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Les Amis de la
Terre demandent à la Banque mondiale
d'arrêter de financer des projets
pétroliers, gaziers et miniers, lors de
leur rencontre à Prague en septembre
2000. |
n’y touchez plus!
préface de ricardo navarro, président
des amis de la terre international
A mesure que l’année 2003 tirait à sa
fin, les rues de la Bolivie se
remplissaient d’une foule indignée et
désespérée, qui protestait contre
l’exportation des réserves nationales de
gaz. Le peuple bolivien est un des plus
pauvres du monde, et manque souvent des
services essentiels tels que l’eau et
l’électricité. Pourtant, la Banque mondiale
et d’autres institutions financières
internationales prévoient la privatisation
et l’exportation des ressources du pays,
qui amènent la famine dans leur
sillage.
Des soulèvements comme celui de la
Bolivie se produisent partout dans le
monde. Les communautés n’acceptent plus
l’imposition d’un modèle de développement
qui s’est avéré avantageux essentiellement
pour les sociétés transnationales. Les
activités pétrolières, gazières et minières
à grande échelle ont déjà apporté la misère
dans les communautés et la dévastation dans
l’environnement, et elles contribuent à
aggraver les dangers du changement
climatique. Or, en appuyant ces industries
avec les deniers publics les institutions
financières internationales prennent une
part considérable dans cette
dévastation.
En 2000, convaincu du besoin
d’interrompre ce cercle vicieux, j’ai
confronté au nom des Amis de la Terre
International le président de la Banque
mondiale, James Wolfensohn, avec les
impacts tragiques des investissements de la
Banque dans les domaines pétrolier, minier
et gazier. Il m’a répondu qu’il allait
faire évaluer le rôle futur de la Banque
dans ces secteurs. Ces propos se sont
matérialisés dans une évaluation des
industries extractives (EIR), qui sera
publiée fin 2003. Cette étude recommande
que la Banque mondiale mette fin au
financement de la houille et du pétrole, et
que les communautés participent davantage à
la prise de décisions. Il est important que
la Banque mondiale et autres institutions
financières internationales adoptent ces
recommandations, et qu’elles prennent en
outre des mesures fermes visant à éliminer
progressivement l’extraction minière à
grande échelle.
Les Amis de la Terre International, en
coopération avec des communautés de tous
les continents, a une longue histoire de
campagnes autour de l’industrie minière et
des mouvements de capitaux. La présente
publication est notre propre évaluation des
industries extractives. Nous pensons que la
conclusion est claire comme le jour: les
institutions financières internationales
doivent supprimer au plus vite leurs
investissements dans les secteurs des mines
et des combustibles fossiles, car ces
activités sont nuisibles. Il faut arrêter
de subventionner les industries
pétrolières, minières et gazières aux frais
des gens et de l’environnement.
Des communautés du monde entier ont
proposé de nombreuses alternatives qui
pourraient conduire à des types de société
équitables et durables. Nous mettons les
gouvernements en demeure de réorienter
leurs appuis vers de telles initiatives, et
nous exhortons les gens, où qu’ils soient,
à réfléchir de manière critique et créative
à nos besoins véritables de consommation et
de production.
Les Amis de la Terre International
croient qu’il est grand temps que les
institutions financières internationales et
les pays qui les gouvernent abandonnent
leur orientation archaïque vers la
croissance fondée sur l’exportation, et
commencent à respecter la diversité du
monde. La suppression graduelle du soutien
financier aux industries extractives serait
un progrès important en direction de cet
objectif.