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12case

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rivières toxiques, poissons empoisonnés

la mine d’or de sepon au laos


images: rod harbison


La première extraction d’or de la mine de Sepon dans le Sud du Laos, près de la frontière du Vietnam, a été effectuée en 2002. La compagnie minière australienne Oxiana Ltd., ayant reçu du géant minier Rio Tinto un apport de capital de 20%, a vite fait de mettre en oeuvre son projet de mine d’or, et elle vise une expansion rapide qui lui permettra d’exploiter également les gisements de cuivre des alentours, qui sont d’ailleurs beaucoup plus grands. Avec la moitié de ses forêts tropicales encore intactes, le Laos est un pays d’une importance biologique exceptionnelle, renforcée par la disparition rapide, au cours des dernières années, des forêts tropicales voisines partout dans le Sud-Est asiatique. Les nombreuses rivières, alimentées parles pluies de la mousson et des forêts, se jettent dans le Mékong majestueux et constituent une source fondamentale de poisson et d’eau, tant pour l’irrigation des cultures que pour la consommation et l’hygiène de millions de personnes.

un scénario à la boue de cyanure

La mine d’or d’Oxiana utilise un processus appelé ‘lixiviation en tas au cyanure’. Cela consiste à broyer le matériel rocheux tiré de la mine et à l’arroser d’une solution au cyanure pour en extraire les particules d’or. Des millions de tonnes de résidus, que l’on appelle ‘stériles’, contiennent un cocktail toxique de composés de cyanure et de métaux lourds dangereux tels que le mercure, le cadmium et le plomb. Les effluents de l’opération sont déversés dans le fleuve Nam Kok, un tributaire du Mékong de forte biodiversité aquatique.

la subsistance perdue

Sur les 262 espèces de poissons dénombrées au Laos, 135 vivent dans le fleuve Nam Kok, ainsi que quatre espèces au moins de tortues, dont une en voie de disparition. Trois espèces de poissons figurent dans la liste rouge des espèces en péril d’extinction de l’UICN. Il s’agit d’un taux de biodiversité très élevé, si on le compare aux 36 espèces de poisson que l’on trouve dans tout le Royaume-Uni. En outre, poisson est à la base de l’alimentation des gens des lieux, car il leur apporte la moitié des protéines qu’ils consomment. Les conséquences futures que les déchets des mines auront sur le fleuve provoquent une inquiétude croissante. Les études du milieu aquatique effectuées par Oxiana sont simplistes, et le niveau de surveillance proposé est insuffisant. Mais, de surcroît, aucune suggestion n’est faite sur les mesures à prendre s’il se trouvait que les déchets miniers étaient nuisibles à la santé des poissons et des personnes qui les mangent.

Pire encore, aucun plan d’action global n’a été mis en place pour l’éventualité d’un déversement considérable d’effluents, comme il en arrive souvent dans les installations minières. Pour faire place nette à la mine, deux villages ont été déplacés. Les cultures agricoles traditionnelles et les lieux sacrés ancestraux des peuples autochtones Lao Theung ont été détruits, sans une compensation appropriée ‘terre pour terre’. En revanche, ils ont été forcés d’abandonner la culture itinérante qu’ils avaient pratiquée pendant des millénaires, et de s’adapter à l’activité sédentaire.

en quête d’argent pour l’or et le cuivre

En 2002, la Société financière internationale de la Banque mondiale a proposé d’appuyer le projet d’Oxiana avec 30 millions de dollars US, mais la compagnie a refusé cette offre, préférant le financement des banques européennes, dont les conditions étaient moins exigeantes. La Banque européenne d’investissement (BEI) étudie actuellement la possibilité d’un prêt de 60 millions d’euros pour l’expansion de l’industrie du cuivre. La Société australienne d’assurancecrédit à l’exportation a déjà accordé son support financier. Le Laos, un pays communiste à parti unique qui offre peu d’ouvertures à la participation démocratique, n’est pas précisément un modèle de bonne gouvernance. Mais la BEI ne s’attarde pas à considérer les droits de l’homme ni les libertés civiles.

La mine de cuivre va produire 36 millions de tonnes de déchets, et utiliser de l’acide sulfurique pour l’extraction du métal. Le problème est que lorsque les résidus rocheux sont exposés à l’air, le drainage minier acide qui en résulte contamine les sources d’eau.

Il est prévu d’extraire de l’or pour un milliard de dollars, et du cuivre pour bien plus que cela. Néanmoins, en raison des détaxes négociées par Oxiana avec le gouvernement du Laos pour le rapatriement du personnel et des revenus de la compagnie, la part des profits qui restera dans le pays ne sera que de 1% environ. Le reste va partir à l’étranger, vers les actionnaires et les cadres supérieurs d’Oxiana dans les pays riches.

D’ici douze ans, la mine sera épuisée, laissant derrière elle une bombe à retardement de déchets toxiques qui, à moins d’être correctement stockés, maintenus et surveillés pendant des années et des années, pourraient provoquer une catastrophe. Des experts miniers indépendants se sont étonnés de l’absence de planification et d’engagement financier de la part d’Oxiana pour la fermeture de la mine et la restauration du site. Ce que l’on craint, c’est qu’une fois pompée la richesse minérale du Laos, Oxiana ne prenne la fuite en laissant l’un des pays les plus pauvres du monde se débrouiller avec son héritage empoisonné.

pour plus d’information visitez les sites:

Aid/Watch Australia: www.aidwatch.org.au
Amis de la Terre International: www.foei.org/publications/pdfs/laos.pdf
ECA Watch: www.ecawatch.org/eca/race_bottom_take2.pdf

 

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