
L’année 2004 marque la fin de la
décennie écoulée depuis la mise sur le
marché de la première plante génétiquement
modifiée (GM) aux Etats-Unis. Dix ans
d’expérience qui ont montré que les
craintes et les préoccupations que les
environnementalistes avaient fait connaître
au cours des années 80 et 90 étaient
fondées et qu'elles se sont réalisées.
Contrairement aux promesses des entreprises
biotech, les dix ans de commercialisation
écoulées ont montré qu’on ne peut pas
garantir l’absence de danger des cultures
GM, qu’elles ne sont ni moins chères ni de
meilleure qualité et qu’elles ne
représentent pas la panacée pour régler le
problème de la faim dans le monde. Plus
encore, la diffusion rampante des plantes
GM tout autour du globe représente une
sérieuse menace pour la biodiversité et les
ambitions mondiales d’entreprises telles
que Monsanto, visant à contrôler
l’agriculture, en sont une très sérieuse
pour les activités et les modes de vie des
agriculteurs où qu’ils soient.
Les Amis de la Terre – International, en
collaboration avec d’autres organisations
et de nombreuses communautés locales, ont
été au coeur de l’action s’opposant à
l’introduction des OGM. Les groupes des
Amis de la Terre ont combattu sur ce front
depuis de longues années dans des pays
aussi différents que le Nigeria, les
Etats-Unis, le Nicaragua, le Sri Lanka et
le Royaume-Uni. Les Amis de la Terre -
Europe ont ainsi été en pointe dans le
plaidoyer en faveur du moratoire européen
obtenu en 1999. En l’an 2000, les Amis de
la Terre – Etats-Unis ont découvert une
variété de maïs interdite à la consommation
humaine dans les chaînes de distribution
alimentaires. Ce coup dur pour l’industrie
biotech coûta aux entreprises plus d’un
milliard de $ et apporta une contribution
majeure à l'amélioration des systèmes
réglementaires dans de nombreux pays. Les
Amis de la Terre joints aux ONG et aux
communautés locales ont par la suite
découvert d'autres OGM illégaux en
procédant au contrôle des aides
alimentaires des Etats-Unis envoyée en
Amérique Latine et à celui des produits
alimentaires dans les supermarchés
européens.
Dix ans de culture des plantes GM ont
été suffisantes pour donner corps à ce que
nous avons toujours affirmé: elles n’ont
pas et n’auront aucune> place à l'avenir
dans le développement durable. Aujourd’hui
plus que jamais nous sommes convaincus de
la nécessité d’empêcher l’introduction des
OGM dans l’environnement et nous espérons
que la sinistre réalité mise au jour dans
ce rapport renforcera le mouvement
d’opposition aux cultures GM. Dans le même
temps nous continuerons à nous battre pour
des politiques fondées sur les besoins des
communautés locales, la souveraineté
alimentaire et pour un développement
écologiquement viable.