
En 1999, le gouvernement du Royaume Uni
a demandé à un groupe de chercheurs de
chercher à savoir comment la culture de
plantes GM pouvait influer sur l'abondance
et la diversité des espèces sauvages des
zones agricoles comparément à la culture
des plantes conventionnelles des mêmes
espèces. Les résultats étaient destinés à
aider le gouvernement à se décider sur
l'autorisation de commercialisation des
plantes GM sans être toutefois l'unique
élément de décision. Les chercheurs
étudièrent trois espèces modifiées pour
être tolérantes aux herbicides ainsi que
leurs homologues conventionnelles: la
betterave, le colza et le maïs. On
rechercha les effets de ces plantes sur les
mauvaises herbes et les invertébrés sur
trois périodes de culture, de 2000 à
2002.
des effets mitigés sur les papillons et
les abeilles
Les chercheurs britanniques ont établi
que la culture des betteraves
conventionnelles et du colza de printemps
était meilleure pour de nombreux groupes
d'espèces sauvages que leurs équivalents
GM. Il y a plus d'insectes, par exemple des
papillons et des abeilles, dans et autour
des plantes classiques car il y a plus de
mauvaises herbes pour leur fournir
nourriture et abri. Ces herbes produisent
aussi plus de graines souvent importantes
dans le régime alimentaire de certains
animaux, en particulier pour les oiseaux.
On prévoit que le déclin à long terme de la
part relative de mauvaises herbes
s'accélère, entraînant avec lui " un déclin
accéléré du nombre des espèces" sous le
régime des plantes GM tolérantes aux
herbicides.
Toutefois, le maïs tolérant aux
herbicides est apparu plus favorable que le
maïs conventionnel à plusieurs groupes
d'espèces sauvages. Il y a plus de
mauvaises herbes dans et autour des
cultures de maïs GM, plus de papillons et
d'abeilles dans leurs alentours à certaines
périodes de l'année et plus de graines
sauvages.
En général les champs de colza et de
betteraves conventionnels sont plus riches
en flore et en faune et les champs de maïs
conventionnels plus pauvres. Ces impacts
différents s'expliquent par des usages
différenciés des herbicides et se
retrouvent de façon cohérente selon les
lieux, les exploitations, les années et les
différents niveaux initiaux de présence des
mauvaises herbes.
extinction de l'alouette des champs
dans 20 ans?
Si ces faits se confirment dans le
contexte d'une culture généralisée des
plantes GM tolérantes aux herbicides, alors
l'utilisation des herbicides actuels
associé à ces cultures devrait exacerber le
déclin de long terme des mauvaises herbes,
dont de nombreuses espèces importantes pour
l'alimentation de nombreux invertébrés,
petits mammifères et oiseaux. Un essai de
modélisation publié par le Département de
l'Environnement, de l'Alimentation et des
Affaires Rurales trois jours avant
l'édition de l'étude en plein champs a
permis de prédire que le niveau de contrôle
des mauvaises herbes rendu possible par la
commercialisation des colza et betterave GM
pourrait entraîner l'extinction de
l'alouette dans deux décennies pour cause
d'insuffisance des ressources en
nourriture. Deux mauvaises herbes communes
représentant une importance source de
nutrition pour les espèces sauvages, le
chénopode bon-henri et le mouron des
oiseaux, pourraient aussi disparaître dans
un demi-siècle.
En revanche les mêmes mauvaises herbes
pourraient devenir beaucoup plus nombreuses
après un passage du maïs conventionnel au
maïs tolérant aux herbicides en raison du
meilleur contrôle des mauvaises herbes par
l'emploi des herbicides actuels comparé à
ceux qu'on emploie avec ce dernier. Par
ailleurs la validité des essais du maïs TH
a été mise en doute lorsqu'une semaine
avant que les résultats ne soient publiés
l'UE a interdit usage de l'atrazine et la
simazine à partir de 2005. Le traitement
des mauvaises herbes étant effectué à
l'atrazine dans 75 % des cultures
conventionnelles dans l'étude en plein
champ, les essais ne forment donc plus une
comparaison réaliste les deux possibilités
futures de culture du maïs.
Le fait qu'il n'y ait eu aucun effort
d'évaluation du rendement ou de la qualité
de la récolte constitue une critique
supplémentaire. Cela veut dire qu'il n'y a
aucune façon de savoir si les gains que
permet le maïs GM TH en matière de
biodiversité seront acceptés dans le cadre
d'une exploitation commerciale, car il
semble peut probable qu'il serait cultivé
comme lors de l'étude. L'époque cruciale
pour le contrôle des mauvaises herbes est
celle de la germination des graines. Dans
les échantillons conventionnels utilisé
pour le test, les herbicides furent
utilisés pour une telle application alors
que dans les essais sur le matériel GM,
l'application de l'herbicide fut
délibérément décalée de façon à laisser les
graines se développer.
source
:
Farm Scale Evaluation Report
:
www.defra.gov.uk/environment/gm/fse/results/fse-commentary.pdf
pour en savoir plus
:
Les Amis de la Terre Angleterre - Pays
de Galles - Irlande du Nord
:
www.foe.co.uk