europe orientale et centrale: la
privatisation de l’eau

L’entrée des pays d’Europe orientale et
centrale à l’Union européenne est
comparable, à beaucoup d’égards, à
l’expérience des pays en développement
vis-àvis de l’Accord général sur le
Commerce des Services de l’OMC (GATS). Dans
les deux cas, les pays sont poussés à
privatiser leurs services publics, l’eau
comprise. La République tchèque est pour
l’instant le seul pays qui a cédé à cette
pression, et qui a déjà privatisé
pratiquement tous ses services d’eau.
L’UE exige des niveaux plus élevés dans
la qualité, le traitement et la
distribution de l’eau, et fournit son
assistance financière aux projets de
privatisation. Bien que les réglementations
établissent que ces fonds ne doivent pas
aller aux entreprises privées, celles-ci y
accèdent dans la pratique en raison de
lacunes dans les normes. D’autre part, la
Commission européenne encourage fortement
les partenariats entre les secteurs public
et privé, ce qui facilite la privatisation
des services d’eau. Ainsi, des sociétés
françaises, allemandes et britanniques
seront en mesure d’accéder au marché de
l’eau en Europe orientale et centrale, avec
le financement européen.
La Slovaquie, par exemple, doit d’ici à
2015 se conformer aux conditions de l’UE
sur les usines de traitement des eaux
usées, dont on estime qu’elles vont coûter
au pays environ trois milliards d’euros.
Bien qu’il y ait déjà des fonds disponibles
à cette fin, il est certain qu’ils ne
suffiront pas. D’ailleurs, les projets de
privatisation voient le jour dans presque
tous les pays tiers, dont plusieurs de ceux
qui faisaient partie de l’ancien bloc
soviétique. En Ukraine, par exemple, la
privatisation de l’eau fait actuellement
l’objet d’un grand débat public.
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