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16/12/2010

Malaisie : arrestations insensées au Sarawak


by PhilLee — last modified 16/12/2010 12:10

Les Amis de la Terre Malaisie (Sahabat Alam Malaisie) ont fait part de leur préoccupation aux autorités concernant les intimidations et les persécutions dont sont victimes les leaders des peuples indigènes du Sarawak. Au cours du dernier incident en date, un militant de la communauté de la tribu Iban a été arrêté et accusé de tentative de meurtre.

palm plantationLes tensions politiques entre les intérêts régionaux et ceux des entreprises au Sarawak semblent s’intensifier, comme le prouve l’arrestation récente d’un militant de la communauté de la tribu indigène Iban. Mr. Liam Rengga, un agriculteur local, a été accusé de tentative de meurtre le 23 novembre 2010.

 

D’après le rapport de police, Rengga a témoigné des faits suivants: alors qu’il installait des panneaux d’interdiction de passage sur ses terres pour dissuader les braconniers, il a croisé deux hommes qui étaient d’après lui des agents de la plantation d’huile de palme. Rengga affirme avoir discuté brièvement avec eux de l’interdiction de chasse collective avant de remarquer un fusil dans leur véhicule et de se voir intimer le conseil de ne causer aucun trouble. Il a été arrêté le 17 novembre dans sa hutte. Il n’existe pas d’informations supplémentaires concernant les preuves qui sous-tendent son inculpation pour tentative de meurtre.

Rengga est un militant connu des droits à la terre des peuples autochtones et proteste depuis longtemps contre l’empiètement constant des exploitations d’huile de palme sur les terres relevant des droits coutumiers autochtones. Il est impliqué dans un litige en instance contre une société d’huile de palme non nommée et a joué un rôle proéminent dans la mise en place de la Sungai Senga Residents’ Association (SSRA), afin de mieux promouvoir l’intérêt collectif des peuples autochtones en matière de gestion des terres.

Depuis l’inscription officielle de la SSRA en juillet 2010, un travail de campagne constant a été conduit, comprenant une lettre officielle au gouvernement et aux autorités des sociétés détaillant les répercussions de la pollution des eaux générée par les plantations sur l’environnement et la santé publique.

L’association a également publié une lettre d’avertissement exhortant les travailleurs des sociétés de plantation à s’abstenir d’emprunter la route privée qui traverse les terres relevant du droit coutumier du village. Des lettres sur les objectifs et sur le rôle de la SSRA ont été envoyées à la société exploitant la plantation ainsi qu’à de nombreux services gouvernementaux.

Un obstacle à l’expansion

Le gouvernement malaisien a récemment annoncé ses plans d’accroître considérablement la culture de l’huile de palme ; il a l’intention de doubler la zone totale des plantations au Sarawak à l’horizon 2020.

Etant donné le rôle de Mr. Rengga en tant que militant et obstacle aux projets gouvernementaux d’accroissement des plantations, il s´est révélé impossible de faire taire les rumeurs concernant le caractère suspect de son arrestation. Des parallèles ont été établis avec des cas similaires qui se sont déroulés dans le passé, comme la détention pendant une année en 2003 de deux villageois de Penan, ou encore l’arrestation en octobre de sept chefs de communautés locales et du secrétaire général d’une ONG locale.

Les deux cas ont finalement été rejetés par manque de preuves. Ces associations confèrent une crédibilité circonstancielle aux allégations de recours abusif et de favoritisme d’entreprise.

Rengga a catégoriquement nié tout comportement criminel dans ses efforts en faveur de la défense des territoires traditionnels. Bien qu’il considère l’accusation de tentative de meurtre comme étant totalement scandaleuse, il s’engage à ce que la situation difficile dans laquelle il se trouve aujourd’hui n’ait pas de retombées négatives sur le combat en faveur des droits des terres communautaires:

« Je continuerai à me faire le champion de nos droits. Je me sens encore plus combatif aujourd’hui et je mènerai la lutte jusqu’au bout. »

Il a ajouté qu’il s’attendait à une altercation provoquée par l’hostilité croissante entre les villageois et les travailleurs de l´entreprise, due au mécontentement concernant le permis octroyé à la plantation et à son empiètement sur les terres communautaires.

Les Amis de la Terre Malaisie / Sahabat Alam Malaysia exhortent fortement l'Etat à abandonner immédiatement les charges de tentative de meurtre retenues contre Mr. Rengga, unique soutien économique pour sa famille, s´il n’est pas en mesure de fournir des preuves concrètes et incontestables de sa culpabilité. Ils demandent également au gouvernement du Sarawak de confirmer les droits coutumiers des populations autochtones de la communauté Rumah Kilat et d´impliquer celle-ci positivement en offrant des réponses constructives à ses doléances.

Enfin, Les Amis de la Terre Malaisie appellent fermement les autorités à mettre un terme aux intimidations et aux persécutions perpétrées à l´égard des chefs des populations autochtones qui se battent pour leurs droits légitimes.

02/11/2010

L’échec de la protection de la biodiversité

by PhilLee — last modified 02/11/2010 17:17

Plus de 100 représentants d’ONG écologiques et de communautés locales se sont récemment rencontrés en Malaisie, à Penang, pour dénoncer le rôle des gouvernements et des sociétés dans la perte de la biodiversité, la déforestation et l’échec des gouvernements à atteindre les cibles visant à mettre un terme à la perte de la biodiversité en vertu de la Convention sur la diversité biologique (CDB).

pre conference malaysia

Les représentants assistaient à la conférence préliminaire des Amis de la Terre International sur le rassemblement des peuples sur la forêt, la biodiversité, les droits des communautés et les populations autochtones qui s’est déroulée du 14 au 17 octobre 2010.

