palestine: occupation et privatisation
des aquifères
A la suite de l’occupation de la
Cisjordanie et de la Bande de Gaza en 1967,
Israël prit le contrôle des ressources
hydriques palestiniennes. En Cisjordanie,
l’extraction de l’eau des puits par la
population palestinienne fut soumise à un
contrôle sévère: en outre, toute initiative
de forage ou de construction
d’installations dans ce domaine exigeait un
permis de “l’officier des eaux”. Or, aucun
permis n’a été délivré à ce jour pour des
usages domestiques ou agricoles dans les
régions qui pourraient profiter de la
source principale d’eau souterraine, qu’on
appelle l’aquifère occidental. De ce fait,
les Palestiniens doivent se contenter de la
même quantité d’eau dont ils disposaient il
y a quarante ans, malgré l’augmentation
significative de la population.
Immédiatement après l’occupation, Israël
commença à forer ses propres puits d’eau
souterraine, alimentés par le même aquifère
occidental. Une année plus tard, des
villages commencèrent à apparaître dans les
terres et au sommet des collines de la
Palestine, et d’autres puits furent encore
forés à proximité des réserves d’eau
palestiniennes. Avec de l’eau en abondance
pour les jardins, les champs et les
piscines, le niveau de vie des villageois
s’améliora considérablement. La
consommation moyenne d’eau d’un colon juif
est maintenant vingt fois plus élevée que
celle d’un Palestinien.
Depuis le début de la deuxième Intifada,
en septembre 2000, les forces d’occupation
israéliennes ont arraché plus de 982 000
arbres (dont certains avaient plus de 1 000
ans), détruit 907 réservoirs et étangs
d’irrigation, démantelé 687 km du réseau de
distribution d’eau et ruiné 243 puits.
Elles ont en outre démoli 4 500 foyers, et
confisqué et rasé des dizaines de milliers
d’hectares de terres agricoles
productives.
De surcroît, cet accès déjà très limité
à l’eau et aux terres agricoles s’est
encore détérioré lorsque les Israéliens ont
commencé à bâtir le Mur. La “première
étape” de la construction, déjà complétée,
se trouve dans la partie nord de la
Cisjordanie, où sont situés les sols les
plus fertiles, le grenier des Palestiniens.
Au cours de cette première étape seulement,
la plupart des principales ressources
agricoles et hydriques, y compris 36 puits
d’eau souterraine, ont été confisquées.
Selon la législation internationale, les
Palestiniens devraient avoir la
souveraineté absolue sur toutes les
ressources de l’aquifère oriental situé
sous le territoire de la Cisjordanie. Ils
devraient avoir aussi des droits au moins
équivalents sur l’eau des aquifères
occidental et nord-oriental, puisque
ceux-ci sont alimentés presque entièrement
par la Cisjordanie. En 1999, les experts
avaient estimé que les compensations dues
pour dommages aux réserves hydrologiques
palestiniennes s’élevaient pour le moins à
45 milliards de dollars.
informations
complémentaires
Friends of the Earth
Palestine
Palestinian Environmental NGOs Network:
www.pengon.org
,
www.stopthewall.org
Applied Research Institute
Jerusalem
Palestinian Hydrology
Group
Palestinian Academic Society for
the Study of International Affairs