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  numero 107 link
janvier 2005   

 

Sakas Aonomo, propriétaire terrien, dans un parc à grumes du Champ de coupe 56, à Middle Fly, Western Province, PNG. Sa famille s’oppose à l’extraction de bois et ils essaient d’éviter que de nouvelles routes traversent leur terre. “Quand je regarde cet endroit j’éprouve beaucoup de tristesse, de chagrin et de frustration en voyant que l’on détruit ma terre.”

résumé exécutif

Dans le monde en développement, 1,2 milliard de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté et gagnent moins d’un dollar par jour. Sur les quatre milliards de cas de diarrhée qui se produisent par an, 2,2 millions sont mortels et auraient pu être évités. Les maladies d’origine hydrique qui pourraient être prévenues tuent cinq millions de personnes par an, dont quatre millions d’enfants. Aujourd’hui, les estimations indiquent que 1,2 milliard de personnes ne disposent pas d’eau potable et que 2,4 milliards n’ont pas d’installations sanitaires appropriées.

Ce sont là des statistiques inquiétantes mais qui ne sont pas irréversibles. On dispose de la technologie et des ressources nécessaires pour enrayer cette crise. Une fraction du trillion de dollars que les gouvernements consacrent par an à leur budget militaire suffirait à dépasser largement les Objectifs de Développement du Millénaire de l’ONU touchant l’eau potable et l’assainissement. A la différence de ce qui se passe dans la guerre, l’investissement dans ce domaine permettrait d’économiser quelque 125 milliards de dollars par an sur les dépenses médicales directes et les coûts associés à la faible productivité économique découlant des maladies évitables liées à l’eau.

Malheureusement, la solution choisie par les gouvernements ne se centre pas sur l’augmentation des investissements publics. Au contraire, les décideurs internationaux, fortement influencés par le secteur privé, facilitent l’augmentation de l’investissement et de la gestion privés pour sortir de la crise. Les personnes les plus pauvres du monde, femmes et enfants en particulier, ont désespérément besoin d’eau potable et d’installations d’assainissement. Or, comme le montrent les expériences consignées dans cette publication, les pauvres risquent de perdre l’accès à ces services indispensables lorsque des sociétés transnationales les prennent à leur charge dans un but lucratif.

D’autre part, il est de plus en plus fréquent que les peuples autochtones et les communautés locales se retrouvent exclus des forêts et des régions biologiquement riches qu’ils ont toujours habitées et utilisées. En effet, ces terres sont progressivement affectñees au tourisme et cédées à des entreprises qui gèrent des parcs privés. De même, elles commencent à être réservées à un type nouveau d’entreprises qui y établissent des “parcs de carbone”, comme un moyen différent et lucratif de compenser les émissions de dioxyde de carbone des riches du Nord, consommateurs invétérés de combustibles fossiles. La légalisation du pillage des connaissances traditionnelles et de la diversité biologique par de grandes entreprises, dans le cadre de soi-disant régimes d’accès et de partage des bénéfices, représente encore un moyen de privatiser une ressource jusqu’ici partagée par la population.

Friends of the Earth International résiste activement à une telle appropriation des richesses de la nature par les entreprises. Nous luttons pour que soient respectés les droits des gens à l’eau, à la terre, aux semences et aux connaissances. Les trente-quatre cas nationaux réunis dans cette publication font état non seulement des impacts négatifs de la privatisation de l’eau et de la biodiversité sur la société et l’environnement, mais aussi de la manière dont cette privatisation est résistée par nos organisations membres dans leurs pays respectifs.

 

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