angleterre: la bioprospection
English Nature, l’agence gouvernementale
du Royaume-Uni responsable de la
conservation de la nature, serait en train
de négocier avec des institutions de
recherche pour évaluer les possibilités
commerciales de la biodiversité dans les
sites d’intérêt scientifique spécial
(SISS). Cette suggestion a provoqué une
certaine préoccupation dans le pays, du
fait surtout que le gouvernement n’a pas de
position officielle sur la biopiraterie, ni
de cadre juridique à ce sujet.
La biopiraterie, qui est actuellement un
phénomène généralisé, provoque des
inquiétudes considérables, en particulier
dans les pays des tropiques riches en
biodiversité. A ce jour, les accords passés
entre les communautés, qui possèdent des
connaissances traditionnelles sur la
biodiversité, et les multinationales, qui
exploitent ces connaissances par le biais
des brevets et autres régimes de propriété
intellectuelle, se sont avérés lourdement
inéquitables. Non seulement le brevetage
des formes de vie a de nombreuses
implications d’ordre éthique, mais il est
évident aussi que les avantages pour la
conservation qui découlent de
l’exploitation commerciale du matériel
génétique ont été fortement surestimés. Au
vu de ces problèmes parmi d’autres, il
devient nécessaire de mettre au clair quel
sera le cadre juridique et éthique à
appliquer pour l’évaluation proposée de la
biodiversité anglaise et pour l’utilisation
postérieure de l’information
recueillie.
Beaucoup d’autres pays ont établi, ou
sont en passe d’établir, des cadres
juridiques nationaux régissant le partage
des bénéfices découlant de l’exploitation
commerciale de la biodiversité. Il est
indispensable d’en faire autant avant
d’entreprendre un quelconque processus de
bioprospection officiellement approuvé.
Alors que l’UK n’a pas de position claire,
beaucoup de pays plus pauvres que lui
prennent déjà les mesures nécessaires pour
se munir d’une réglementation dans ce
domaine.
Pour les Amis de la Terre, la
bioprospection soulève beaucoup de
questions de principe conflictuelles et de
problèmes juridiques pratiques. La position
officielle sur ces questions devrait être
clarifiée de manière démocratique, avant
toute initiative orientée à l’exploitation
commerciale de la biodiversité naturelle du
pays. Un débat national devient nécessaire,
suivi de la formulation d’un cadre éthique
et juridique approprié pour la
bioprospection en Angleterre.
informations
complémentaires
Friends of the Earth England,
Wales and Northern Ireland