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L’eau contaminée s’écoule de l’étang d’envasement créé pour éviter une nouvelle rupture de la digue après la catastrophe de 1993. Des rapports d’inspection indépendants ont signalé que la nouvelle digue risque elle aussi de s’effondrer. image: rod harbison

une époque dangereuse pour les activistes des mines aux philippines


Les institutions financières internationales ont joué un rôle déterminant dans la mise en place d’un ‘régime favorable à l’investissement’ aux Philippines. La loi minière philippine de 1995, adoptée sous la pression de la Banque asiatique de développement, permet aux grandes sociétés d’exploiter jusqu’à 81 000 hectares par concession, et de demander plusieurs concessions. Elles peuvent opérer pour une période de 25 ans, renouvelable pour 25 années supplémentaires. Suivant les termes de l’accord, les compagnies ont le plein droit d’utiliser l’eau et le bois dans les terrains alloués, privant ainsi les communautés locales de l’accès à ces ressources essentielles. Parmi d’autres mesures d’incitation, elles bénéficient d’une période d’exemption d’impôts de six ans, de l’importation hors taxes des biens d’équipement, du rapatriement des capitaux et des profits, du versement de prêts, de promesses de contrat, de garanties contre l’expropriation et la réquisition de l’investissement, et d’une confidentialité absolue

La loi sur les mines a suscité une affluence massive de sociétés minières. Les activités minières se déroulent aux Philippines dans un contexte de militarisation et de violations des droits de l’homme. Depuis avril 2001, au moins 30 civils non armés auraient été tués par des membres de l’unité territoriale des forces de défense civile (CAFGU) ou par les Forces armées des Philippines (AFP). Trois d’entre eux étaient membres de Karapatan, importante organisation de défense des droits de l’homme. Vingt-sept autres activistes, presque tous appartenant au parti d’opposition Bayan Munan, ont également été tués, d’après le Rapporteur spécial de la Commission des Nations unies pour les droits de l’homme.

Le gouvernement des Philippines a formulé sa politique minière nationale en décembre 2002, en application de son engagement international pour le développement durable. Pourtant, cette politique se contente de promouvoir “l’autorégulation et des approches non réglementées de la protection de l’environnement”. Tout en mentionnant le “principe du pollueur payeur”, elle n’exige que le paiement de cinquante pesos (1 $US) par tonne de rejets déchargés sans autorisation dans l’environnement. La politique ne défend pas les droits des communautés de refuser les activités minières afin de maintenir la paix et l’harmonie.

 

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