Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil francais publications link mining 6
contact us

by email

by letter

 

6

6
  link
  

 

Des femmes effeuillent du maïs à Luang Prabang, Laos.

Introduction

Pour beaucoup d’entre nous, il serait impensable de vivre un seul jour sans le confort que les carburants fossiles, les métaux et les minéraux nous procurent. Presque tout ce que nous faisons ou utilisons est lié au pétrole, au gaz ou aux minéraux: les maisons, la nourriture, les boissons, les vêtements, les casseroles, les couteaux, les plats, les crayons, les stylos, le papier, le plastique, le verre, les voitures, les trains, les avions, les armes, les balles, les ordinateurs, les téléphones, les téléviseurs, les réfrigérateurs, les congélateurs, l’équipement des usines, les outils agricoles, les aiguilles, le fil, les cure-dents... La liste est interminable.

La production et la consommation de ces articles ont un coût très élevé. Le confort qu’ils fournissent et leur disponibilité à bas prix, que beaucoup considèrent comme la chose la plus naturelle, d’autres les ont payés très cher. Au nom du développement, les institutions financières internationales (IFI)1 utilisent l’argent des contribuables pour soutenir l’exploitation du pétrole, du gaz et des ressources minérales.

Les institutions financières internationales ont contraint les gouvernements des pays pauvres à ouvrir leurs portes au financement étranger des industries extractives, et elles ont directement canalisé des milliards de dollars vers de grandes sociétés transnationales pour financer la construction de plateformes de forage, d’oléoducs et de grandes mines. Ainsi, tandis que la dette extérieure continue d’augmenter et que les bénéfices du développement de base restent encore à se matérialiser, le charbon, le pétrole, le gaz et les minéraux quittent ces pays. Ce modèle de développement fondé sur l’exportation a été dévastateur pour les communautés locales ; par suite de son application, la pauvreté monte en flèche et les écosystèmes sont ravagés. Les principales bénéficiaires de cet arrangement bancal sont les entreprises, qui ramassent des profits à la pelle. Il semble paradoxal que beaucoup de pays riches en ressources naturelles soient plus pauvres en termes monétaires que des pays moins bien lotis dans ce doma ne. C’est que, en effet, les pays peu développés mais aux ressources abondantes sont forcés d’aliéner leurs richesses naturelles et de subir les effets adverses des industries extractives. Ces pays deviennent ainsi de simples pourvoyeurs de main d’oeuvre et de matières premières bon marché, et trouvent rarement l’occasion d’y ajouter de la valeur pour créer des revenus qui resteraient chez eux. L’intervention des IFI dans ces pays n’a pas conduit à atténuer la pauvreté ni à augmenter les chances des gens d’obtenir des moyens de subsistance durables. Bien au contraire, l’investissement dans les industries extractives a démoli les bases des ressources naturelles dont dépend la survie des êtres humains.

Pourtant, les institutions financières internationales sont mandatées pour réussir exactement l’inverse. Leur mission est de soulager la pauvreté et de contribuer au développement durable. Les gouvernements donateurs qui dirigent l’investissement de ces institutions se sont tous engagés à éradiquer la pauvreté. L’évidence est écrasante que le financement de projets pétroliers, miniers et gaziers ne va absolument pas dans cette direction.

Tout en reconnaissant que l’extraction et la consommation de pétrole, de gaz et de minéraux ne peut pas se terminer du jour au lendemain, les Amis de la Terre International se sentent obligés de mettre en question les modèles actuels de production et de consommation, et leurs rapports avec les besoins réels du monde. Par exemple, environ 84% de l’or que l’on extrait à l’heure actuelle sont transformés en bijoux.2 Les Amis de la Terre International sont persuadés que seul un changement radical de nos modèles de consommation permettra l’existence de sociétés durables du point de vue environnemental et équitables du point de vue social. Partout dans le monde, les communautés s’élèvent contre le pillage de leurs ressources et l’absence de bénéfices pour elles. Ainsi, l’île de Bougainville au Pacifique a subi une guerre atroce qui a décimé sa population, autour d’une mine d’or sous contrôle étranger. Plus récemment encore, beaucoup de Boliviens sont morts au cours d’émeutes populaires contre l’exportation des rés ves gazières du pays. Face aux énormes conséquences négatives des projets pétroliers, gaziers et miniers, les Amis de la Terre International affirment que les fonds publics ne devraient pas soutenir les intérêts des industries extractives mais financer uniquement des projets bénéficiant de façon claire et immédiate les personnes marginalisées. Nous demandons donc que les prêts des IFI pour des projets et des programmes d’extraction pétrolière, gazière et minière soient graduellement supprimés. Les IFI devraient d’ailleurs assumer leur part de responsabilité dans l’héritage qu’elles ont laissé derrière elles dans la planète, par la réhabilitation d’aires dégradées, le paiement de compensations aux communautés lésées, et l’assistance transitoire aux travailleurs après la fermeture des projets.

Les Amis de la Terre International proposent enfin que les fonds prévus pour le développement durable soient destinés au financement d’initiatives décentralisées et participatives, telles que les sources d’énergie renouvelable, qui soient réellement avantageuses pour les gens et l’environnement, et qui permettent l’avènement de sociétés soutenables.

 

Actions sur le document