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  numero 107 link
janvier 2005   

 

croatie: les effets indirects de la libéralisation du commerce de l’UE

“Et les coûts ? Et la pollution causée par l’exploitation de l’environnement ? Nous voyons trop souvent que ces coûts sont socialisés, tandis que les bénéfices sont privatisés... ” Ricardo Navarro, ex-président de FoEI, à la conférence Nature à Vendre, 2004

Au cours de la décennie passée, la Croatie a subi un changement radical de son système de gouvernement. Le processus de privatisation a représenté un défi important pour le gouvernement du pays, qui a dû s’adapter à la disparition des mesures et mécanismes de contrôle auxquels il était habitué. Du fait de ces changements, il s’appuie fortement sur les groupes environnementalistes pour maintenir un certain degré de contrôle public sur l’environnement, de même que pour sa protection.

L’ambition de la Croatie de devenir membre de l’Union européenne a obligé le pays à modifier sa propre législation pour qu’elle s’aligne sur celle de l’Europe, mais les résultats n’ont pas toujours été positifs. Par exemple, la Croatie doit ouvrir à la privatisation d’importants secteurs de son économie, y compris le secteur de l’eau, ce qui comporte des risques graves de privatisation incontrôlée de l’eau et d’autres ressources naturelles. Les ONG croates ont mis en cause la prise en main des installations d’assainissement de la ville de Zagreb par l’entreprise allemande RWE. Ces organisations affirment que c’est le gouvernement du pays qui devrait lui-même se charger de fournir l’eau et les services sanitaires à la population, et de protéger l’environnement.

Sous l’ancien régime communiste, l’État avait l’entière responsabilité de la gestion des ressources naturelles. Bien que, malheureusement, les résultats n’aient pas toujours été les meilleurs, au moins il existait la présomption de départ que la gestion des ressources naturelles devait bénéficier la société dans son ensemble. Maintenant que les ressources sont de plus en plus privatisées, leur gestion n’a d’autre but que le profit des entreprises.

L’exploitation du gravier près de Zagreb, par exemple, a eu des impacts négatifs considérables sur l’environnement et sur la population locale, mais les entreprises n’ont pas encore payé de compensation pour l’utilisation de ces ressources minérales, qui sont pourtant de propriété publique.

Un projet d’expansion du transport de pétrole à travers l’Adriatique est encore un exemple des dangers de la déréglementation et de la privatisation. La côte adriatique est un atout naturel important pour la population: le secteur du tourisme de la région génère à lui seul quelque deux milliards de dollars par an. Or, il est prévu d’élargir considérablement un terminal pétrolier dans le nord de la mer Adriatique, qui permettra au pétrole de la Russie de couler vers la Croatie par des oléoducs. Ce projet comporte deux risques majeurs: d’une part, l’eau de ballast des pétroliers provoquera une dégradation considérable de l’environnement: d’autre part, un déversement de pétrole serait catastrophique pour l’environnement, la biodiversité et l’économie du pays, et pour l’ensemble de la population croate.

informations complémentaires
Green Action/Friends of the Earth Croatia

 

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