philippines: choléra et cherté de
l’eau
La
privatisation de l’eau est un problème
permanent aux Philippines. A l’origine, les
compagnies des eaux appartenaient au
gouvernement, mais ce service public a été
privatisé suite aux pressions financières
et avec le soutien de la Banque mondiale et
de la Banque asiatique de
Développement.
Dans les zones urbaines, à Manille
surtout mais aussi dans d’autres villes, la
privatisation de l’eau a entraîné une
augmentation considérable des tarifs, même
pour de nombreux foyers qui n’ont pas
encore été raccordés au réseau. Une
épidémie de choléra et de gastro-entérite a
éclaté à Manille. Les entreprises
responsables du service dans cette ville
sont Maynilad Water, qui appartient à une
subsidiaire de la société française SUEZ,
et Manila Water, propriété de la notoire
société nord-américaine Bechtel.
A l’extérieur des zones urbaines, le
service public des eaux est lui aussi dans
la mire de sociétés transnationales comme
SUEZ. Ainsi, une communauté de Calapan, à
Mindoro, est confrontée à la possibilité de
devoir payer pour l’eau, alors qu’elle en
disposait sans coût auparavant. Dans les
communautés rurales, l’accès des gens à
l’eau est concurrencé par les plantations
de bananes et d’ananas. Il arrive souvent
que les bassins versants soient classés
comme zones agricoles, ce qui donne aux
entreprises une justification pour
transformer ces terres en plantations. De
surcroît, les industries minières ont le
droit de contrôler l’eau dans les sites où
elles s’installent. Autant les mines que
les plantations sont en train de contaminer
les systèmes aquifères.
Plusieurs ONG des Philippines
travaillent en étroite collaboration avec
divers secteurs pour s’opposer à la
privatisation des services d’eau.
informations
complémentaires
Legal Rights and Natural Resources
Center – Kasama sa Kalikasan/Friends of the
Earth Philippines
Jean Marie M. Ferraris