2010

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13/12/2010

Le tribunal dit « non » à la mine d’or de Crucitas

by PhilLee — last modified 13/12/2010 16:05

Les Amis de la Terre Costa Rica se réjouissent d’un récent décret de la cour suprême qui a jugé invalide le permis pour une mine d’or à ciel ouvert dans la ville de Las Crucitas.

crucitas mining demonstration

Les Amis de la Terre Costa Rica, de paire avec d’autres organisations écologiques et les résidents de Las Crucitas, mènent campagne depuis 17 ans contre l’ouverture à l’exploitation minière de la région de la frontière nord. 

 

Au cours de cette période, ils ont été à l’initiative de multiples procédures judiciaires, ont manifesté devant la mine et devant le parlement et sont allés jusqu’à mener des grèves de la faim. 

 

La région, située au nord près de la frontière avec le Nicaragua, qui présente une riche biodiversité, héberge des espèces d’arbres en voie de disparition ainsi que le grand ara vert. Elle était soi-disant protégée par les lois strictes de protection de l’environnement du Costa Rica. Cependant, en 2008, le président de l’époque, Oscar Arias, annula ces lois en déclarant que l’exploitation minière de Las Crucitas présentait un intérêt national. C’est ainsi que l’opposition à la mine se poursuivit. 

 

La méthode d’exploitation à ciel ouvert que l’entreprise projetait de mettre en œuvre implique l’utilisation du cyanure et représente l’une des pratiques industrielles les plus destructrices. Elle est tellement dangereuse qu’en mai 2010, le Parlement européen a publié une résolution sur l’interdiction générale de l’utilisation des technologies reposant sur l’exploitation minière au cyanure. 

 

Une avancée vit le jour lorsque le mandat présidentiel d’Oscar Arias toucha à sa fin au début de l’année 2010 ; les groupes opposés à la mine adressèrent alors leur pétition à la nouvelle présidente Laura Chincilla afin qu’elle abroge le décret d’intérêt national. 

En conséquence de cela, l’affaire retourna devant le tribunal et le décret d’intérêt national fut jugé invalide, tout comme le contrat d’exploitation minière. Le tribunal ordonna également que l’ancien président et le ministre de l’environnement fassent l’objet d’une enquête pour avoir approuvé un décret affirmant que la mine d’or à ciel ouvert représentait un intérêt public. Le tribunal a découvert, étant donné que les études écologiques étaient incomplètes, que la signature du décret de la main d’Oscar Aria n’était pas légale. 

Javier Baltodano, des Amis de la Terre Costa Rica, commente ce verdict : 

« C’est une victoire pour la Terre, la Nature, et notre mouvement a toujours senti la présence de la Fédération à ses côtés. » 

 

Malheureusement, le combat n’est pas terminé puisque la compagnie minière canadienne a fait appel et pourrait demander un arbitrage international. 

Javier Baltodano est convaincu que la compagnie n’a pas de dossier et devrait quitter le pays dans les meilleurs délais : 

 

« L’ancien président Oscar Arias était responsable, et c’est lui qu’il faut accuser si la compagnie minière porte plainte », explique-t-il, se référant à l’accord de libre-échange signé par le Costa Rica avec le Canada, et qui laisse la porte ouverte à ce genre de plaintes. 

« La société est responsable car elle a poursuivi le projet malgré les réglementations claires qui s’y opposaient. Elle a continué, avec le soutien des politiques, et ce sont eux qui doivent répondre si la compagnie porte plainte, pas l’Etat costaricain. » 

 

Baltodano cite divers référendums qui ont eu lieu au fil des années, et précise que 98% des Costaricains s’opposent à ce type de projet d’extraction. Lorsque la décision sera définitive, les Costaricains « enlèveront un poids de nos épaules », conclue-t-il.