croatie: les effets indirects de la
libéralisation du commerce de l’UE
“Et les
coûts ? Et la pollution causée par
l’exploitation de l’environnement ? Nous
voyons trop souvent que ces coûts sont
socialisés, tandis que les bénéfices sont
privatisés... ”
Ricardo
Navarro, ex-président de FoEI, à la
conférence Nature à Vendre, 2004
Au cours de la décennie passée, la
Croatie a subi un changement radical de son
système de gouvernement. Le processus de
privatisation a représenté un défi
important pour le gouvernement du pays, qui
a dû s’adapter à la disparition des mesures
et mécanismes de contrôle auxquels il était
habitué. Du fait de ces changements, il
s’appuie fortement sur les groupes
environnementalistes pour maintenir un
certain degré de contrôle public sur
l’environnement, de même que pour sa
protection.
L’ambition de la Croatie de devenir
membre de l’Union européenne a obligé le
pays à modifier sa propre législation pour
qu’elle s’aligne sur celle de l’Europe,
mais les résultats n’ont pas toujours été
positifs. Par exemple, la Croatie doit
ouvrir à la privatisation d’importants
secteurs de son économie, y compris le
secteur de l’eau, ce qui comporte des
risques graves de privatisation incontrôlée
de l’eau et d’autres ressources naturelles.
Les ONG croates ont mis en cause la prise
en main des installations d’assainissement
de la ville de Zagreb par l’entreprise
allemande RWE. Ces organisations affirment
que c’est le gouvernement du pays qui
devrait lui-même se charger de fournir
l’eau et les services sanitaires à la
population, et de protéger
l’environnement.
Sous l’ancien régime communiste, l’État
avait l’entière responsabilité de la
gestion des ressources naturelles. Bien
que, malheureusement, les résultats n’aient
pas toujours été les meilleurs, au moins il
existait la présomption de départ que la
gestion des ressources naturelles devait
bénéficier la société dans son ensemble.
Maintenant que les ressources sont de plus
en plus privatisées, leur gestion n’a
d’autre but que le profit des
entreprises.
L’exploitation du gravier près de
Zagreb, par exemple, a eu des impacts
négatifs considérables sur l’environnement
et sur la population locale, mais les
entreprises n’ont pas encore payé de
compensation pour l’utilisation de ces
ressources minérales, qui sont pourtant de
propriété publique.
Un projet d’expansion du transport de
pétrole à travers l’Adriatique est encore
un exemple des dangers de la
déréglementation et de la privatisation. La
côte adriatique est un atout naturel
important pour la population: le secteur du
tourisme de la région génère à lui seul
quelque deux milliards de dollars par an.
Or, il est prévu d’élargir considérablement
un terminal pétrolier dans le nord de la
mer Adriatique, qui permettra au pétrole de
la Russie de couler vers la Croatie par des
oléoducs. Ce projet comporte deux risques
majeurs: d’une part, l’eau de ballast des
pétroliers provoquera une dégradation
considérable de l’environnement: d’autre
part, un déversement de pétrole serait
catastrophique pour l’environnement, la
biodiversité et l’économie du pays, et pour
l’ensemble de la population croate.
informations
complémentaires
Green Action/Friends of the Earth
Croatia