les OGM ne sont pas différents de plantes et animaux classiques dont ils dérivent.


pour en savoir plus : www.biodiv.org/biosafety/default.aspx

 

 

Actions sur le document

Dans le monde

map