bolivie: privatisation et agitation
sociale
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Manifestations
contre la privatisation de l’eau à
Cochabamba, Bolivie. |
Après des années de pressions de la part
de la Banque mondiale, le gouvernement de
la Bolivie décida en 1999 de privatiser
l’eau et l’assainissement de la ville de
Cochabamba. Un bail de quarante ans signé
cette année-là transféra à Aguas del
Tunari, subsidiaire de la Bechtel
Corporation de Californie, les services de
distribution d’eau et d’évacuation des eaux
usées de la ville. L’investissement de
l’entreprise étant basé sur la
“récupération intégrale des coûts”, à
partir du 1er janvier 2000, le tarif local
de l’eau augmenta en moyenne entre 35 % et
51 % (le taux d’augmentation exact est
encore l’objet de fortes discussions). La
situation touchait plus d’un demimillion de
personnes: les prix étaient si élevés que
les plus démunis se retrouvaient, rien que
pour l’eau, devant des factures équivalant
à un cinquième de leurs revenus mensuels,
qu’ils ne pouvaient payer qu’en se privant
d’autres articles indispensables.
Comme on pouvait s’y attendre, les
habitants de Cochabamba réagirent par des
protestations massives. L’intervention des
forces militaires fit au moins un mort et
175 blessés. Néanmoins, ce soulèvement
porta le gouvernement bolivien à résilier
son contrat avec Bechtel. L’entreprise
essaie maintenant de se servir du Centre
international pour le règlement des
différends relatifs aux investissements
(CIRDI) de la Banque mondiale pour intenter
un procès contre le peuple de la Bolivie
pour 25 millions de dollars de “dommages et
manque à gagner”. Un telle action n’est
possible que parce que Bechtel a transféré
sa subsidiaire bolivienne aux Pays-Bas,
pour pouvoir profiter d’un traité bilatéral
d’investissement qui existe entre les deux
pays.
Il y a encore des tentatives pour
réintroduire à Cochabamba la privatisation
de l’eau par des moyens détournés, en
créant des sociétés anonymes à travers les
municipalités. De leur côté, les
organisations sociales se mobilisent pour
réclamer un cadre juridique garantissant
que l’eau reste un bien public, et
intégrant l’expérience des communautés
indigènes et paysannes dans la gestion
traditionnelle de l’eau.
informations
complémentaire
Amigos de la Tierra Bolivia – CERDET:
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