Personal tools
  • mobilize, resist, transform
You are here: Home francais publications link gmo 4
 

voices icon

 

4

4
  link
  

 


Agriculteurs et citoyens venus de tout le Royaume-Uni lors la manifestation anti-OGM "Tracteurs et Caddies" (Tractors and Trolleys) d'octobre 2003 nick cobbing/foe ewni

La première décénnie de commercialisation des plantes génétiquement modifiée (GM) a été un échec retentissant pour les entreprises du secteur biotech. La première plante GM fut commercialisée en 1994. Dix ans plus tard les promesses des entreprises biotech et de leurs groupes de pression n'ont toujours pas pris corps et l'opposition aux OGM n'a cessé dans le même temps de prendre de l’ampleur à travers le monde.

un nouvelle agriculture bien aventureuse

L’application du génie génétique aux plantes cultivées est sans nul doute la plus radicale transformation survenue dans l’alimentation depuis les premiers
jours de l’agriculture il y a maintenant plus de dix mille ans. La première plante GM a été commercialisée aux Etats-Unis en 1994. La tomate dont il s’agit,
“Flavr Savr”, mise au point par la société Calgene, fut un échec et fut finalement retirée du marché, mais d’autres plantes reçurent un meilleur accueil et, entre 1996 et 1999, on sema dans les champs un nombre significatif de plantes GM, principalement aux Etats-Unis, en Argentine et au Canada.

Le germe d'une opposition mondiale

L’enthousiasme de l’industrie biotech pour l’introduction des plantes GM tout autour du globe n’est pas partagé par tout le monde. Dès les premières mises sur le marché, de graves questions se sont en effet posées sur les impacts potentiels de ces nouvelles cultures sur la santé et l’environnement comme sur leurs conséquences socioéconomiques.

L’opposition aux OGM s’est soulevée sur tous les continents vers la fin des années 90. L’Union Européenne a adopté un moratoire sur les cultures commerciales GM, des interdictions ont été établies dans des pays d’Asie et d’Amérique Latine et de nombreux pays du Sud ont refusé des aides alimentaires contenant des produits GM. Dans l’ensemble les consommateurs du monde entier se sont montrés réticents à accueillir les produits GM.

Bien que l'industrie biotech espérait que les populations et les gouvernements accueilleraient les plantes GM sans se poser de questions le scepticisme public l’a forcé à concentrer ses activités sur quelques pays. Les entreprises n’ont pas réussi à mettre sur le marché des produits présentant de nets avantages pour les agriculteurs et les consommateurs. Au lieu de cela elles ont créés de problèmes tout à fait nouveaux et alarmants, notamment celui de la contamination génétique.

Les géants de la biotech et leurs puissants groupes de pression ont largement investi dans des stratégies de communication destinées à vendre leurs produits. Ils ont par exemple brocardé le riz GM “Golden Rice” en tant que solution aux problèmes de carences en vitamine A de certains pays en développement, mais à ce jour cela semble tenir plutôt du canular que d'une solution sérieuse. Derrière le rideau, ces entreprises ont joué de malhonnêteté pour assurer la défense de leurs intérêts: elles se trouvaient ainsi derrière de nombreuses menaces de sanctions commerciales dont les multiples tentatives faites par les Etats-Unis pour imposer les aliments GM à des pays réticents comme la Bolivie, la Croatie, le Sri Lanka et l'Union Européenne.

Pourtant l'opposition des citoyens aux OGM continue à faire boule de neige. En Europe la méfiance est si forte qu'on a retiré les OGM de la plupart des rayons de supermarché. En ce qui concerne le Sud, plusieurs pays d'Amérique Latine, d'Afrique et d'Asie ont totalement rejeté certaines aides alimentaires parce qu’elles contenaient des produits GM. La suspicion des consommateurs et des distributeurs a obligé Monsanto à retarder la mise sur le marché de son blé OGM, initialement prévue pour 2004.

dix ans après, des promesses et une agriculture intenables

Les entreprises biotech ont promis que les plantes GM étaient sans danger, qu’elles fourniraient une nourriture de meilleure qualité et à moindre coût,
qu’elles étaient écologiquement soutenables, qu’elles amélioreraient la production agricole et qu’elles nourriraient les pays en développement.

Dix ans après, aucune de ces promesses n’a été tenue. Les systèmes réglementaires des pays de production de plantes GM ne sont pas en mesure de garantir l’absence de dangers liés à ces plantes et les accidents survenus à propos du Starlink et des plantes biopharmaceutiques ne sont que les premièrs signaux des implications sanitaires potentielles de l’introduction dans la chaîne alimentaire de produits interdits à la consommation humaine. Qui plus est il n’y a pas sur le marché un seul aliment GM qui soit moins cher ou de meilleure qualité que son homologue “naturel” et les OGM existant sont de plus nuisibles à l’environnement: la plupart d’entre eux sont tolérants aux herbicides, ce qui signifie qu’ils nécessitent plus de pesticides que les variétés conventionelles.

Les pays en développement ont déjà rencontré de sérieux problèmes avec les plantes GM. Ainsi dans différentes régions d'Inde et d'Indonésie, les agriculteurs se sont plaints de ce que le coton GM de Monsanto ne s’était pas trouvé conforme aux déclarations de l’entreprise selon lesquelles il donnerait de meilleurs endements et qu’il améliorerait leur niveau de vie. De plus le cas de l’Argentine prouve que les cultures GM ne sont pas une solution valable pour nourrir le monde, comme les sociétés biotech l'avaient promis: l’Argentine est le deuxième producteur de produits GM au monde, mais des millions d’habitants de ce pays vont chaque jour se coucher le ventre creux.

Les grandes enterprises biotech telles que Monsanto sont conduites dans l’objectif de prendre le contrôle des marchés. En 2003, Monsanto demeurait leader sur le marché des plantes GM. Les semences modifiées par Monsanto représentent plus de 90 % de la surface totale plantée avec des plantes portant des traits de tolérance aux herbicides ou de résistance aux insectes et, selon le rapport annuel de l'entreprise, son herbicide Roundup est le plus vendu au monde. Dans le même temps, l’entreprise poursuit des centaines d’agriculteurs aux Etats-Unis et au Canada dans l’intention de les empêcher de conserver leurs graines, une tradition et un droit dont ils jouissent depuis le commencement de l’agriculture.

Le rêve des entreprises du secteur biotech d'introduire à très grande échelle des plantes GM dans le monde entier exacerberait la vulnérabilité écologique déjà associée à l'agriculture monospécifique.

Dix ans après leur introduction, on peut affirmer que les plantes OGM nous conduisent dans la voie dangereuse d'une agriculure écologiquement insoutenable.

Heureusement, il existe des alternatives viables et concrètes aux OGM. Elles sont presque toujours moins coûteuses, d’accès plus simple, plus productives dans des environnements difficiles et plus acceptables aux points de vue culturel et social. L'échec des sociétés biotech sur la dernière décennie et la montée de l'opposition mondiale devra permettre de précipiter un revirement favorable à d’autres solutions agricoles, des techniques sûres et moins coûteuses que celles de l'actuelle industrie biotechnologique multimilliardaire.

 

Document Actions