indonésie: la privatisation des parcs
nationaux
Déclarant qu’il ne peut pas financer un
aménagement approprié des aires protégées,
le gouvernement indonésien est en train de
privatiser la gestion des parcs. La Banque
mondiale et d’autres institutions
financières internationales soutiennent ce
programme et contribuent à établir des
partenariats entre les secteurs public et
privé. De ce fait, des parcs comme ceux de
Komodo, Bukit Baka Raya, Bunaken et
Wakatobi ont déjà été partiellement
privatisés.
Bien que la Direction nationale des
Parcs (PHKA) continue d’y participer, les
entreprises exercent une influence
considérable sur la manière dont les parcs
sont gérés. Beaucoup d’entre elles sont des
compagnies d’écotourisme, évidemment
intéressées au premier chef à la promotion
de leur activité spécifique. Il est
fréquent que les communautés soient
expulsées de leur territoire traditionnel:
même ceux qui habitent dans la partie
centrale ou en lisière risquent d’être
forcés de déménager. Certains deviennent
des réfugiés de la conservation et
s’installent dans les villes. La perte de
l’accès à leurs terres traditionnelles
implique aussi parfois que les populations
sont obligées de trouver de nouveaux moyens
de subsistance, bien que certaines
compagnies essaient de leur fournir des
activités de rechange génératrices de
revenus. Il y a eu aussi des cas de
biopiraterie, où les entreprises ont vendu
ou communiqué à l’industrie pharmaceutique
les connaissances traditionnelles et
l’information génétique.
Les membres de WALHI / FoE – Indonésie
travaillent avec les communautés touchées
pour les aider à faire valoir leurs droits
sur ces ressources.
le parc national de
komodo
La gestion du Parc national de Komodo,
lequel a le statut de Site du Patrimoine
mondial et de Réserve de Biosphère de
l’UNESCO, est privatisée dans les faits
depuis 1995. Une institution transnationale
à but non lucratif, basée aux États-Unis,
The Nature Conservancy (TNC), a été invitée
à le gérer par la Direction nationale des
Parcs (PHKA). Le “concept de gestion en
collaboration” de cette institution a
consisté à entreprendre des activités
écotouristiques avec des entreprises
locales, de manière à rendre le parc
financièrement autosuffisant. Néanmoins, la
situation est tout autre pour la
population: elle a été bannie de son
territoire traditionnel, puisque l’entrée
dans le parc exige un permis d’admission et
qu’aucune exception n’est autorisée. De
même, la pêche pratiquée par des milliers
de personnes en a été perturbée.
L’entreprise d’écotourisme, dont The Nature
Conservancy est propriétaire en partie,
bénéficie d’une concession de 30 ans à
compter de 2004: elle est co-financée par
la Banque mondiale pour la coquette somme
de cinq millions de dollars.
informations
complémentaires
Walhi/Friends of the Earth
Indonesia