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  numero 107 link
janvier 2005   

 

bolivie: privatisation et agitation sociale

Manifestations contre la privatisation de l’eau à Cochabamba, Bolivie.

Après des années de pressions de la part de la Banque mondiale, le gouvernement de la Bolivie décida en 1999 de privatiser l’eau et l’assainissement de la ville de Cochabamba. Un bail de quarante ans signé cette année-là transféra à Aguas del Tunari, subsidiaire de la Bechtel Corporation de Californie, les services de distribution d’eau et d’évacuation des eaux usées de la ville. L’investissement de l’entreprise étant basé sur la “récupération intégrale des coûts”, à partir du 1er janvier 2000, le tarif local de l’eau augmenta en moyenne entre 35 % et 51 % (le taux d’augmentation exact est encore l’objet de fortes discussions). La situation touchait plus d’un demimillion de personnes: les prix étaient si élevés que les plus démunis se retrouvaient, rien que pour l’eau, devant des factures équivalant à un cinquième de leurs revenus mensuels, qu’ils ne pouvaient payer qu’en se privant d’autres articles indispensables.

Comme on pouvait s’y attendre, les habitants de Cochabamba réagirent par des protestations massives. L’intervention des forces militaires fit au moins un mort et 175 blessés. Néanmoins, ce soulèvement porta le gouvernement bolivien à résilier son contrat avec Bechtel. L’entreprise essaie maintenant de se servir du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) de la Banque mondiale pour intenter un procès contre le peuple de la Bolivie pour 25 millions de dollars de “dommages et manque à gagner”. Un telle action n’est possible que parce que Bechtel a transféré sa subsidiaire bolivienne aux Pays-Bas, pour pouvoir profiter d’un traité bilatéral d’investissement qui existe entre les deux pays.

Il y a encore des tentatives pour réintroduire à Cochabamba la privatisation de l’eau par des moyens détournés, en créant des sociétés anonymes à travers les municipalités. De leur côté, les organisations sociales se mobilisent pour réclamer un cadre juridique garantissant que l’eau reste un bien public, et intégrant l’expérience des communautés indigènes et paysannes dans la gestion traditionnelle de l’eau.

informations complémentaire
Amigos de la Tierra Bolivia – CERDET: ,

 

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