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  numero 109  
décembre 2005   

 

l'agriculture colombienne et l'accord de libre-échange andin

tatiana roa avendaño, censat agua viva / les amis de la terre colombie

La Colombie est un pays aux régions et aux écosystèmes très variés. Grâce à cela, il est possible d'y cultiver beaucoup de produits agricoles : le caféier fleurit sur les pentes des montagnes, la canne à sucre dans les vallées, le coton et le sorgho dans les savanes chaudes. Les pommes de terre, le blé et d'autres céréales sont aussi des produits agricoles importants.

Autrefois, la production d'aliments était si réussie en Colombie que le pays était pratiquement autosuffisant dans ce domaine.Pourtant, l'ouverture agressive de l'économie survenue dans les années

quatre-vingt-dix a tout changé, au point que l'agriculture colombienne est tombée en ruines. Grâce à l'élimination des tarifs douaniers dans le secteur des céréales, le pays a été inondé de produits importés bon marché qui ont poussé de nombreux agriculteurs à cesser leurs activités. La superficie des terres cultivées a rétréci de 750 000 hectares, tandis que le taux de pauvreté en milieu rural a dépassé 80 %.

Néanmoins, le gouvernement n'a tiré aucune leçon de cette expérience. L'agriculture colombienne est maintenant menacée par un traité de libre commerce avec les États-Unis (TLC) ; en le souscrivant, la Colombie s'engagera à ne pas appliquer de subventions ni de tarifs douaniers variables pour protéger son agriculture, et à accepter encore davantage de céréales importées subventionnées. Le traité impliquera aussi le brevetage de la diversité biologique et l'ouverture des marchés à de nouveaux investisseurs et fournisseurs de services étrangers, les deux choses étant très profitables aux sociétés transnationales.

pas de cadeau pour la colombie

En retour, les bénéfices pour la Colombie ne toucheront que la production de fleurs, de légumes, d'huile de palme et de tabac. Autrement dit, on lui demande d'échanger sa capacité de nourrir son peuple contre l'opportunité d'augmenter ses exportations. À la place de la sécurité alimentaire, elle aura une agriculture intensive, qui dégradera les sols et exigera de détourner à son intention un volume d'eau toujours plus grand. C'est ce qu'on a déjà vu dans le cas de la culture de fleurs, qui n'est plus limitée au plateau entourant Bogotá mais s'est répandue dans les forêts de l'Amazonie et du Chocó.

Un mouvement national contre le libreéchange et pour une production agroécologique est en train de se développer en réponse. Des collectivités, des agriculteurs, des peuples autochtones et des organisations constituent des associations - par exemple, l'association Agrovida de la région García Rovira - pour promouvoir la production biologique et les marchés régionaux, obtenir des prix justes et protéger les variétés de semences traditionnelles. Ces marchés locaux créent des liens nouveaux entre la population des villes et celle de la campagne, améliorent leur qualité de vie et rendent aux collectivités un certain degré d'autonomie et de durabilité. Ils finiront par jeter les bases de la souveraineté alimentaire de la Colombie.

 

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