problématique d-6
le forage de pétrole dans la mer
baltique
“Ici, les gens sont des nouveaux venus.
Nous devrions nous comporter de manière à
protéger cet endroit merveilleux pour les
générations futures. Le pétrole évoque de
mauvais souvenirs pour les gens qui vivent
ici. Nous avons subi une fuite de pétrole
en juin 1983, au cours des forages d’essai
dans le champ de pétrole D-6. Nous qui
habitons ici, nous essayons de protéger
contre le pétrole nos belles plages, l’eau
de mer, les poissons et les oiseaux
marins.”
Kazimieras Mizgiris,
photographe lituanien de renom et résident
de l’isthme de Courlande.
Le géant pétrolier russe Lukoil,
récemment apparu mais perçant rapidement
sur les marchés étrangers, s’apprête à
extraire du pétrole offshore près de
l’isthme de Courlande, un site classé
patrimoine mondial par l’UNESCO, partagé
par la Lituanie et la Russie. Le gisement
‘D-6’, situé à 22 kilomètres environ au
large de la côte lituanienne, est supposé
contenir quelque 24 millions de tonnes de
pétrole.
la boîte de pandore
Les ONG environnementalistes de la
région de la Baltique, dont les Amis de la
Terre Lituanie, sont inquiets au sujet des
risques de pollution environnementale et de
déversements accidentels de pétrole que le
projet comporte. L’isthme de Courlande est
un écosystème particulièrement fragile, et
la mer Baltique est relativement propre et
riche en biodiversité dans cette zone.
Autant la partie lituanienne que la partie
russe de l’isthme ont un fort potentiel
dans les domaines du tourisme durable et de
la protection de la nature. Les militants
craignent que le projet de Lukoil n’ouvre
la boîte de Pandore en frayant la voie à
l’extraction off-shore dans la Baltique, et
que d’autres compagnies n’accourent en
masse dans la région.
En mai 2000, la Banque européenne pour
la reconstruction et le développement
(BERD) a renfloué Lukoil avec 165 millions
d’euros en fonds de roulement, qui ont
permis à la société de commencer à
développer le projet controversé du
gisement D-6. Les activistes ont exhorté la
BERD à geler, voire retirer ce prêt si
Lukoil n’abandonne pas ce projet si
polémique. Pourtant, la Banque se déclare
impuissante à influencer Lukoil dans les
domaines de la responsabilité
environnementale ou de l’obligation de
rendre des comptes.
Pendant plusieurs années, le
gouvernement russe a évité tout dialogue et
refusé toute information sur l’extraction
de pétrole prévue au D-6, malgré les
nombreuses demandes du gouvernement
lituanien, de la Commission d’Helsinki, du
Comité du patrimoine mondial et des ONG
internationales de défense de
l’environnement. A présent, les militants
ont tourné leur regard vers l’Union
européenne, et demandé à la Commission
européenne d’intervenir afin d’éviter la
violation de la Convention d’Helsinki sur
la protection de l’environnement marin dans
la zone de la mer Baltique.
La Baltique est l’une des mers les plus
sales du monde, et les 80 millions
d’habitants des neuf pays dont elle baigne
les côtes subissent déjà les impacts de
cette pollution. L’extraction
d’hydrocarbures, et les accidents et
déversements dont elle s’accompagne
inéluctablement, pourraient être la goutte
qui fait déborder le vase.
pour plus d’informations visitez les
sites:
CEE Bankwatch Network:
www.bankwatch.org
FoE Lituanie:
www.zalieji.lt/english/activities/Lukoil