
Sakas Aonomo,
propriétaire terrien, dans un parc à grumes
du Champ de coupe 56, à Middle Fly, Western
Province, PNG. Sa famille s’oppose à
l’extraction de bois et ils essaient
d’éviter que de nouvelles routes traversent
leur terre. “Quand je regarde cet endroit
j’éprouve beaucoup de tristesse, de chagrin
et de frustration en voyant que l’on
détruit ma terre.”
résumé exécutif
Dans le monde en développement, 1,2
milliard de personnes vivent au-dessous du
seuil de pauvreté et gagnent moins d’un
dollar par jour. Sur les quatre milliards
de cas de diarrhée qui se produisent par
an, 2,2 millions sont mortels et auraient
pu être évités. Les maladies d’origine
hydrique qui pourraient être prévenues
tuent cinq millions de personnes par an,
dont quatre millions d’enfants.
Aujourd’hui, les estimations indiquent que
1,2 milliard de personnes ne disposent pas
d’eau potable et que 2,4 milliards n’ont
pas d’installations sanitaires
appropriées.
Ce sont là des statistiques inquiétantes
mais qui ne sont pas irréversibles. On
dispose de la technologie et des ressources
nécessaires pour enrayer cette crise. Une
fraction du trillion de dollars que les
gouvernements consacrent par an à leur
budget militaire suffirait à dépasser
largement les Objectifs de Développement du
Millénaire de l’ONU touchant l’eau potable
et l’assainissement. A la différence de ce
qui se passe dans la guerre,
l’investissement dans ce domaine
permettrait d’économiser quelque 125
milliards de dollars par an sur les
dépenses médicales directes et les coûts
associés à la faible productivité
économique découlant des maladies évitables
liées à l’eau.
Malheureusement, la solution choisie par
les gouvernements ne se centre pas sur
l’augmentation des investissements publics.
Au contraire, les décideurs internationaux,
fortement influencés par le secteur privé,
facilitent l’augmentation de
l’investissement et de la gestion privés
pour sortir de la crise. Les personnes les
plus pauvres du monde, femmes et enfants en
particulier, ont désespérément besoin d’eau
potable et d’installations
d’assainissement. Or, comme le montrent les
expériences consignées dans cette
publication, les pauvres risquent de perdre
l’accès à ces services indispensables
lorsque des sociétés transnationales les
prennent à leur charge dans un but
lucratif.
D’autre part, il est de plus en plus
fréquent que les peuples autochtones et les
communautés locales se retrouvent exclus
des forêts et des régions biologiquement
riches qu’ils ont toujours habitées et
utilisées. En effet, ces terres sont
progressivement affectñees au tourisme et
cédées à des entreprises qui gèrent des
parcs privés. De même, elles commencent à
être réservées à un type nouveau
d’entreprises qui y établissent des “parcs
de carbone”, comme un moyen différent et
lucratif de compenser les émissions de
dioxyde de carbone des riches du Nord,
consommateurs invétérés de combustibles
fossiles. La légalisation du pillage des
connaissances traditionnelles et de la
diversité biologique par de grandes
entreprises, dans le cadre de soi-disant
régimes d’accès et de partage des
bénéfices, représente encore un moyen de
privatiser une ressource jusqu’ici partagée
par la population.
Friends of the Earth International
résiste activement à une telle
appropriation des richesses de la nature
par les entreprises. Nous luttons pour que
soient respectés les droits des gens à
l’eau, à la terre, aux semences et aux
connaissances. Les trente-quatre cas
nationaux réunis dans cette publication
font état non seulement des impacts
négatifs de la privatisation de l’eau et de
la biodiversité sur la société et
l’environnement, mais aussi de la manière
dont cette privatisation est résistée par
nos organisations membres dans leurs pays
respectifs.