L’événement était organisé par Les Amis de la Terre Asie Pacifique et animé par Sahabat Alam Malaysia - Les Amis de la Terre Malaisie au lieu de villégiature Jerejak Rainforest à Penang en Malaisie.

Les participants ont demandé un arrêt immédiat des projets destructeurs mis en avant par les gouvernements et les sociétés qui pénètrent au sein des communautés sous couvert de développement mais qui amènent en réalité une destruction écologique et d’importantes violations des droits de la personne.

« Bien que ce soit l’année de la biodiversité des Nations Unies, aucun progrès significatif n’a été accompli au niveau international pour garantir un arrêt ou ne serait-ce qu’un ralentissement de la perte de la biodiversité et de la dégradation écologique », a expliqué Isaac Rojas, coordinateur du programme Forêts et Biodiversité pour Les Amis de la Terre International, lors de la conférence des Amis de la Terre Asie Pacifique sur la forêt, la biodiversité, les droits des communautés et les populations autochtones.

Pour plus d’informations sur la conférence préliminaire et les discours d’ouverture et de clôture.

14/09/2010

Les communautés de Penan bloquent de nouveau les villages pour protester contre les promesses bafouées du gouvernement

by PhilLee — last modified 14/09/2010 13:55

Le 2 septembre 2010, près de 150 villageois de Penan provenant de plusieurs communautés du Sarawak, en Malaisie, se sont rassemblés pour commémorer l’anniversaire des blocus simultanés qu’ils avaient organisés l’année précédente.

penan-blockade-1Le rassemblement a été organisé non seulement pour commémorer l’anniversaire des manifestations, mais également pour rendre hommage aux combats que mènent depuis trente ans les communautés de Penan du Sarawak contre les violations continuelles des droits de leurs terres ancestrales. Le rassemblement rappelle à la population d’apprécier les droits, les moyens de subsistance, les traditions et la culture qui sont profondément liés aux forêts, et qui ont d’ores et déjà été détruites en grande partie par les sociétés forestières.

Lors des premières manifestations, l’Etat a répondu par la présence d’un membre de l’assemblée législative sur le site du blocus, qui a exhorté les participants à démanteler les barricades et à signer un mémorandum d’accord dont il serait cosignataire.

Le mémorandum d’accord comprenait les promesses suivantes de la part du gouvernement d’Etat du Sarawak :
Fournir un effort pour que les chefs des communautés de Penan rencontrent les hautes autorités pour discuter de leurs terres et des territoires traditionnels ;
Fournir un effort pour apporter auprès des autorités compétentes les demandes des communautés de Penan pour la construction d’écoles maternelles et primaires dans chaque maison longue.
Accroître le nombre de chefs de communauté pour la communauté de Penan.
Fournir un effort pour instaurer des activités agricoles appropriées aux communautés de Penan.
Fournir un effort pour obtenir des allocations financières pour les besoins en logement et en soins des communautés de Penan

Les exigences listées ci-dessus ne sont pas les demandes posées à l’origine par les communautés de Penan lors des blocus. Les blocus de l’année dernière ont été érigés en premier, afin d’exiger que le gouvernement du Sarawak reconnaisse le droit des Penan à prendre leurs propres décisions concernant leurs terres, et en second lieu, pour demander que cessent immédiatement les activités forestières et les empiètements sur le territoire penan afin d’empêcher la famine.

Promesses bafouées

La manifestation d’origine exigeait qu’à la fois le gouvernement et les sociétés forestières reconnaissent les droits à la terre des communautés de Penan. Néanmoins, l’Etat a fait pression sur les communautés afin qu’elles modifient leurs demandes en faveur de celles énoncées ci-dessus.

Un an plus tard, l’Etat n’a toujours pas explicité aux Penan comment il comptait remplir ces simples demandes. Les propositions d’écoles, de garderies et de cliniques n’ont abouti à rien.

En conséquence de cela, les communautés de Penan ont déclaré que si l’Etat persistait à ignorer ses obligations, elles n’hésiteraient pas à monter des blocus sur une période de temps plus longue encore.

Dans une déclaration soulignant leur position, un porte-parole penan a expliqué :

« Beaucoup d’entre nous ont fait de la prison pour avoir défendu nos droits sur cette terre. En conséquence, nous continueront à défendre nos droits pour le restant de nos vies. »

Les Penan sont également préoccupés par les rapports les concernant qu’ils peuvent lire dans les journaux.

Par exemple, en décembre 2009, le gouvernement annonçait le projet de déplacer les communautés penan vers un site de réimplantation semblable à celui de Sungai Asap pour les communautés de Bakun. Cette décision n’avait pas fait l’objet d’une consultation auprès des Penan.

« Notre peuple ne se déplacera pas sous prétexte que le gouvernement en a décidé ainsi. Notre maison se trouve sur notre terre ancestrale. Le gouvernement ne peut pas persister à nous menacer de la sorte et à nous déplacer comme bon lui semble », poursuit la déclaration.

« Le gouvernement ne peut pas se permettre de continuer à gouverner de la sorte, en faisant des annonces sans ressentir le besoin de consulter nos communautés et en faisant des promesses sans prendre les mesures nécessaires par la suite pour les tenir. Nous maintenons qu’en l’absence d’une réponse à nos demandes, des blocus de longue durée auront lieu dans l’état », conclue la déclaration.

Documentation supplémentaire

Pour en savoir plus sur l’abattage des arbres au Sarawak et sur le travail à ce propos des Amis de la Terre Malaisie.

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