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Percy Schmeiser dans ses champs du Saskatchewan, Canada. © percy schmeiser

"J'ai utilisé mes propres graines pendant des années, et à présent on dit aux agriculteurs comme moi qu'ils ne peuvent plus le faire, si l'un de leurs voisins cultive des variétés (GM) dont le pollen se répand dans leur champs. (...) En fait on nous a retiré le droit d'utiliser nos propres graines." Percy Scheiser, agriculteur canadien.

Le droit coutumier des agriculteurs à conserver, utiliser et échanger leurs semences et autres produits agricoles est l'une des pierres angulaires de toute pratique agricole. Les agriculteurs ont traditionnellement mis leurs semences en réserve pour les ressemer l'année suivante. A présent les semenciers vendent des graines GM à de nombreux agriculteurs mais en signant un contrat selon lequel ils ne s'en serviront que pour une saison ce qui signifie qu'ils sont obligés d'acheter leurs semences chaque année à l'entreprise.

Le géant biotech Monsanto poursuit actuellement des agriculteurs américains et canadiens devant la justice pour avoir conservé leurs graines et donc enfreint le droit des brevets ; mais même des agriculteurs qui n'ont jamais acheté des graines OGM se retrouvent face au risque de perdre leurs droits sur les leurs en raison de contaminations génétiques. Monsanto poursuit des agriculteurs dont les champs ont été contaminés par leurs variétés GM brevetées malgré le fait qu'ils n'aient jamais volontairement cultivé de plantes OGM. Le cas de l'agriculteur canadien Percy Scheiser illustre parfaitement les nouvelles menaces que les OGM font peser sur les activités des agriculteurs partout dans le monde.

le témoignage de percy scheiser sur son combat contre monsanto

"Je m'appelle Percy Scheiser. Je suis un agriculteur canadien. Depuis cinquante ans, ma femme Louisa et moi cultivons un domaine de 580 hectares à Bruno, dans le Saskatchewan. Nous avons construit une exploitation prospère. Le colza est une production importante pour nous. Nous en vendons depuis des années partout dans le monde pour faire de l'huile et comme nourriture pour le bétail. Comme la plupart des agriculteurs de l'Ouest du Canada, je récoltais et stockais mes propres graines. Après des années de sélection je possédais une variété qui donnait un bon rendement, assez résistante aux maladies locales et comprenant peu de mauvaises herbes.

En 1997, je pulvérisais comme d'habitude du Roundup sur les mauvaises herbes et sur le colza dispersé çà et là autour de mes champs. J'eus la surprise de voir que de nombreux plants de colza avaient survécu à cette application. Est-ce que je m'étais trompé dans la concentration de l'herbicide ? Je réalise maintenant que c'était le premier signe que mes champs avaient été contaminés par du colza GM.

Mes voisins, comme 40 % des agriculteurs de l'Ouest du Canada, sèment du colza GM. Depuis 1993, Monsanto-Canada a été autorisé à utiliser cette technologie qui rend les plantes résistantes à cet herbicide à base de glyphosate, le Roundup. Les agriculteurs peuvent alors utiliser très largement le Roundup sans endommager leurs cultures GM. En 1995, le Canada a approuvé sans conditions l'introduction du colza GM et les entreprises locales ont commencé à en vendre en 1996.

Bien que Monsanto possède le gène et le savoirfaire technique, elle n'a pas fait grand-chose pour maîtriser l'utilisation de son invention une fois celle-ci introduite dans l'environnement. En 1998, des inspecteurs de Monsanto sont entrés sur mes terres sans autorisation et ont pris du colza. Ils m'ont ensuite accusé de cultiver du colza GM sans autorisation et m'ont poursuivi en justice. Si Monsanto soupçonne que des agriculteurs cultivent du colza GM sans licence, ils prélèvent des plants de colza pour faire une inspection. Si les résultats du test sont positifs, et que le contrat n'a pas été conclu ni les droits de licence versés à hauteur de 37 $ canadien par hectare une procédure judiciaire pour utilisation frauduleuse du brevet de Monsanto s'ensuit.

Dans mon cas les graines s'étaient elles-mêmes semées sur mes terres et avaient pollinisé mon colza classique. La saison suivante je me suis efforcé de restreindre la contamination génétique en achetant de la semence nouvelle mais 20 % de ma récolte était toujours contaminée.

Au Canada il n'existe aucune loi s'opposant au transport de colza au moyen de camions à bennes ouvertes ou contre le fait de laisser le colza fauché dans les champs. Les petites graines du colza peuvent donc facilement se répandre. Il est également impossible d'empêcher le pollen de s'envoler. Le gène responsable de la résistance au glyphosate est un gène dominant et le colza est une plante à la pollinisation très facile. Lorsqu'une plante GM se croise avec un colza classique, la résistance est transmise à la génération suivante. Dans mes champs, la variété GM était plus fréquente le long de la route ; il y en avait peu en dehors de cette zone. Quand j'ai reçu la convocation de la cour, je me suis demandé pour quelle raison quelqu'un pouvait penser que j'aurais délibérément mélangé du colza GM avec mon propre colza.

Le seul avantage du colza GM est sa résistance au Roundup. Si un agriculteur répand du Roundup sur une culture dans laquelle ont été semées à la fois des graines GM et classiques, il peut donc s'attendre à de lourdes pertes. Pour ma défense, j'estime que la possession des graines ne viole pas le brevet de Monsanto. Elle ne devient une violation de ce droit qui lorsque je pulvérise ma parcelle avec du Roundup et rend l'innovation active, c'est à dire le gène qui confère la résistance au glyphosate.

Quels sont les droits de Monsanto lorsque ce gène s'est incorporé de lui-même dans une graine ou une plante ? L'agriculteur est propriétaire des semences et des plantes cultivées. Le colza GM a la propriété de s'introduire là où il n'a pas été planté, il a la faculté propre de se répliquer. J'estime que Monsanto perd l'exclusivité de ses droits dès lors qu'il perd le contrôle de son invention. Comment les agriculteurs peuvent-ils éviter que du colza GM pénètre dans leurs cultures, devenant ainsi une herbe contaminante?

des agriculteurs biologiques poursuivent les grandes entreprises en justice

"Puisque le blé est le pivot du système agricole de la prairie, et qu'il est de plus essentiel aux rotations des cultures de l'agriculture biologique, le laisser exposé à la contamination génétique dévasterait l'agriculture biologique au Saskatchewan. (.) Nous sentons bien que nous n'avons pas d'autre choix que d'attaquer en justice. C'est une question de survie pour l'agriculture biologique au Saskatchewan." Arnold Taylor, President du Saskatchewan Organic Directorate.

Les regroupements d'agriculteurs biologiques du Canada se battent contre la contamination génétique de leurs cultures.

En janvier 2002, deux agriculteurs biologiques du Saskatchewan ont intenté un action juridique de portée générale au nom de tous les agriculteurs du Saskatchewan certifiés en agriculture biologique contre les deux géants de la biotech Monsanto et Aventis. Le but de l'action consiste à obtenir des compensations pour les préjudices causés par l'introduction des colza GM d'Aventis et de Monsanto ainsi qu'une injonction qui empêche l'introduction du blé GM Monsanto au Saskatchewan. L'action a également pour but de rendre les entreprises juridiquement responsables de la contamination génétique en tant que violation de propriété privé, négligence et pollution de l'environnement.

pour en savoir plus :
Site de Percy Schmeiser's
: www.percyschmeiser.com
Saskatchewan Organic Directorate
: www.saskorganic.com

 

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