Soutenez-nous

Faire un don

Notre lettre d'information

Abonnez-vous

Contactez-nous

Par email

Par la poste

Suivez-nous ...

Twitter realfacebook Google+
flickr badgeyou-tube

 

 
Vous êtes ici : Accueil / Publications / link / mining / 10

10

10
  numero 107 link
janvier 2005   

 

rivières perdues, vues perdues

déversement de marcopper dans l’île marinduque, aux philippines

compagnies placer dome [canada]

En amont du village de Mogpog, le fleuve empoisonné est teint de toxins multicolores. A l’arrière plan se trouvent les vestiges d’une des nombreuses digues manquées construites par la société minière Marcopper.
© rod harbinson

Le 6 décembre 1993, l’étang d’eaux usées sur le fleuve Mogpog de l’île Marinduque, dans les Philippines, a débordé à cause des eaux de crue et rompu les digues. Un déluge toxique s’est répandu dans la vallée, submergeant des villages, des terres agricoles et la ville de Mogpog, où deux enfants sont morts emportés par le courant.

Dix années plus tard, les résidents atteints par le désastre n’ont toujours pas reçu de compensation, ni de la compagnie minière Marcopper ni de son principal actionnaire, le géant minier canadien Placer Dome. La réaction de la Banque asiatique de développement, qui avait accordé à Marcopper des prêts pour un total de 40 millions de dollars US grâce à la garantie de Placer Dome, a consisté à courir après son argent et à ignorer la situation catastrophique des habitants de Marinduque.

rivières perdues, vies perdues
La journée en question a laissé un lourd héritage. Le fleuve Mogpog serpente entre une forêt tropicale luxuriante et des terres agricoles naguère abondamment productives. Autrefois le centre de la vie sociale, de l’alimentation et de la subsistance, le fleuve est maintenant un cocktail de déchets chimiques où rien ne vit, et la population a appris à rester à l’écart de ses eaux toxiques. “Cet endroit était un paradis avant l’arrivée de Marcopper”, a dit Manong Fred, du village Magapua, en décrivant comment l’inondation avait balayé sa cuisine au rez-dechaussée, et empoisonné ses cultures.

Pour incroyable que cela paraisse, ce déversement n’était pas le premier dans l’île, et il n’a pas été le dernier. La baie de Calancan avait été contaminée par 84 millions de tonnes de résidus miniers déchargés là entre 1975 et 1988. Lorsque le vacarme des résidents a finalement fait arrêter cette pratique (qui est illégale au Canada, le pays d’origine de Placer Dome), la compagnie minière a commencé à utiliser le puits abandonné de la mine Tapian comme dépotoir ‘temporaire’, sans entreprendre aucune evaluation environnementale.

En mars 1996, les eaux de mine ont commencé à filtrer d’un tunnel d’écoulement mal colmaté dans le puits de Tapian vers les fleuves Makulapnit et Boac. Pendant les cinq jours qui ont suivi, trios millions de mètres cubes de boues ont inondé les fleuves et tué toute la vie aquatique. Une mission technique d’évaluation des Nations unies a déclaré que “la dégradation du système fluvial de Makulapnit et Boac est si grave qu’elle doit être considérée comme une catastrophe environnementale”. L’enquête menée au sujet du déversement toxique a révélé que Placer Dome avait ignoré les normes industrielles, l’avis des experts, les lois environnementales et les directives du gouvernement.

le calvaire des compensations
En 1997, Placer Dome a essayé d’éluder ses créditeurs et ses dettes en transférant les actions de Marcopper à MR Holdings, une société fantôme inscrite dans le paradis fiscal des îles Cayman. Par la suite, Placer Dome a transféré à MR Holdings la propriété de tous ses biens et capitaux, y compris les droits d’extraction, dans l’intention de rouvrir la mine lorsque les remous se seraient calmés.

Dans la frénésie d’éviter que son prêt ne s’évapore en indemnités pour les victimes du désastre, la Banque asiatique de développement s’est démenée pour obtenir que MR Holdings lui rende son argent. Mais la faillite de Marcopper étant un fait, Placer Dome et MR Holdings se font tirer l’oreille. En plusieurs occasions, LRC-KSK / Amis de la Terre Philippines ont essayé, sans succès, de déposer une citation du tribunal dans les bureaux ‘boîte à lettres’ des compagnies à Manila. Quant aux villageois, ils s’accordent pour dire que la réhabilitation du fleuve est prioritaire. L’un des plaignants du village de Candahon a déclaré: “Je pense que Marcopper et Placer Dome doivent réparer tous les dégâts qu’elles ont causé et restaurer le fleuve dans l’état où il était avant leur arrivée. Elles devraient compenser tous ceux qu’elles ont lésés.” Les demandes des villageois sont modestes: ils veulent être payés pour la perte de leurs bestiaux, de leurs récoltes et de leurs possessions. Mais ils prient surtout pour la réhabilitation de leur fleuve perdu.

pour plus d’information visitez: Amis de la Terre Philippines: www.lrcksk.org
Mines et communautés: www.minesandcommunities.org/Company/placerdome1.htm

 

 

Actions sur le document

Dans le monde

map